Dramma giocoso en deux actes K. 588 (1790) de Wolfgang Amadeus Mozart sur un livret de Lorenzo Da Ponte.  Le Cercle de l’Harmonie & Chœur du Théâtre des Champs-Élysées, dir. Jérémie Rhorer.  Mise en scène : Éric Génovèse.  Camilla Tilling, Michèle Losier, Claire Debono, Bernard Richter, Markus Werba, Pietro Spagnoli.

1790, Mozart hésite entre la farce et la leçon de vie lorsqu’il compose avec lucidité et humour, sans amertume, ni illusion sur la nature humaine, ce dernier opus écrit en collaboration avec Lorenzo Da Ponte.  Un opéra commandé par l’empereur Joseph II, dont la création eut lieu le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne, sous la direction du compositeur.  Un opéra particulier, au goût doux-amer, caractérisé par sa richesse musicale et par le nombre des ensembles vocaux, dont le TCE proposait la reprise de la version scénique de 2008, dans une mise en scène d’Éric Génovèse. La direction

musicale étant confiée, pour cet ultime opéra de la saison, à la baguette, mozartienne s’il en est, de Jérémie Rohrer dirigeant son Cercle de l’Harmonie, avec une nouvelle distribution vocale, à l’exception de l’éternel Pietro Spagnoli dans le rôle de Don Alfonso. Cette reprise, confiée à Valérie Nègre, assistante du metteur en scène, fut indéniablement une réussite reprenant la mise en scène classique, quelque peu strehlerienne, d’Éric Génovèse (sociétaire de la Comédie française) mettant l’accent sur la farce, usant d’une belle direction d’acteurs pleine de dynamisme, évoluant dans une scénographie astucieuse car permettant simultanément de voir l’ensemble des acteurs, sous des éclairages parfaitement adaptés à la scène et aux décors.  Un orchestre riche en nuances, chargé d’expressivité et de cantabile, totalement en phase avec les chanteurs et la dramaturgie.  Une distribution vocale homogène dans sa qualité, dont on regrettera, parfois, quelques décalages dans les ensembles.  Camilla Tilling tout à fait convaincante dans sa prise de rôle (Fiordiligi) timbre clair, vocalité facile, tessiture étendue.  Claire Debono campant une Despina, espiègle, sachant prêter sa voix à la farce comme aux vocalises mozartiennes.  Bernard Richter (Ferrando) magnifique de puissance (parfois un peu trop !) et d’amplitude vocale, tout comme Markus Werba (Guglielmo) et Michèle Losier (Dorabella) qui confirment, ici, tout le bien et les espoirs mis en eux. Bref, une bonne soirée d’opéra, confirmée par l’ovation de la salle.

 

 

 

 

©Vincent Pontet/Wikispectacle