Alexandre Pierre François BOËLY

Douze pièces pour l’orgue avec pédale obligée op. 18. Fac-similé de l’édition originale. Chanteloup-Musique : CMP004.

Éric Lebrun, qui présente ce recueil, pose d’emblée la question de savoir si ces pièces ont été écrites pour orgue ou pour piano pédalier. Il semble que ce soit prioritairement pour l’orgue. Mais pour bien les interpréter, il est indispensable de savoir de quels instruments Boëly a disposé. C’est à quoi s’attache Éric Lebrun avec la compétence qu’on lui connait.  D’autre part, la reproduction de l’édition originale, disponible nulle part ailleurs, rend encore plus précieuse cette publication.

Eric LEBRUN : Contes de la rue Traversière

Quinze poèmes musicaux pour les petites mains. Chanteloup musique : CMP001.

Ces quinze pièces de difficultés diverses, mais dont la plupart sont très facilement abordables par les « petites mains » (et petite jambes) auxquelles elles sont destinées sont autant de petits portraits ou de petits tableaux associés à des historiettes bien savoureuses. Au fil des pages, on trouvera des allusions qui pourront être exploitées par le professeur… Citons entre autres la pièce intitulée « Des pays lointains et mystérieux… » qui fait instinctivement penser à Schumann… et qui commence par le nom de Bach (sib la do si bécarre) ! En résumé, voici des pièces à la fois pleines d’esprit, de charme et de musique. Et qui prouvent si besoin en était, que les organistes ne sont pas forcément (malgré l’un des titres) des dinosaures… Au fait, cette « rue Traversière » est aussi l’adresse de l’église où Éric Lebrun est titulaire…

Neuf psaumes

Benoît ZIMMERMANN : Neuf psaumes pour instrument à clavier (Orgue, clavecin, virginal…) extraits du Recueil de Camphuysen, suivis d’une page profane, Daphné. [date supposée : après 1652]. Cantate Domino : CD 3099. http://www.schola-editions.com

 

Précisons tout de suite que les éditions de la Schola Cantorum, Cantate Domino et Charles Huguenin ont un seul site et une double adresse : en suisse : Rue du sapin 2a C.P. 156 CH – 2114 Fleurier ; et en France : 57, rue de Franche-Comté, 25300 Les Verrières de Joux.

La préface de Benoît Zimmermann donne toutes les explications nécessaires sur les pièces présentées ici. Il nous indique en particulier que la bibliothèque universitaire d’Utrecht a mis en ligne une reproduction du manuscrit de Camphuysen. On découvrira donc avec intérêt ces pièces qui peuvent être utilisée aussi bien en concert qu’à l’office.

Mozart à l’orgue

André ISOIR : Mozart à l’orgue. Volume 2. Delatour : DLT0053.

On connait les talents de transcripteur d’André Isoir. Il nous présente ici quatre transcriptions : La marche des deux hommes armés tirée de La Flûte enchantée, l’Adagio et fugue en ut mineur KV 546, l’Andante pour un petit orgue à cylindre KV 616 et l’Adagio et rondo pour glassharmonicaKV 617. Il n’est nul besoin de souligner la qualité de ces transcriptions grâce auxquelles les organistes pourront renouveler leur répertoire pour le plus grand plaisir de leurs auditeurs.

Ave Maria (extrait d’Othello)

Giuseppe VERDI : Ave Maria (extrait d’Othello). Transcription pour orgue de Jean-Paul Imbert. Delatour : DLT2202.

Après Mozart, voici Verdi transcrit avec beaucoup de talent. Il n’est pas forcément besoin d’un « grand » orgue. Deux claviers pédalier suffiront à condition de posséder une Sesquialtera et si possible un trémolo.

Guy MIAILLE : Livre d’Oraisons

pour orgue. Éditions Les Escholiers de Ste Geneviève  (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.),  2013, 25 p. (+ CD encarté : 25’).

Ce recueil fonctionnel groupe 25 Oraisons limitées chacune à une minute et à raison d’une par page. L’objectif de l’auteur vise à accrocher les fidèles et, par un jeu d’orgue, à les inciter à la prière lors du culte. Guy Miaille n’appartient à aucune école ; son esthétique n’est, pour ainsi dire, ni tonale, ni modale, ni dodécaphonique, ni polytonale, et refuse la cadence classique. Il s’écarte délibérément des formules surannées sans tomber dans « un modernisme délirant ». Ce répertoire rendra service aux organistes de tous niveaux ; toutefois son interprétation exige un minimum de soins. Les registrations sont précisées pour un orgue modeste avec simplement un Bourdon 8’ ; pour les instruments plus élaborés, les registres suivants, selon le caractère des Oraisons : Flûte 4’, Cor de chamois (Gemshorn), Quintaton, Nasard, peuvent être pressentis. Les mélodies sont originales, souples et de caractère chantant ; les rythmes, sans concession à une « modernité extravagante » ; les tempi, modérés. À titre d’exemple : l’Oraison 23, sous-titrée « Comme une litanie », fait alterner, à l’orgue, d’abord un premier fragment symbolisant le chant du soliste au lutrin, puis un second correspondant à la réponse des fidèles. Est joint un disque encarté, interprété par le compositeur qui inaugure ainsi un nouveau genre musical et liturgique.

Noëls du monde. Thèmes et variations pour orgue

Paris, Le Chant du Monde (www.chantdumonde.com  ), OR4882, 32 p.

Destiné aux organistes soucieux de varier leur répertoire, ce CD propose 5 pièces avec variations, dans un idiome contemporain, reposant sur des mélodies de toujours et dotées d’une harmonisation originale. Éric Lebrun a dédié à Pascal Ianco la pièce I Wonder as I Wander : Prélude, Thème anglais et 3 Variations dont la dernière, de caractère d’abord dansant, très chromatique, puis  animée, d’une écriture assez pianistique, se termine dans la douceur.

Andrew AGER : Première suite

op. 31. Pour orgue. Delatour : 2137.

Cette œuvre de moyenne difficulté comporte cinq parties qui suivent les mouvements traditionnels de la suite française pour orgue : « Procession », pièce brillante d’ouverture, « Duo », dialogues entre les deux claviers sur les principaux et les mutations, « Flûtes », sur les flûtes de 8’ et 4’, « Basse de trompette », « Musette », qui joue sur les timbres et enfin « Sortie joyeuse » à jouer, selon l’auteur, « avec panache et liberté de tempo ». L’ensemble ne demande pas forcément un instrument très important, mais surtout un orgue riche en timbres.

Robert SCHUMANN : Album d’orgue pour la jeunesse

Pièces extraites de l’opus 68 Album für die Jugendadaptées pour l’orgue sous forme de Méthode progressive par Georges Guillard. Cahier 1. Premier cycle – Début du deuxième cycle. 1 vol. 1 CD. Schola Cantorum : SC 8741. http://www.schola-editions.com/

Nous sommes heureux de rendre compte des nouveautés des éditions de la Schola Cantorum. Georges Guillard nous propose ici un album novateur à bien des égards. Adapter le célèbre Album pour la jeunesse de Schumann à l’orgue pouvait paraître incongru. Et pourtant, le CD montre que ce ne l’était pas tant que cela. En faire une méthode d’orgue n’était pas évident non plus. Et là encore, le pari est gagné. Il ne faudra pas lancer, cependant, les jeunes élèves dans ces pages sans avoir lu avec attention et fait lire aux élèves l’ « Avant-propos à l’intention des professeurs – mais aussi des élèves ». Georges Guillard y publie intégralement les « Conseils aux jeunes musiciens » rédigés par Schumann en 1850 et traduits par Liszt. Or ces conseils devraient être la bible de tout professeur de musique, tous instruments confondus, et de tout élève…

Théodore DUBOIS : L’œuvre d’Orgue

Volume V. Bärenreiter Urtext : BA9208.

Ce cinquième volume comprend les Dix pièces nouvelles de 1921 et la Fantasietta avec variations de 1922, jamais rééditées depuis la première édition. La préface d’Helga Scauerte-Maubouet est tout à fait intéressante. Théodore Dubois est plus connu pour son traité d’harmonie que pour ses œuvres, et c’est bien dommage. Souhaitons que cette édition donne l’occasion aux organistes de remettre en valeur ce répertoire trop oublié.