Gioachino Rossini : La scala di seta. Farce comique en un acte. Livret de Giuseppe Maria Foppa. Irina Dubrovskaya, Bogdan Mihai, Christian Senn, Rodion Pogossov, Carine Séchaye, Enrico Casari Orchestre National d'Ile de France, dir. Enrique Mazzola.

 

 


Enrique Mazzola / DR

 

Ambiance festive pour La scala di seta (L'échelle de soie), dernier opus du festival Rossini au Théâtre des Champs-Elysées, rondement mené par Enrique Mazzola à la tête de l’Orchestre National d’Ile de France, servi par un casting vocal de  grande qualité. Ce petit ouvrage, largement inspiré d’Il Matrimonio segreto de Cimarosa, fut longtemps délaissé et partiellement méconnu, ne devant sa réapparition sur les scènes lyriques qu’à la redécouverte de la partition autographe en 1973. Heureuse découverte qui nous permit d’entendre dans sa version originelle ce petit bijou belcantiste, créé à Venise au Teatro San Moisè le 9 mai 1812, Rossini avait alors vingt ans !  On retiendra de cette œuvre la remarquable Ouverture où s’exprime déjà l’appétence du maître de Pesaro pour la virtuosité des vents (hautbois et clarinette) ainsi que l’originalité et le génie précoce de Rossini dans l’écriture des voix avec de magnifiques ensembles vocaux comme le quatuor comique « Si che unito a cara sposa » ou encore l’air brillant du ténor « Vedro qual incanto », les couplets de Lucilla « sento talor nell’anima » et la grande scène de Giulia « Il mio ben sospiro », sans oublier  le valet Germano, personnage le plus singulier de la farce, qui déploie, ici, toutes les ressources drolatiques de la basse bouffe rossinienne de haut vol. Bref, une petite farce contenant en germe tout le Rossini futur et une heureuse conclusion pour ce festival, au demeurant fort réussi. Il faut bien reconnaitre que chacun participa de bon cœur à la fête. L’orchestre rutilant, parfaitement en phase avec les chanteurs et l’intrigue, chef et musiciens ne rechignant pas à prendre part à la farce dans cette mise en situation des plus réussies avec, pourtant, le peu de moyens qu’impose une version de concert ! Une distribution vocale de tout premier ordre : Irina Dubrovskaya (Giulia) à la vocalité facile, claire et puissante, Bogdan Mihai (Dorvil) ténor au timbre lumineux, et Christian Senn, irrésistible en Germano. Un ton en dessous, Rodion Pogossov (Blansac) et Carine Séchaye (Lucilla). Une soirée triomphale pour conclure ce beau festival Rossini.