Disons tout de suite que ce recueil existe également pour clarinette, c’est-à-dire pour instruments en sib sous la référence 29366.
Ce ne sont pas moins de dix-huit pièces qui nous sont proposées, toutes fort intéressante. L’introduction présente des informations très judicieuses sur la provenance de ces pièces et sur les instruments sur lesquels elles étaient jouées. Nous avons ensuite un exposé des divers styles de danse présents dans le recueil. Chacune des dix-huit pièces est l’objet d’une présentation détaillée qui permettra de l’interpréter fidèlement. Chaque danse est donnée avec les accords d’accompagnement. On trouve en fin de volume des grilles d’accords d’accompagnement pour instruments en ut (accordéon, guitare, piano…) pour chacune des pièces. On voit tout l’intérêt et toute la souplesse d’utilisation de ce recueil. Par ailleurs, les différentes pièces sont remarquablement choisies et arrangées par l’auteur.
D.B.

Alain FLAMME : Don Quichotte pour flûte et piano. Supérieur. Lafitan : P.L.3068.

Voici une bien jolie pièce qui n’usurpe pas son nom. En effet, l’Espagne est constamment présente par ses rythmes et par ses modes, mais aussi par ses mélismes, ses échappées, son côté à la fois mélancolique et sensuel. L’auteur a parfaitement saisi cette ambiance si caractéristique et la rend à la perfection. Il faudra donc que les interprètes s’en imprègnent avant de jouer cette oeuvre qu’il faudrait se garder de défigurer en n’en saisissant pas le caractère. Piano et flûte dialoguent constamment, et si la flûte a la meilleure part, le piano a aussi ses moments réservés. Souhaitons beaucoup de plaisir aux interprètes et à leurs auditeurs.

André TELMAN : Dans une contrée lointaine pour quatre flûtistes (flûte en ut, flûte alto, flûte basse, 2 zampoñas et 2 bajones). Delatour : DLT2717.

Cette « contrée lointaine » offre de nombreux paysage divers, tous intéressants. Certains sont plus vivants, d’autres plus mélancoliques. Les contrastes se succèdent avec bonheur. Le côté étrange ou étranger se manifeste à travers des passages modaux même si l’ensemble reste tonal, ce qui n’empêche pas, cependant, les fréquents changements de tonalité et de mesure. Le parcours est donc varié à souhait, permettant aux deux interprètes de montrer toutes leurs qualités, aussi bien techniques qu’expressives. On se laisse prendre par l’ambiance spéciale de cette pièce qui réserve beaucoup de très bonnes surprises.

Sophie LACAZE : Souffles pour flûte et piano. Supérieur. Lafitan : P.L.3068.

La nomenclature à elle seule montre qu’il ne s’agit pas d’une pièce facile ! Cette commande de l’ensemble Antara a été inspirée par un court texte de la poétesse chilienne Gabriela Mistral. Ce mélange d’instruments classiques et d’instruments traditionnels d’Amérique du Sud permet de jouer sur les différents timbres en présence, d’autant plus que toutes les techniques contemporaines de la flûte sont également exploitées. Le texte est beau, poétique à souhait, comme la pièce que nous offre Sophie Lacaze.

Sergio ARRIAGADA : 10 pièces latino-américaines pour les premières années. Flûte et piano. Premier cycle. 1 vol., 1 CD. Lemoine : HL 29301.

Que voilà de bien jolies pièces… Le CD contenu dans le volume leur rend pleinement justice. Il contient à la fois les pièces intégrales et le play-back, plus le la du diapason qui permet au flûtiste de s’accorder…. Un « avant-propos » présente chaque pièce succinctement mais très précisément. La partie de piano peut être jouée par un élève un peu avancé. Pays et danses diverses se succèdent avec autant de charme et de caractère que de diversité. Ce sera l’occasion de faire découvrir au jeune flûtistes autant de paysages nouveaux Bolivie, Uruguay, Cuba, Pérou, Equateur, Argentine et Chili défilent sous nos yeux avec ces musiques qui ont à la fois des points de convergence et des caractères particuliers selon les pays. C’est un beau voyage !

Serge OLLIVE : Lux op. 37 pour 2 flûtes. Assez difficile. Waldhorn Editions : WH-4515166.

La première pièce, intitulée Rayons crée effectivement une ambiance lumineuse dans des arabesques où les deux flûtes dialoguent et s’entremêles en des jaillissements à la fois surprenants et parfaitement maîtrisés. La deuxième, Spectres, joue beaucoup sur les effets de surprise et de contraste, entre apparitions fulgurantes et tremblements. Le tout est écrit dans un langage d’aujourd’hui et avec un goût parfait. C’est une musique « classique » dans son originalité. Bien sûr, les deux flûtistes devront faire montre d’une entente parfaite… On peut écouter l’ensemble sur https://soundcloud.com/serge-ollive-chamber/sets/lux-op-166-pour-2-flutes

Dimitri GLADKOV : Flûte à Saint-Jean pour flûte et piano. Préparatoire. Lafitan : P.L.3071.

Voici une curieuse composition qui ne manque pas de caractère. L’ensemble se déroule dans un tempo Tragico à 120 à la blanche, ponctué la plupart du temps par des accords lancinants du piano. Les accords parfaits martelés très souvent et même avec des harmonies parallèles donnent à l’ensemble un aspect sauvage. Le ré mineur dominant accentue ce caractère tandis que la flûte le souligne encore en marquant les temps tout en prenant parfois un rythme de galop. Même la « Cadenza » ne rompt pas vraiment ce caractère de marche à l’abime. C’est surprenant mais fascinant.

Bernard COL : 10 R 2 Debussy. Dix airs de Claude Debussy arrangés pour 2 flûtes. Moyen. Delatour : DLT2465.

Nous avons déjà dit à plusieurs reprises tout le bien que nous pensions de cette collection. Après Ravel et Schubert, voici Debussy. Rappelons le principe : il s’agit de textes transcrits de la façon la plus proche possible de l’original avec, notamment, un respect scrupuleux de l’harmonie. Parfois, des transpositions sont nécessaires mais la fidélité est toujours au rendez-vous. Dans ces dix extraits, Bernard Col n’a pas choisi la facilité : il s’agit, pour une bonne partie, d’œuvres orchestrales majeures. Redisons que ce sera l’occasion de faire écouter aux élèves les originaux et d’enrichir ainsi leur culture musicale. Il sera aussi intéressant de suivre les œuvres sur la partition pour voir en quoi peut consister le travail d’un « arrangeur » quand il est bien fait…

Pascal PROUST : LE PETIT SOLDAT DE PLOMB d’après Andersen, pour ensemble de flûtes et récitant. Sempre più : SP0271

Voici la présentation de l’auteur : « Cette partition, écrite à 5 parties, est destinée aux jeunes instrumentistes des 1er et 2ème cycles. Cependant la 5ème partie est spécialement écrite pour les plus jeunes en 1ère année d’études. Chaque partie peut être doublée, triplée, selon le nombre d’élèves désirant participer. Il est conseillé de sonoriser la voix du (de la) récitant(e), le texte étant souvent accompagné par la musique, parfois assez forte. » C’est en vérité pour la commodité du travail que l’ensemble est divisé en huit séquence. En fait, on aura tout intérêt à donner l’œuvre intégralement. L’ensemble est très joliment consonnant. Bien sûr, nous sommes dans un conte d’Andersen, et l’histoire se termine mal… mais la poésie est présente tout au long de l’œuvre. Et ce n’est qu’un conte…

Piotr MOSS : Introduction et rondino pour flûte et piano. Niveau moyen. Fortin-Armiane : EFA 111.

« Il faut la jouer en souriant », nous dit l’auteur. L’œuvre, en effet, n’invite pas à la mélancolie. Une introduction un peu plus grave (mais pas tant que cela…) conduit au Rondino. Celui-ci est construit sur le thème d’une simple mélodie que le dédicataire de l’œuvre a coutume de chantonner à ses enfants. Sur cette mélodie simplissime, le compositeur a bâti un court rondo « d’un caractère plutôt léger » en transformant son thème à chaque refrain. Le tout est charmant et plein de fraîcheur, même si le langage n’a rien de « classique ». Bref, c’est une pièce à jouer pour se faire plaisir et, du même coup, faire plaisir à ses auditeurs.