L’auteur présente ainsi lui-même cette œuvre : « Je suis la lumière du monde » magnifique verset de l’Evangile selon St Jean (8 :12), parole de Jésus, m’a inspiré cette œuvre.
Le début de l’œuvre notamment est scintillant, lumineux. Par la suite, plusieurs danses s’enchaînent au cours de l’œuvre. Ces danses de joie sont simplement l’expression du sacré par le croyant face à son créateur, à l’instar du Roi David qui dansa devant l’Arche d’Alliance (2 Samuel 6 :16) Pour la fin, on peut voir une allusion à l’épisode du prophète Elie dans sa grotte (1 Rois 19 : 11-13), où l’Eternel est comparé au murmure d’une brise légère. »
Cette commande du Festival Le Printemps des Orgues pour la finale du Grand Prix d’Orgue Jean-Louis Florentz - Académie des Beaux-Arts a été créé le dimanche 13 mai 2018 à la Cathédrale d’Angers, avec le soutien de la SACEM. Précisons que cette œuvre exige en principe un orgue de trois claviers en 16 pieds… ce qui n’est pas le cas de tous les instruments ! Mais les organistes ont l’habitude de faire avec les moyens du bord !
Daniel Blackstone

Plusieurs choix de registration sont proposés pour l’exécution de cette pièce pour orgue composée sur le thème du Salve Regina. Le chant est joué au pédalier, noyé dans un halo de motifs restreints de doubles ou de triples croches continus et répétitifs, aux deux mains, agrémentés de trilles. Cette pièce a été créée à Paris, le 28 novembre 2009.
Sophie Jouve – Ganvert

Deux organistes, mais un seul orgue… Denbora qui signifie “temps” en basque est une fantaisie rythmique pour deux organistes qui joue avec la division du temps et s’inspire de la musique du Pays Basque, région natale de la compositrice, en particulier du jeu de la txalaparta, instrument de percussion traditionnel. Vers le centre de la pièce apparaît un passage plus nostalgique citant une mélodie basque à la Vierge. L’ensemble est très rythmé, très varié et bien agréable et intéressant à entendre. La partition de comporte aucune indication de registration mais comme la pièce a été enregistrée et est disponible sur You Tube https://www.youtube.com/watch?v=Djtw8BVz7kE , il ne sera pas difficile d’adapter à son propre instrument la registration de Marie-Bernadette Dufourcet et Naji Hakim qui interprètent l’œuvre sur l’orgue de la Cathédrale du Bon Pasteur, à la Quinzaine Musicale de Saint Sébastien. Mais il faudra que l’orgue et les interprètes aient du tempérament... Notons que les éditeurs ont prévu deux exemplaires de la partition pour un travail séparé de l’œuvre par les deux instrumentistes !
Daniel Blackstone

Les Trois Danses Macabres ont été commandées par la Ville de Charleville-Mézières pour la commémoration du cinquième centenaire de la Basilique de Mézières. Pouvant s’interpréter en cycle ou séparément, elles se répondent par de multiples renvois et l’utilisation d’un matériau musical souvent proche. Elles font évidemment référence aux « danses macabres » des peintres du Moyen-Âge, mais surtout elles s’inspirent de la fameuse Légende des trois Morts et des trois Vifs, récit très populaire au XIII° et au XIV° siècle. Ecrites et créées en 1999, ces pièces ont été révisées en 2017. Cette version intègre la possibilité de conter par la voix d’un récitant la légende, qui figure dans la partition. Bien sûr, il ne faudra pas chercher dans les danses une quelconque illustration du texte, qui a d’ailleurs été introduit après coup ; mais il s’agit plutôt d’une évocation, d’une ambiance.

L’auteur présente lui-même ainsi ses pièces : « Loin d’être « dansantes », c’est-à-dire cadencées, les trois pièces développent une gestique en rapport avec la danse archaïque, où l’aspect obsessionnel et tribal prédomine. En cela, le cycle vise plutôt la transe que le divertissement et c’est avant tout ici le plaisir physique de l’interprète qui est exalté. Dans cette perspective, tout en respectant l’esprit du texte musical, il convient d’envisager cette fresque avec une large liberté dans l’interprétation que ce soit en matière de vitesse

On pourra, avant d’aborder cette œuvre, écouter la mélodie grégorienne par les moines de Silos https://www.youtube.com/watch?v=RaroIcQ-cnM , d’autant plus que l’auteur propose de jouer les variations en alternance avec un chœur d’enfants qui chanterait les différents versets. Ces 8 variations forment un ensemble tout à fait séduisant, respectant pleinement l’ambiance du chant en même temps que l’ambiance chatoyante de Noël. Tour à tour méditatives ou flamboyantes, elles demandent, pour être pleinement mises en valeur un instrument de préférence à trois claviers et surtout riche en anches et en mixtures notamment pour la Toccata finale. Courte, chacune de ces variations est extrêmement typée et riche. Ce n’est pas étonnant de la part d’une organiste renommée, titulaire depuis 1989 du grand orgue de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Voilà de la musique qui fait du bien à la fois à l’intelligence et au cœur. Ajoutons qu’on peut écouter sur You Tube une délicieuse version intégrale par l’auteur et les « Petits Chardons » de Saint Nicolas du Chardonnet https://www.youtube.com/watch?v=mWYKK9kyoaI
Daniel Blackstone

« Dans ma Sonate IV, peu de tissages polyphoniques serrés ; davantage que la tendreté soyeuse : une écriture aérée, transparente, une limpide crudité des timbres qui laisse passer le clair, une certaine économie de registrations incluant des effets de mutations obtenus par les dispositions des accords. L’œuvre avance d’un pas léger, l’oreille au vent, l’humeur souriante. » Trois parties dans cette sonate : A l’entour, construite sur une immuable flute de 4’ et un non moins immuable do# à la pédale. Chant d’aurore lui succède, avec le « chant lumineux » de plusieurs flûtes. La troisième, Récif, est construite en contraste avec les deux premières, heurtée, succession de paroxysmes et de silences.


D.B.

Jean-Pierre Leguay, né à Dijon en 1939, organiste, compositeur et improvisateur, a été, en orgue, l’élève d’André Marchal, de Gaston Litaize et Rolande Falcinelli ; en écriture, de Simone Plé-Caussade et, en composition, d’Olivier Messiaen. Après avoir été co-titulaire des Grandes Orgues de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, puis successeur de Pierre Cochereau, en 2016, il est nommé organiste émérite. Titulaire de nombreux Prix, il a enseigné l’orgue et l’improvisation au Conservatoire de Limoges, puis au CNR de Dijon. Organiste concertiste de réputation internationale, il a composé plus de 70 œuvres. Il a créé sa Sonate n°4 (composée entre 2014 et 2016) au Grand Orgue de Notre-Dame de Paris, le 12

ette œuvre, commandée par La quinzaine Musicale de San Sebastian a été créée le 8 août 2016. C’est une musique de concert – heureusement que la France s’équipe peu à peu en instruments de concert… – qui peut être utilisée comme support pour le théâtre ou au cinéma. Elle fait partie d’un projet dédié à la musique à programme. Elle s’inspire des personnages et de certains épisodes du conte de Collodi. Ce sont plus des « tableaux » que des séquences narratives. La partition comporte, en tête de l’œuvre, un programme détaillé des sept séquences et de l’épilogue qui la constituent. Il faudra, pour son exécution, un instrument riche en timbres et doté d’une large palette sonore. Cette utilisation de l’orgue est vraiment à découvrir !

Selon un usage bien ancré, l’apprentissage de l’orgue commence après une bonne initiation au clavier (piano), aux doigtés et au jeu polyphonique en principe indispensable avant d’aborder la technique du pédalier.
Ce manuel propose une approche directe du clavier : position des notes, doigtés pour chaque main... Les organistes en herbe apprécieront les exercices très ciblés et découvriront les secrets du « Roi des instruments » haut perché dans les Églises.


Grâce à la vaste expérience méthodologique de Pierre-Richard Deshayes qui, avec des remarques de bon sens et avec le regard vigilant d’un professeur, ils seront initiés aux éléments de solfège — lecture (clés de sol, de fa) et théorie — et progresseront rapidement. Les commentaires d’une très grande clarté sont associés à des formules à répéter. Comme dans d’autres méthodes (par exemple Alfred Cortot : Les principes rationnels de la technique pianistique, 1928), les élèves s’approprieront de courtes formules, se familiariseront, entre autres, avec les tenues… Ils auront plaisir à jouer immédiatement de petits morceaux (Clochettes de Noël…), puis à découvrir les changements de claviers (Grand Orgue/Récit), le

On pourra aller écouter sur le site de l’éditeur ou sur YouTube l’ensemble des pièces de ce volume ainsi que celles des deux volumes précédents. Trois des quatre pièces présentes dans ce recueil sont écrites « In memoriam pour Patrick, Benoit et Stéphane, disparus trop tôt en pleine jeunesse ». La quatrième, « offertoire des défunts », est une « œuvre courte à programme évoquant successivement plainte, révolte, colère pour finalement s’achever sur un sentiment de paix et de confiance ». L’ensemble est conforme au style habituel de l’auteur. L’écriture peut être jugée romantique, mais est-ce un défaut ? C’est profondément beau, parfois un peu intemporel et pourtant très expressif. La collection dans laquelle l’œuvre de Michel Estellet-Brun est publiée est la collection « Organ Prestige » de Frédéric Denis qui veut enrichir le répertoire de l’orgue d’œuvres contemporaines accessibles techniquement et musicalement. On peut dire qu’avec les œuvres de ce compositeur, il y réussi pleinement.

Même si Daniel Toth est bien alsacien, il a fait, comme on le sait toute sa carrière à Paris, au Sacré-Cœur de Montmartre puis au prestigieux Cavaillé-Coll de Saint Sulpice tout en enseignant dans les plus grandes écoles françaises et étrangères. Le compositeur nous offre ici un poème symphonique sur le thème de la Pentecôte. Le lien des différentes parties est assuré par la mélodie grégorienne du Veni Sancte Spiritus, tandis que les épisodes s’enchainent, reprenant les Actes des Apötres : réunion au Cénacle, venue de l’Esprit sous forme de langues de feu, et une action de grâces où s’exprime la plénitude de l’instrument. Il est inutile de préciser que cette œuvre à la fois grandiose et méditative, ne peut se jouer que sur un grand instrument.