Sonate en la mineur

Marie JAËLL : Sonate en la mineur pour violoncelle et piano. Delatour : DLT1043.

 

Dans leur collection « Musique & Patrimoine », les éditions Delatour nous font découvrir cette sonate inédite (comme la plus grande partie de son œuvre de compositrice) de Marie Jaëll. Et l’éditeur nous propose d’en écouter deux copieux extraits sur son site. On pourra ainsi se faire une idée de l’importance de cette musique que nous présente une fort intéressante préface de Florence Doe de Maindreville. Doit-on y chercher des influences ? Il y en a, certes, mais c’est d’abord et avant tout une œuvre originale qu’on souhaite très vite entendre dans les concerts.

 

 Adagio

André AMELLÉR : Adagio pour violon et piano. Delatour : DLT0704.

 

Voici une œuvre très attachante de ce compositeur français né en 1912 et mort en 1990, et encore trop peu connu. Commençant dans un style quasi choral avec un violon constamment en doubles cordes, elle se continue par un chant soutenu du violon qui s’épanouit dans l’aigu tout en gardant son charme intense et mélancolique. C’est tout simplement beau.

 

 Le Tombeau de Louisa Paulin

Louis-Noël BELAUBRE : Le Tombeau de Louisa Paulin pour voix d’alto, clarinette, violoncelle et piano. Delatour : DLT0599.

Cinq parties constituent ce recueil. Après un prélude instrumental, un premier chant, Pour l’âme, s’élève doucement. Puis Le ramier constitue une partie plus animée. On trouve ensuite Pleureuse, Chant pour le vent du sud et enfin La colombe qui avait déjà inspiré au compositeur une mélodie pour voix et piano en 1962. Les poèmes sont donc de Louisa Paulin, institutrice et poétesse albigeoise (1888-1944). L’ensemble est d’une grande beauté.

 Trio

Gérard HILPIPRE : Trio pour violon violoncelle et piano. Delatour : DLT0957.

Développée en trois mouvements, cette œuvre dense se caractérise par ses recherches de sonorités et sa force expressive. A un adagio sostenuto plutôt contemplatif succède un Vivacissimo impalpabile (très fluide, comme un songe). Le troisième mouvement laisse éclater toute l’énergie contenue jusque-là dans un « Impetuoso. Con fuoco » qui, après un bref retour à l’ambiance du deuxième mouvement se termine par un vertigineux « prestissimo stringendo ». 

Antonin DVOŘÁK : Quatuor à cordes n°1 en la Majeur op. 2.

Bärenreiter : Parties BA 9539, partition de poche TP 539.Dvorak a vingt et un ans lorsqu’il écrit ce premier quatuor, qu’il révisa en 1887.C’est la version révisée que nous propose Bärenreiter, mais avec une copieuse préface et une note éditoriale très précieuse. Il s’agit donc d’une édition destinée à la fois aux interprètes et aux musicologues. Comme toujours, la graphie est irréprochable…

 

Antonin DVOŘÁK : Trio avec piano en sol mineur op. 26

Bärenreiter : BA 9538.

Daté de 1876, ce deuxième trio avec piano marque la transition vers le style caractéristique du compositeur. On lira comme d’habitude avec beaucoup d’intérêt la préface d’Eva Velická. L’édition est réalisée principalement à partir de la première édition imprimée de 1880.

Maurice JOURNEAU : Largo

pour flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano. . Editions Europart-music 86240 Ligugé.Il est heureux que les éditions Europart mettent à notre disposition cette œuvre du compositeur trop méconnu qu’est Maurice Journeau (1898-1999). Composée en 1936, elle fut donnée en première audition en Allemagne en 1995. Sans grande difficulté, elle devrait séduire beaucoup de musiciens. Ce Largo a failli s’appeler « Adoration ». Ce titre, que Journeau ne retint finalement pas donne cependant bien l’ambiance recueillie de cette œuvre. Espérons qu’elle connaîtra un succès largement mérité.

 

Bruno GINER : Impacts

Piano et percussion. Commande du concours International d’Orléans (Brin d’herbe). Dhalmann : FD391.De niveau difficile, cette œuvre fait appel à des procédés spéciaux tant pour le percussionniste que pour le pianiste. Elle joue sur les contrastes, sur les timbres. Son titre illustre bien son propos.

 

Gilles SILVESTRINI : Trio

pour flûte, alto et harpe. Delatour : DLT0504.Cette pièce où la harpe tient le rôle principal est une évocation d’un épisode de L’Astrée d’Honoré d’Urfé, dans lequel le berger Céladon construit un temple de verdure en l’honneur d’Astrée, la princesse qui le repousse. On appréciera l’ambiance poétique créée autant par l’écriture que par l’alliance des trois instruments. Elans lyriques et passionnés se mêlent à des passages plus contemplatifs. Une musique pleine de charme mais assez difficile.

Gérard HILPIPRE : Vox clamentis in deserto

pour alto solo et quatuor ou ensemble à cordes. Delatour : DLT1152.« Voix de celui qui crie dans le désert : « Préparez les chemins du Seigneur » ». Une citation si explicite ne peut pas ne pas être présente tout au long de cette œuvre où le cri du soliste peut sembler laisser de marbre le quatuor. Reste l’orthographe curieuse de « clamentis ». Serait-ce une allusion au personnage de Clamence, dans La peste de Camus ? Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une musique exigeante et expressive à laquelle on souhaite un grand succès en concert.