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Catégorie : Opéra

Une Walkyrie flamboyante au Théâtre des Champs-Élysées.  Opéra en trois actes (1870) de Richard Wagner.  Première journée du festival scénique l’Anneau du Nibelung.  Livret du compositeur à partir du Nibelungenlied, poème épique du Moyen Âge. Version de concert.  Bayerisches Staatsorchester, dir. Kent Nagano.  Lance Ryan, Anja Kampe, Ain Anger, Thomas J. Mayer, Michaela Schuster, Nina Stemme.

 

Après un Parsifal d’anthologie, l’an dernier, en ces mêmes lieux, Kent Nagano était de retour avenue Montaigne pour une Walkyrie qui concluait le cycle Wagner mené cette année par le TCE.  Après le Parsifal inspiré de Gatti, le Tristan tumultueux de Nelsons, Kent Nagano nous livrait, ici, une magnifique et flamboyante Walkyrie, à la tête de son orchestre de l’Opéra national de Bavière.  Une sorte d’avant-première avant de présenter cette saison une nouvelle production du Ring dans son intégralité à la Bayerische Staatsoper de Munich dont il devrait quitter la direction en 2013, non sans avoir dirigé

le concert du 200e anniversaire de l’orchestre.  Une somptueuse prestation tant par la qualité de la direction que par le haut niveau de la distribution vocale dominée par le trio féminin, Anja Kampe (Sieglinde) Michaela Schuster (Fricka) et Nina Stemme (Brünnhilde).  Une direction d’orchestre intelligente, précise, chargée de nuances, suivant et explicitant le cours de la dramaturgie tout en restant au service des chanteurs, maintenait l’auditeur sous tension. Une sonorité orchestrale de qualité, en rapport avec la renommée prestigieuse de cette phalange, malgré quelques imperfections instrumentales au niveau des cuivres notamment, une ouverture chargée d’urgence mais une chevauchée de Walkyries un peu brouillonne.  Une distribution vocale de tout premier ordre, dominée, nous l’avons vu, par la magnifique voix d’Anja Kampe, l’incomparable Nina Stemme et l’irrésistible présence de Michaela Schuster. Un peu en retrait le Siegmund de Lance Ryan, manquant d’ampleur et d’endurance vocale, le Wotan de Thomas J. Mayer manquant de charisme et de puissance dont le timbre trop clair ne donnera pas aux adieux de Wotan toute leur déchirante beauté, en revanche le Hunding de Ain Anger, s’avèrera terrifiant et sans reproche.  Une très belle soirée, un public enthousiaste et une ovation prolongée. Prochain rendez-vous à Munich, cet été, pour la suite de l’aventure...

 

 

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