A. de CABEZÓN : Ausgewählte Werke für Tasteninstrumente

Gerhard DODEDER, Miguel Bernal RIPOLL (éd.) : A. de CABEZÓN : Ausgewählte Werke für Tasteninstrumente. Selected Works for Keyboard. Urtext. Vol. I-IV, Kassel…, Baerenreiter, 2010 :  BA9261, 68 p. (XXVII + 58 p.) ; –BA 9262 : 78 p. (XVII+70 p.) ; BA 9263  : 82 p. (XVII+72 p.) ; BA 9264 : 88 p. (XXVII + 78 p.).

 

La musique d’orgue de la Péninsule ibérique n’a pas encore bénéficié de toute la diffusion qu’elle mérite : elle est pourtant elle est très digne d’intérêt. Son répertoire cultive différentes formes associées à la liturgie et surtout les Tientos (dans différents tons). Grâce à l’heureuse initiative des organistes G. Doderer et M. B. Ripoll et aux Éditions Baerenreiter (Kassel), cette lacune est comblée à l’occasion du 500e anniversaire de la naissance de l’Espagnol Antonio de Cabezón, musicien de chambre à la Cour, né vraisemblablement en 1510  à Castrillo de Matajudios (quartier de Castrojeriz) et mort à Madrid en 1566. Il a été au service de la Maison d’Espagne, puis musicien de la Chambre et de la Chapelle du Roi ; très estimé par Charles Quint.

Daniel MOULT : An Easy Bach Organ Album

Kassel…, Baerenreiter, 2013, BA11212. (XXVII + 78 p.).

En pédagogue averti et expérimenté, dans sa remarquable Anthologie, Daniel Moult regroupe  des œuvres pour orgue de Jean-Sébastien Bach (ou qui lui sont attribuées), avec ou sans pédalier, d’un niveau facile ou intermédiaire, qu’il met ainsi à la disposition des jeunes organistes. Ce répertoire varié est précédé d’excellents conseils relatifs à la technique et à l’interprétation (doigtés, articulations, tempi, registrations pour chaque pièce ;

Andrew AGER : Toccata et Fugue

op.30 n° 1 pour orgue. Delatour : DLT2136.

On écoutera avec beaucoup de plaisir cette pièce sur le site de l’éditeur. La toccata, très brillante, fait penser parfois à Jehan Alain, mais c’est un avis tout personnel. Quoi qu’il en soit, on est emporté et charmé par ce flot de musique qui demande quand même un instrument qui ait du « coffre ».

L’œuvre pour orgue

Mel BONIS : L’œuvre pour orgue, volumes 1 et 2. Edition de Georges Lartigau. Armiane : EAL 443.

Il faut remercier les éditions Armiane de participer à la renaissance éditoriale des œuvres de Mélanie Bonis (1858 – 1937).  Nous ne pouvons que conseiller de découvrir cette compositrice remarquable, élève entre autres de César Franck et condisciple de Debussy et Pierné, sur le site de l’Association qui lui est consacrée http://www.mel-bonis.com/  Sa vocation fut maintes fois contrariée. Elle n’en laisse pas moins une œuvre importante et encore trop peu connue. L’intégrale de l’œuvre pour orgue nous est ici présentée par Georges Lartigot et Christine Géliot, arrière-petite-fille de Mel Bonis. Il faut absolument faire connaître ce répertoire plein de fort belles pages.

 Possession

Frédéric LEDROIT : Possession Op. 49. Pour piano et grand orgue. Delatour : DLT2127.

Voici un assemblage inhabituel mais qui pourtant se développe. L’auteur, organiste, collabore depuis plusieurs années avec le pianiste Jean-Pierre Ferey pour promouvoir ce répertoire jusqu’à présent assez limité. Possession est sa troisième œuvre pour cette formation. Sous forme de dyptique, elle commence par un mouvement « Plaintif, libre et inspiré » et se termine par un mouvement « implacable ». L’ensemble dure 11 minutes. L’auteur joue bien entendu à la fois sur les oppositions et les complémentarités de timbre entre les deux instruments. Il n’y a plus qu’à guetter les concerts de ces deux interprètes…

 

Orgelmusik zu Lob und Dank. Praise and Thanks for Organ

volume II. Kassel, Baerenreiter (www.baerenreiter.com ), BA 8497, 2013, 85 p.

Éditée par Andreas Rockstroh, cette sélection d’œuvres est regroupée autour du titre : Louange et Reconnaissance. Elle met à la disposition des interprètes vingt pièces correspondant aux formes traditionnelles : Prélude, Prélude ou Postlude, Prélude de choral,  Fantaisie… Composées par des organistes, cantors et professeurs généralement inconnus du grand public : J. G. Schneider (1789-1864), Gustav Rebling (1821-1902), Robert Radecke (1830-1911),

Christophe MARCHAND : Six études

pour orgue. Delatour : DLT 2154.

Ces six études sont précédée d’une longue préface très intéressante où l’auteur expose comment sa musique s’inscrit dans la grande tradition organistique et dans la continuité avec le passé même s’il s’agit d’œuvres résolument contemporaines. Ajoutons qu’il est possible d’écouter intégralement ces six études sur le site de l’éditeur en inscrivant tout simplement la référence de la partition sur le site. On ne peut que saluer cette initiative qui permettra à chacun de tester « in vivo » son appétence pour ces œuvres.

 

 Orchésographie

Christophe MARCHAND : Orchésographie. Cinq danses pour orgue. Delatour : DLT 2155.

Si nous n’avons pas le plaisir d’entendre, comme pour les pièces précédentes, un enregistrement du recueil sur le site de l’éditeur, nous bénéficions également d’une préface copieuse et particulièrement intéressante. Ces pièces sans pédales sont destinées en priorité à un orgue ancien, même à un seul clavier, ou en ayant le charme. Elles n’en sont pas moins authentiquement d’aujourd’hui.

 Prière

Louis GANNE : Prière pour grand orgue. Réalisation Jean-Louis Couturier. Edition commémorative pour le 150ème anniversaire de la naissance de Louis Ganne. Sempre più : SP0047.

 

On n’attend pas l’auteur des Saltimbanques ou de la Marche Lorraine dans des pièces pour grand orgue…

 Sur l’autre rive

Frédéric LEDROIT : Sur l’autre rive opus 54. Pour orgue. Delatour : DLT2128.

 

Composées sur un coup de colère après une altercation avec un paroissien qui lui reprochait de « l’empêcher de prier », ces six prières sont à la fois l’expression de l’abattement et de la rage de leur auteur qui s’est souvenu de l’Apocalypse : « tu n’étais ni chaude ni froide, tu étais tiède et pour cela je te vomirai de ma bouche ». Ajoutons qu’une aventure semblable est arrivée il y a bien longtemps à Olivier Messiaen à la Trinité. Et le curé de l’époque, qui appréciait beaucoup son organiste-compositeur avait dû servir de tampon… Surtout, on a le plaisir, sur le site de l’éditeur, de voir et d’entendre Frédéric Ledroit interpréter lui-même ces six magnifiques prières sur son bel instrument…