BRAHMS : Trio

pour violon, violoncelle et piano opus 101 édité par Christopher Hogwood. Urtext. Bärenreiter : BA 9437.

Christopher Hogwood présente cette œuvre avec beaucoup de soin et nous livre en même temps des réflexions concernant l’interprétation de Brahms lui-même à partir de témoignages de ses contemporains. On lira en particulier le texte de Fanny Davies (1861 – 1934), élève de Clara Schumann, particulièrement précieux par son témoignage sur le jeu même de Brahms et les réflexions qu’elle en tire. Ajoutons à cela une édition particulièrement soignée… mais était-ce utile de le préciser ?

 

Gérard GASTINEL : Cinq duos complices

Violon et marimba. Difficile. Dhalmann : FD0204.

Gérard Gastinel joue avec beaucoup d’adresse et de sens des timbres des possibilités des deux instruments. Le mot « complicité » illustre bien son propos et la réussite est au rendez-vous. Ces duos demandent évidemment cette même complicité de la part de leurs interprètes qui devraient y trouver beaucoup de plaisir.

Louis GANNE : Prière pour quintette de cuivres.

Transcription de Jean-Louis Couturier. Edition commémorative pour le 150ème anniversaire de la naissance de Louis Ganne. Sempre più : SP0048.

Il s’agit de la transcription de la Prière pour grand orgue recensée plus haut. Cette pièce se prête très bien à cette transcription : les cuivres peuvent y déployer leur richesse et leur variété de timbres pouvant évoquer les changements de couleur possibles sur un orgue. La pièce est sans grande difficulté.

Jean-Christophe ROSAZ : Au désert demeure la paix.

Pour flûte et guitare. Delatour : DLT2176.

Cette œuvre très belle et très poétique a été « composée en hommage à la musique israélo-arabe du bassin méditerranéen. » Elle « en utilise certaines bribes de phrases et modes ainsi que la façon de faire sonner instruments à cordes pincées ou « soufflées » ». Les éditions Delatour nous permettent d’écouter l’intégralité de cette œuvre sur leur site. Il ne faut surtout pas s’en priver !

Jean-Marie MOREL : Pastel

pour violon, clarinette, violoncelle et piano. Symétrie.

L’auteur présente lui-même son œuvre. Ecrite à la mémoire de René Leibowitz dont il fut l’élève, elle comporte trois parties enchaînées. « La première, assez linéaire, joue sur les rapports d’intervalles et les mélanges de timbres; la seconde s’attache à la recherche de sonorités plus rares, faisant parfois appel aux nouvelles techniques de jeu; la dernière développe imperturbablement une articulation rythmique sur cinq temps. » Ajoutons simplement qu’il s’agit d’une musique délicate qu’on espère promise à une grande diffusion.

Davide PERRONE : Ailes

pour quintette à vent (Flûte, hautbois, clarinette sib, cor en fa et basson). Delatour : DLT 1579.

Née, nous dit l’auteur, « d’une idée inspirée par un battement d’aile fugace », l’œuvre comporte deux thèmes. Le premier sort directement du « battement » et le deuxième fait entendre comme un choral à l’aspect méditatif. Cette deuxième partie, lente et expressive, donne par ses amples intervalles une grande luminosité au discours.

 

 Amor che vien per le più dolci porte

Daniele CORSI : Amor che vien per le più dolci porte pour violoncelle et contralto. Fortin-Armiane : EAL 473.

 

Tiré d’un sonnet de Cino da Pistoia (1270-1336), le très poétique texte est porté délicatement par une musique à la fois discrète et lyrique, toute au service du texte. Le violoncelle clôt la pièce par un discours solitaire. Daniele Corsi, compositeur italien, nous offre là une pièce courte mais d’une grande densité musicale et poétique. Bien sûr, ce n’est pas très facile… mais c’est bien beau !

 

Quatuor op. 50.

Georges ONSLOW : Quatuor op. 50. 1833. Préface d’Alexandre Dratwicki. Conducteur. Symétrie.

 

Disons tout de suite qu’outre la partition de poche ici présentée, il existe également le matériel aux mêmes éditions. On ne peut que se réjouir de voir enfin disponible ce quatuor d’un compositeur français du début du XIX° siècle et encore trop peu joué malgré les efforts d’un certain nombre de musiciens. On consultera avec profit les différents sites qui lui sont consacrés et notamment http://george.onslow.online.fr/accueil.html . Alexandre Dratwicki présente à la fois l’auteur et l’œuvre. Cette musique est à découvrir et à jouer ou faire jouer absolument !

 

Sonate en la mineur

Marie JAËLL : Sonate en la mineur pour violoncelle et piano. Delatour : DLT1043.

 

Dans leur collection « Musique & Patrimoine », les éditions Delatour nous font découvrir cette sonate inédite (comme la plus grande partie de son œuvre de compositrice) de Marie Jaëll. Et l’éditeur nous propose d’en écouter deux copieux extraits sur son site. On pourra ainsi se faire une idée de l’importance de cette musique que nous présente une fort intéressante préface de Florence Doe de Maindreville. Doit-on y chercher des influences ? Il y en a, certes, mais c’est d’abord et avant tout une œuvre originale qu’on souhaite très vite entendre dans les concerts.

 

 Adagio

André AMELLÉR : Adagio pour violon et piano. Delatour : DLT0704.

 

Voici une œuvre très attachante de ce compositeur français né en 1912 et mort en 1990, et encore trop peu connu. Commençant dans un style quasi choral avec un violon constamment en doubles cordes, elle se continue par un chant soutenu du violon qui s’épanouit dans l’aigu tout en gardant son charme intense et mélancolique. C’est tout simplement beau.