Gérard HILPIPRE : Deuxième symphonie pour orgue. Delatour : DLT2412.

Ecrite en hommage à Albert Schweitzer, dont le nom apparaît à maints endroits selon le système de notation habituel, cette œuvre monumentale demande un instrument qui puisse soutenir cette écriture foisonnante et haute en couleurs. Fort sagement, l'auteur s'en remet à la sagacité de l'organiste pour adapter sa registration au matériel sonore dont il dispose. Les organistes apprécieront cette confiance qui vaut mieux qu'une registration ultra-précise, mais valable seulement pour l'instrument de l'auteur. Un auteur, d'ailleurs, n'est pas toujours fidèle à ses propres indications : il n'est que d'écouter Messiaen interpréter ses propres œuvres sur l'instrument pour lequel elles ont été écrites pour s'en rendre compte…

 

Deux grandes parties se succèdent, comportant chacune des facettes fort variées. C'est donc un monument à visiter de toute urgence !

 

Daniel ROTH : UT,RE, MI… Fantaisie sur l'hymne à Saint Jean le Baptiste pour Grand Orgue. Organistes Alsaciens Volume 30. Delatour : DLT2425.

Il s'agit certes d'une fantaisie, mais au sens où Bach pouvait en écrire. La théologie est présente à chaque note de cette œuvre et ce n'est pas un hasard si deux citations textuelles se trouvent dans le corps de l'œuvre, celle de la deuxième strophe de l'hymne, et celle de l'incipit du Cantique de Zacharie. Mais le propos est explicité par l'auteur lui-même sur une quatrième de couverture qu'il faudra bien se garder de négliger. Si la théologie est présente, la musique ne l'est pas moins et c'est une bien belle œuvre que nous offre Daniel Roth.

Jean-Jacques WERNER : Sur une rive du fleuve Ogooué  pour flûte piccolo et orgue ou piano. Compositeurs Alsaciens Volume 33. Delatour : DLT2402.

Ecrite en hommage à Albert Schweitzer pour le centenaire de son arrivée à Lambaréné en 1913, cette pièce marie les envolées lyriques de la flûte piccolo, allant parfois jusqu'à la stridence avec les sonorités profondes de l'orgue (ou du piano). « Ombre et lumière se disputent leur place au soleil tel que Schweitzer l'évoque dans la nombreuse correspondance relatant sa vie en terre africaine. »

 

Guy MIAILLE : Second Livre de Préludes divers et Fugues pour l’Orgue, Santilly, Éditions Les Escholiers (gmiv.esg@wanadoo.fr ), 2014, 38 p. (+ CD encarté : 27’ 14).

Dans une finalité fonctionnelle et pratique, Guy Miaille — organiste, pédagogue et compositeur prenant ses distances vis-à-vis de toute école esthétique classée — vient de publier (aux Éditions Les Escholiers qu’il dirige) son Second Livre de Préludes divers et Fugues dédié à Jorris Sauquet, organiste de l’Église Notre-Dame du Rosaire (à Paris). Selon l’auteur, ce cahier comprend des « nobles formes toujours appréciées tant par les musiciens que par les mélomanes », car elles favorisent « une expression renouvelée ». Il reprend donc les formes traditionnelles : Fugues, Choral, Canzona, Scherzetto. Cette édition bien gravée fournit toutes les précisions utiles à propos du caractère des pièces et de la registration souhaitée. De plus, un CD encarté rendra de grands services aux organistes et facilitera leur choix de morceaux à des fins fonctionnelles et cultuelles.

Guy MIAILLE : Déploration à la mémoire de l’Abbé Armand ORY, Santilly, Éditions Les Escholiers (gmiv.esg@wanadoo.fr ), 2014, 2 p. (+ CD ESG06/2014AO. TT: 3’).

Guy Miaille — fidèle lecteur de la Revue trimestrielle : Musique sacrée-L’organiste, éditée par l’Association Jeanne d’Arc (88 Fontenay) — a tenu à rendre un vibrant hommage au regretté Abbé Armand Ory (décédé le 14 septembre 2013), ardent défenseur des Orgues, de la musique sacrée et de la musique liturgique en particulier, parolier et responsable de cette Revue. Sa Déploration pour orgue (2 p.) s’inspire du répons pour les Complies : In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum. Son interprétation nécessite, de préférence, au Grand Orgue : les jeux de Gemshorn (Cor de chamois) et Flûte 8’ ; au récit : ceux de Bourdon 8’ et Nasard. La partition comprend des changements de mesures et de tonalités, l’alternance entre mesures binaires et ternaires. L’écriture est claire, avec des accents sincères et, vers la fin, la mélodie In manus tuas est citée. Un CD indépendant (3’) joint à la partition permettra aux interprètes de mieux comprendre les intentions du compositeur.

 

Dimitri CHOSTAKOVITCH : Confession - Cathédrale, LE CHANT DU MONDE (www.chantdumonde.com  ), OR4899,  5 p.

Ces deux pièces pour 2 claviers et pédale, dont l’abord est facile, sont extraites de la musique du film « Le Taon » réalisé par Alexander Feinzimmer. La première : Confession (3 p.), Andante, commence par un thème pp à découvert à la pédale soutenu par des accords de sixtes parallèles aux claviers, puis un mouvement de noires en triolets, crescendo aboutit à un forte avec un rythme de croches, pour retomber à pp dans la conclusion. La seconde : Cathédrale (2 p.), également Andante, s’impose par son calme, avec de longues tenues à la pédale et à la main gauche et une facture mélodique conjointe à la main droite. De caractère méditatif, elles peuvent être interprétées lors d’une Messe par un organiste débutant.

 

Régis CAMPO : Sonate pour orgue n°2 Les Couleurs, LE CHANT DU MONDE (www.chantdumonde.com  ; 31-33 rue Vendrezanne 75013 PARIS), OR4896, 6 p.

La Sonate pour orgue n°2, composée en 1996 par Régis Campo  (né en 1968) — élève d’Alain Bancquart et de Gérard Grisey (CNSMP) — s’adresse à un interprète chevronné, rompu aux subtilités rythmiques (changements de mesures  — C, 3/4, 5/4 —, notes détachées entrecoupées par des silences générant un effet de quasi staccato à la pédale). L’harmonisation complexe fait appel à des accords dissonants à la main gauche ; la facture mélodique, au chromatisme et à des intervalles augmentés, diminués. Un petit motif de doubles-croches, ascendant et descendant, circulant à travers l’œuvre, sert de conclusion à découvert et sur une seule note piquée suivie de silence. Dans l’ensemble, cette pièce calme, dont la registration n’est pas précisée, évolue dans la nuance piano. Cette partition rendra service aux organistes soucieux de varier leur répertoire.

 

Charles BALAYER : Turning Bach pour orgue

Turning Bach pour orgue Hammond B 3. Delatour : DLT2380.

Une pièce de jazz pour orgue Hammond : voilà une bien agréable surprise. La pièce de Bach exploitée est le célèbre « Choral du Veilleur », non pas le choral lui-même, mais le thème contrapunctique bien connu. C’est fait avec beaucoup de sobriété et de goût.

Jean-Christophe AURNAGUE : Fantaisie Médiévale  sur le cantique marial

« Chez nous soyez Reine » du chanoine Huet pour grand orgue. Delatour : DLT2204.

Que voilà une œuvre bien réjouissante ! Si l’auteur fait référence à la cathédrale de Bayonne, qui comporte trois claviers, il sera possible de tricher un peu à condition de posséder un instrument riche en anches et en mixtures…

Julien BRET : Sonate parisienne pour orgue à 4 mains.

LE CHANT DU MONDE (www.chantdumonde.com  ), 2013, OR4889, 25 p.

Julien Bret (*1974), élève de Louis Thiry et Susan Landal, est actuellement titulaire de l’Orgue de l’Église Saint-Ambroise à Paris. Compositeur et concertiste, il privilégie aussi les arrangements.