Cette composition date de 2015. Deux jours après les attentats parisiens du 13 novembre, le glas de Notre-Dame sonne. Le compositeur écrit : « Je suis sur le parvis… J’entends ce glas et presque en même temps, j’entends aussi cet impossible hommage musical qui résonne dans ma tête… ». « Recueillement, sobriété… Peu d’instruments. Seulement un piano aux harmoniques inharmoniques, quelques aigus diaphanes, une mélopée de clarinette juste avant un ostinato de multiphoniques, bientôt relayé par un hautbois… Un ostinato pour obstinément résister à la haine ».
Remarques d’écriture : l’armure de la partie de piano 2 comporte trois bémols (mi, ré, do) ; la quatrième main ne sert qu’à exécuter des « glissés dans les cordes avec le plat de l’ongle ».
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Mais oui, le « cor au fond des bois » est de retour, et il n’est pas de Flégier ! Le beau poème de Vigny, tantôt chanté, tantôt récité, est accompagné par un cor nostalgique à souhait, qui ne néglige pas les effets d’une écriture contemporaine et un piano qui créée, lui aussi, une ambiance sombre et un peu angoissante. On pourra écouter la pièce sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=tnNsvXYhX-I avec, en première partie, Bal des lueurs nocturnes (2007-2009). L’ensemble n’est évidemment pas à la portée d’amateurs, mais mérite d’être découvert et apprécié.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Ce trio, d’écriture résolument contemporaine, est publié sous forme de manuscrit. La première page donne les explications d’exécution des différents signes et symboles utilisés dans la partition. L’oeuvre comprend cinq parties : Après une première partie plutôt adagio survient un interlude I, très court, largo. Suit alors un allegro molto suivi d’un Interlude II également largo qui débouche sur une cinquième partie qui commence Adagio pour continuer dans des mouvements plus rapides. Ne nous y trompons pas : écriture contemporaine ne signifie pas ici absence de mélodie, d’expression, d’émotion, bien au contraire. On peut ici parler de lyrisme. C’est donc une belle oeuvre à découvrir, mais par des ensembles de niveau professionnel.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Nous avons rendu compte dans la lettre précédente de janvier-février 2019 de la parution de ces deux quatuors. Ajoutons simplement ici qu’ils sont disponibles également sous cette référence en édition de poche, aussi soignée que les partitions et contenant également la remarquable introduction de Fabien Guilloux. Et comme il s’agit d’un compositeur français, nous avons le plaisir d’avoir cette introduction en français…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Saluons ici la publication par les éditions Bärenreiter des œuvres complètes de Saint-Saëns, édition critique publiée en « Urtext » d’après les meilleures sources. La partition présentée ici est tout simplement le « matériel » de ce quatuor, mais les éditions complètes avec préface et commentaires existent bien entendu également. Rappelons que Saint-Saëns, né en 1835, attendra 1899 pour composer son premier quatuor. Sans doute l’ombre de Beethoven l’avait-elle empêché de le faire plus tôt.

Nous avons également dans la même édition le Quatuor pour deux violons, alto et violoncelle no. 2 en sol majeur op. 153 : BA 10928.

Commandées par Thierry Barbé au travers de l’Association des Bassistes et Contrebassistes de France pour le Master de Contrebasse du CNSMD Paris, la première mondiale de ces pièces a été donnée le 4 juillet 2017 CNSM de Paris par Jeanne Bonnet, contrebasse, et Marie Boichard, basson, à qui l’œuvre est dédiée. L’auteur présente lui-même son œuvre en détail sur le site de l’éditeur http://www.editions-delatour.com/fr/basson-et-autre-instrument/4152-cinq-bagatelles-pour-basson-et-contrebasse-9790232115450.html Disons simplement que ces cinq bagatelles sont inspirées sous diverses formes par Beethoven, d’abord dans le titre mais surtout par des références aussi diverses qu’explicites. Le mariage des deux instruments est tout à fait réussi et ouvre de nouvelles voies au répertoire de la contrebasse.
D.B.

Commandées par Thierry Barbé au travers de l’Association des Bassistes et Contrebassistes de France pour le Master de Contrebasse du CNSMD Paris, la première mondiale de ces pièces a été donnée le 4 juillet 2017 CNSM de Paris par Jeanne Bonnet, contrebasse, et Marie Boichard, basson, à qui l’œuvre est dédiée. L’auteur présente lui-même son œuvre en détail sur le site de l’éditeur http://www.editions-delatour.com/fr/basson-et-autre-instrument/4152-cinq-bagatelles-pour-basson-et-contrebasse-9790232115450.html Disons simplement que ces cinq bagatelles sont inspirées sous diverses formes par Beethoven, d’abord dans le titre mais surtout par des références aussi diverses qu’explicites. Le mariage des deux instruments est tout à fait réussi et ouvre de nouvelles voies au répertoire de la contrebasse.
D.B.

Nous ne résumerons pas une fois de plus la vie de ce musicien et compositeur trop peu connu, aux origines de la fondation de la Schola Cantorum en 1886 aux côtés de Charles Bordes, Vincent d’Indy et Alexandre Guilmant. Malgré le remarquable travail de l’éditeur, il n’a pas été possible de dater précisément cette œuvre écrite vraisemblablement pendant la première guerre mondiale. Pour l’interprétation, étant donné la rareté de la harpe chromatique de Pleyel, on pourra essayer d’adapter pour une harpe à pédales ou se servir d’un piano…
L’œuvre est en trois mouvements : Prélude, Improvisation et Danse. L’ensemble est fort agréable, varié, plein de charme et de poésie. On peut lire sur le site de l’éditeur l’intégralité de la passionnante préface de Jean-Emmanuel Filet et consulter un large extrait PDF de l’œuvre.
Daniel Blackstone

Cette œuvre est écrite pour une formation peu orthodoxe, composée d'un chœur mixte à 4 voix, de 2 guitares et d'un violoncelle. Le poème écrit de la main du compositeur lui-même et chanté par le chœur invite à la méditation tout comme la musique. Un dialogue soudé et intime entre les deux guitares avec notamment beaucoup d'harmoniques produit un effet de masse sonore à la fois en mouvement et en suspension. Dans la partie de violoncelle s’entremêlent des notes tenues mais également des intervalles éclatés aux sonorités lointaines. La formation instrumentale joue la plupart du temps le rôle d'accompagnement. Mais on peut noter que les deux guitares ainsi que le violoncelle ont de petites cadences.  Chaque partie de l’œuvre est construite d'après un schéma graduel et atteint un climax avant de s'éteindre progressivement. Cette œuvre est un savant melting-pot où s'entremêlent atonalité, tonalité, polytonalité, homophonie et contrepoint, sonorités obscures et mélodies de caractère populaire.
Il sera peut-être nécessaire d'amplifier les instruments pour qu'il y ait un équilibre juste avec le chœur si celui-ci est trop important.
Il s’agit d’une œuvre d'une ingéniosité sans borne, qui conviendra à des musiciens avancés souhaitant s'ouvrir vers d'autres horizons !
Lionel Fraschini

’est à trente-quatre ans, alors qu’il commence véritablement sa carrière de compositeur que Dvořák écrit son Quatuor avec piano n° 1 en ré majeur, B. 53. Il est inutile d’en rappeler ici l’intérêt et la maturité. Cette nouvelle édition possède les qualités habituelles des Urtext de Bärenreiter : une graphie claire et faite pour l’exécution des œuvres, un texte établi selon les meilleures sources et un préface copieuse permettant de faire le point sur l’œuvre et les problèmes éditoriaux. La préface est ici signée de David R. Beveridge ainsi que les très importantes notes critiques en fin de volume.