Niveau : 2ème / 3ème cycle

Voici un recueil en trois volumes destiné aux élèves de 2ème et début de 3ème cycle. Ignoré par les enseignants français, il est bien connu, depuis plusieurs générations des pédagogues et des jeunes violonistes polonais. Wanda Doleżal nous offre une excellente sélection de compositions violonistiques « tubes » tel le Csárdás de Vittorio Monti ou des arrangements bien adaptés au confort de l’instrument, comme c’est le cas de l’Humoresque d’Antonin Dvořák, proposée ici en sol majeur (si la version de Fritz Kreisler en sol♭ majeur est dotée d’une couleur particulière, elle reste moins accessible aux élèves de ce niveau).
Qu’elles soient connues ou pas, il s’agit ici, dans tous les cas de belle pièces, qui ont pour but d’étoffer la technique tout en développant la sensibilité et la musicalité d’un∙e instrumentiste en herbe.
J’en garde un très agréable souvenir de jeunesse et je ne peux que recommander cette Xe édition comme support pédagogique à mes collègues.

Voici la sélection de morceaux par cahier :

Cahier 1 :
Vittorio Monti Csárdás
Antonin Dworzak Humoresque
Henryk Wieniawski Kujawiak
Luigi Boccherini Menuet
Nicolaï Rimskv-Korsakow Chant indien
Enrico Toselli Serenade
Johannes Brahms Valse
https://pwm.com.pl/en/sklep/publikacja/spiewajace-skrzypce-z-1,wanda- dolezal,1221,ksiegarnia.htm

 

 

 

 

 

 

 



Cahier 2 :
Johann Sebastian Bach - Charles Gounod Ave Maria
Pyotr Ilyich Tchaikovsky Chanson Triste
Alfons Czibulka Gavotte „ Stéphanie”
Christoph Willibald Gluck Mélodie
Zdenek Fibich Poéme
Franz Schubert Abeille
Izaac Albeniz Tango
Witold Friemann Danse montagnarde
https://pwm.com.pl/en/sklep/publikacja/spiewajace-skrzypce-z-2,wanda- dolezal,1239,ksiegarnia.htm

 

 

 

 

 


Cahier 3 :
Franz Schubert Andante op. 137 n° 1
Giovanni Bapttista Pergolesi Arietta
Jean-Baptiste Lully Gavotte
Jeno Hubay Idylle op. 5
Eduard Grieg Berceuse
Charles Siinding Presto de la Suite op. 10
Charles Dancla Résignation
Johan Cramer Valse

https://pwm.com.pl/en/sklep/publikacja/spiewajace-skrzypce-z-3,wanda- dolezal,1303,ksiegarnia.htm

 

 

 

 


Anna Maria BARBARA
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Cette courte pièce, basée sur une chanson folklorique a été initialement écrite pour une voix de femme et un piano (parue comme part de Two Lullabies sous référence UE 32749).

La tendre et simple mélodie est parfaite pour calmer les esprits les plus agités, tant des petits que des grands. Encore une fois, chez Arvo Pärt, l’essence musicale, indépendante des instruments permet de s’adapter à de nombreux arrangements. Celui-ci est la toute dernière version, faite par le compositeur en 2019. Il a une couleur particulière, grâce à l’utilisation subtile des possibilités qu’offre le violon : répétition de la mélodie à l’octave supérieure, utilisations des harmoniques, des pizz. et des doubles cordes.

Un parfait bis pour finir un récital en douceur, ce morceau pourra être joué également par des élèves à partir du milieu/fin de 2e cycle.

Sur le site de l’éditeur vous trouverez un exemple sonore en version pour deux voix féminines et l’orchestre à cordes. Lien ici


Anna Maria BARBARA
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Fratres (lat. : frères) est une des compositions les plus jouées d’un compositeur vivant. Si sa popularité est si constante, il y a certainement des raisons. Elles ont probablement un rapport avec l'observation de Pärt selon laquelle "l'instant et l'éternité luttent en nous". Cette pièce aux résonnances lointaines, profondes, pourtant basées sur des formules qui ne sont pas très compliquées, met l’accent sur la simplicité dans la complexité.
Écrite en 1977 sans instrumentation fixe, dans le style Tintinabuli1 , l’œuvre a été exécutée en différentes configurations instrumentales.

Voici comment Arvo Pärt commente cette musique :
« La plus grande vertu de la musique, pour moi, se situe en dehors de sa simple sonorité. Le timbre particulier d'un instrument fait partie de la musique, mais ce n'est pas l'élément le plus important. Si c'était le cas, je m'abandonnerais à l'essence de la musique. La musique doit exister d'elle-même... deux, trois notes... l'essence doit être là, indépendante des instruments » 2 .

Fratres a été utilisée à de nombreuses reprises dans des films et des documentaires : Mother Night (1996) de Keith Gordon, To the Wonder (2013) de Terrence Malick, Violette (2013) de Martin Provost, El Club (2015) de Pablo Lorrain…pour ne citer que quelques-uns.

La présente version pour violon et piano est le fruit de la commande du Festival de Salzburg dont la création par Gidon et Elana Kremer à qui elle est dédiée, a eu lieu le 17 août 1970. Différentes techniques et modes de jeux du violon (bariolages, arpèges, harmoniques, pizz. …) sont soutenus harmoniquement par piano, dans la deuxième et troisième partie de l’œuvre.
Éditée et rééditée sans cesse depuis 1980, elle est toujours disponible chez l’éditeur.

Notez, que sur le site de Universal Edition vous trouverez de nombreux arrangements, notamment pour quatuor à cordes (UE34753), 8 instruments à vent et percussions (UE34359), pour 4, 8 ou 12 violoncelles (UE 17710). Vérifiez ici toutes les versions disponibles.

Voici deux liens d’écoute qui nous semblent particulièrement intéressants :

Gidon Kremer et les solistes de Moscou sous la direction Youri Bashmet :
https://www.youtube.com/watch?v=jezHvHgFNRI

Hermine Horiot - adaptation pour violoncelle et l’électronique :
https://www.youtube.com/watch?v=EBUzgN2mcSc

1 Tintinnabuli (singulier. tintinnabulum ; du latin tintinnabulum, "une cloche") est un style de composition créé par Arvo Pärt, introduit dans son œuvre Für Alina (1976). Ce style simple a été influencé par les expériences mystiques du compositeur avec la musique de chant. 2 Note sur l’œuvre : universaledition.com/fratres-for-violin-and-piano-paert-arvo-ue17274 ; traduit par nos soins.
Anna Maria BARBARA
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Cette toute nouvelle parution de l’œuvre monumentale pour violon de Bach, Sei Solo â Violino senza Basso accompagnato, éditée par Peter Wollny remplace la version précédente. Nous pourrions nous poser la question : pourquoi encore une fois réviser le texte du Grand maître ? Y-a-t-il des détails que les musicologues et les interprètes ont omis ? Voici la preuve qu’un travail de recherche musicale est vivant et évolutif, comme tout autre science. En effet, la lecture d’un manuscrit suscite souvent de nombreuses questions. Dans le cas de Sonates et Partitas elles concernent le plus souvent des liaisons. Contrairement à ce que pensent parfois de nombreux musiciens-violonistes, il ne s’agit pas que de phrasés (même dans les mouvements lents), mais de coups d’archet. N’oublions pas que Bach pratiquait aisément le violon, qui à l’époque avait de nombreux types.
Dans la préface (présentée en allemand et en anglais) nous trouverons une belle citation de Carl Philipp Emanuel Bach parlant de son père à ce sujet :
« Il comprenait parfaitement les possibilités qu’offraient tous les instruments de la famille du violon. Ses Soli pour violon et violoncelle sans basse le démontrent d’une manière très évidente. L'un des plus grands violonistes m'a dit un jour qu'il n'avait rien vu de plus accompli pour devenir un bon violoniste et qu'il ne pouvait recommander rien de mieux aux élèves motivés que les Soli pour violon sans basse mentionnés ci-dessus. 1 »
Nous constatons des ajustements et des corrections que Bärenreiter a apportés par rapport à l’édition précédente, notamment dans les mouvements lents. Celle-ci est révisée, comme la précédente, à partir de neuf sources manuscrites : cinq copies contemporaines à Bach - dont celles du compositeur et de sa femme Anna Magdalena Bach, qui ont servi de base à la recherche – et quatre copies datant de fin XVIIIe /début XIXes.
Tout ce travail musicologique et éditorial démontre clairement que les musiciens désireux d’être au plus près des intentions d’un compositeur, ont intérêt à faire confiance aux éditions savantes, dont Bärenreiter est un exemple illustre.
Bien que le résultat soit très fiable, il n’est pas impossible que des nouvelles découvertes resurgissent d’ici quelques années et qu’une nouvelle version nous soit présentée.

1 Lettre à Johann Nikolaus Forkel, fin de 1774, publiée comme n° 801 dans H.-J. Schulze, Dokumente zum Nachwirken J.S. Bachs 1750-1800, Leipzig 1972 (Dok III), Nr. 801. Traduit par Régine Bloch.
Anna Maria BARBARA
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

La Légende pour violon et piano a été écrite pendant l’automne 1945. Le titre fait directement référence à la fameuse Légende d’Henryk Wieniawski. Il y a beaucoup d’aspects similaires entre les deux pièces, incluant la forme, les subdivisions rythmiques dans la partie de piano, le climax intense avec le glissando et une gamme descendante rapide au violon. Pourtant le langage musical de Bacewicz est plus innovant, se distinguant par une épaisseur harmonique intéressante, caractéristique de cette compositrice, et une mélodie impalpable et mystérieuse au violon. Comme dans celle de Wieniawski, la Légende est en trois parties. Celle du milieu contraste avec les deux autres par son tempo plus lent qui offre une pause avec des sonorités plus tendres et un caractère plus délicat. Les doigtés proposés sont d’Agata Szymczewska qui s’est inspiré du manuscrit de Bacewicz. Cette pièce mérite d’être jouée encore et encore, aussi bien par des élèves, que par les artistes reconnus de ce monde.
https://pwm.com.pl/en/sklep/publikacja/legenda,grazyna-bacewicz,24218,ksiegarnia.htm
Marie FRASCHINI
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

 

 

Les deux compositions présentées dans ce recueil ont pour points communs la légèreté et le caractère dansant en dépit des exigences virtuoses.
La Partita a été écrite en 1935, peu après les deux séjours de la jeune Grażyna Bacewicz à Paris : en 1932/33 pour étudier la composition dans la classe de Nadia Boulanger et en 1934 afin de se perfectionner en violon auprès de Carl Flesch.
C’est une pièce assez courte, en trois mouvements. Le premier, Allegro est maintenu dans un rythme ternaire rapide. La tonalité de do majeur n’est que suggérée par les premiers accords, car très vite la ligne mélodique s’en éloigne et de nombreuses modulations nous amènent pratiquement vers une atonalité pour s’approcher enfin du do majeur initial et se terminer d’une manière surprenante par l’accord de la mineur, annonçant ainsi le début de l’Andante.
Ce 2e mouvement commence par un chant mélancolique qui, dans sa partie centrale devient très animé. Différentes émotions vont submerger grâce aux harmonies intéressantes obtenues par le mélange de frottements bien dissonants à côté des intervalles justes, en doubles-cordes. Le tout se calme avec le retour de la mélodie initiale, cette fois-ci à l’octave supérieure.
Le Vivo final est clairement inspiré, de part sa mesure à 2/4, de son rythme rapide, syncopé, et de ses accents, par la danse folklorique polonaise : Krakowiak. De plus, avec sa forme de rondo-sonate libre la compositrice fait, probablement, un clin d’œil au 3 e mouvement du Concerto n°1 de Chopin. Tout aussi brillant, élégant, avec une dose de bravoure, cette pièce pourra ravir les violonistes désireux d’enrichir leur répertoire pour violon seul.
Scherzo est maintenu intégralement dans un mouvement rapide (Vivo) ternaire. En forme de caprice, il se prête parfaitement bien à faire partie d’un récital ou à être exécuter comme bis. Composé en 1945, ce morceau est plein d’humour à la frontière du grotesque, de joie qui est la somme de différents sentiments profonds obtenus, notamment, par des séquences de modulations audacieuses.
Dans cette édition, préparée par la violoniste Agata Szymczewska, les coups d’archet et les doigtés sont inspirés par le manuscrit de Grażyna Bacewicz.
https://pwm.com.pl/en/sklep/publikacja/partita-scherzo,grazyna-bacewicz,24215,shop.htm
Anna Maria BARBARA
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Cette partita pour violon et piano est une pièce en trois mouvements, écrite au début des années 30 pendant que Grażyna Bacewicz étudiait la composition chez Nadia Boulanger à l’École normale à Paris. Son énorme potentiel et son excellente technique de composition sont déjà reconnus à cette époque. L’Allegro entrant est remarquablement vivant, dansant et lyrique. La partie de violon s’engrange parfaitement avec la partie de piano. L’Andante du milieu fait preuve d’une tranquillité considérable, bien que la narration devienne agitée comme des vagues de plus en plus fortes avant que le calme ne revienne. Le Vivo final de forme Rondo et variations, se termine avec une coda flamboyante aussi bien au violon qu’au piano. Agata Szymczewska s’est inspiré d’astuces et d’idées venant du manuscrit pour écrire les doigtés et coups d’archets de cette édition, même si la compositrice était déjà une excellente violoniste et connaissait parfaitement les exigences d’un jeu efficace et confortable sur l’instrument.
https://pwm.com.pl/en/sklep/publikacja/partita-youthful-work,grazyna-bacewicz,24216,shop.htm
Marie FRASCHINI
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Cette charmante Sonate a été composée par Grażyna Bacewicz en 1929. La jeune femme avait à ce moment vingt ans et était étudiante au Conservatoire nationale de musique de Varsovie. L’œuvre constituait, avec le IIe Quatuor et Symphonietta le programme de son examen de composition.
Largement inspirée par l’écriture pour violon de Karol Szymanowski, qui était à l’époque directeur du Conservatoire, la composition démontre néanmoins une vraie personnalité sur le chemin d’évolution et possède une valeur artistique incontestable.
Le Ier mouvement s’ouvre avec un court Allegro à 4/4 pour continuer avec un Moderato à 6/8 en forme de sonate. La partie de violon est tantôt aérienne - avec la mélodie dans le registre aigue, en trilles, en harmoniques - tantôt rythmée, marquée par les accords et les doubles-cordes.
Celle de piano est très fournie harmoniquement, avec des accords superposés, des nombreuses altérations. Bien que la masse sonore soit importante, l’équilibre et le dialogue entre les deux instruments est en balance parfaite.
Le IIe mouvement, Adagio sostenuto est un beau chant avec l’alternance de rythmes ternaires et binaires.
Un ravissant Presto aux rythmes dansants, avec la partie violon virtuose finit avec du panache la Sonate qui mérite bien de trouver sa place au programme d’un récital.
https://pwm.com.pl/en/sklep/publikacja/i-sonata,grazyna-bacewicz,24217,ksiegarnia.htm
Anna Maria BARBARA
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Claud-Henry JOUBERT, La belle et la bette, Concerto végétarien pour violon avec accompagnement de piano, dédié à Maud Rouchaleou, Éditions Pierre Lafitan, collection Plaisir de jouer, P.L.3692

Un morceau ludique, puisqu’il est doté d’une petite histoire (en parlant de la bette il s’agit bien d’une plante comestible !) écrite au début de chaque section qui fait référence à un aspect technique spécifique à travailler.
Que ça soit un chant avec des points d’orgue qui laissent la place pour une éventuelle mini-improvisation, la vélocité, des liaisons longues avec des changements de cordes, des coups d’archet évoquant certains passages de musique baroque (doubles-croches avec la première détaché, puis trois ou sept liées), le texte peut éveiller l’imaginaire et aider ainsi à renforcer la musicalité. Par moment un dialogue est à réciter ou à chanter tout en jouant. Les nuances vont de p à f, mais, à mon avis, il ne faut pas hésiter à en rajouter.
La pièce serait destinée à une 4 e année, mais cette indication reste relative, car par sa longueur (3 pages), ses fréquents changements de tonalités (sol majeur – do mineur – do majeur – ré mineur – sol majeur), la nécessité de démancher constamment entre la 1 ère et 3 e (il y a même un ou deux endroits où la 2 e position serait la plus confortable) et une technique d’archet assez complexe, elle pourrait plutôt être destinée aux élèves en début du 2 e cycle.
La partie de piano est simple, construite sur des harmonies de base, ce qui permet une mise en place facile et aide à garder le rythme malgré tous les changements agogiques.
https://www.lafitan.com/
Anna Maria BARBARA
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Ludwig van BEETHOVEN, Romances in F major and G major for Violin and Orchestra, Bärenreiter Urtext, BA 9026-90, (www.baerenreiter.com)

Nul besoin de présenter aux violonistes les deux Romances de Beethoven, qui depuis bien longtemps font partie du répertoire des plus grands solistes. Mais, saviez-vous que celle en Fa majeur, op. 50 est antérieure à celle en Sol majeur op. 40 ? Cette dernière a été conservée uniquement sous une forme inachevée, avec des indications de nuances ou d’articulations quasi absentes. Elles ont été rajoutées au fur et à mesure par les éditeurs successifs.
En effet, des analyses graphologiques ont permis aux chercheurs de situer l’autographe de l’op. 50 vers 1798, tandis que l’op. 40 a été sans doute composé entre 1800 et 1801. C’est la raison pour laquelle les éditions Bärenreiter les publient dans cet ordre qui est chronologique.
La réduction piano est basée sur l’Urtext et arrangée par Martin Schelhaas. La partie violon fournie en deux exemplaires : Urtext, qui est à l’image du manuscrit, préparée par Jonathan Del Mar ainsi qu’une version doigtée et avec des coups d’archets par Detlef Hahn. Cela permet de faire une analyse comparative des différentes sources, les plus proches du compositeur, pour préparer son interprétation. Les tournes de pages sont, comme toujours, bien placées et l’ensemble édité avec le plus grand soin.
https://www.baerenreiter.com/en/shop/product/details/BA9026_90/
Anna Maria BARBARA
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021