Arletta ELSAYARY : Stara historia pour piano. Préparatoire. Lafitan : P.L.3282.

C’est toujours un plaisir de découvrir une nouvelle composition d’Arletta Elsayary. Celle-ci ne nous fera pas mentir. Cette «  histoire ancienne  » est en effet pleine de charme. Tonale ? Oui, mais d’une tonalité un peu flottante, fluctuante, qui donne beaucoup de caractère à cette œuvre. A une première partie à trois temps où la main droite déroule sa mélodie mélancolique succède une deuxième partie à quatre temps, plus rapide, plus mouvementée, plus inquiétante aussi. Les quatre dernières mesures, dans un tempo «  molto meno mosso e rubato  » permettent de baisser la tension jusqu’à une tierce picarde qui conclut le tout dans un rayon de lumière.
Daniel Blackstone

Julia HÜLSMANN : Modern piano improvisation. 15 pièces faciles pour jouer et improviser. Volume 1. Schott – Advance music : ADV 9048.

Bien sûr, c’est bilingue allemand/anglais, mais avouons que cet anglais est compréhensible par tous ! Nous nous permettons cependant de traduire le début de la préface : «  Est-il possible d’apprendre à improviser ? C’est la question que tout le monde me pose. Ma réponse est : Bien sûr, vous pouvez ! (Of course, you can !) C’est un peu comme apprendre une nouvelle langue.  ». On ne peut que se réjouir de trouver ce premier volume qui prend les choses par le tout début et devrait ainsi décomplexer bien des pianistes. C’est toujours dramatique de se trouver face à des instrumentistes qui ne savent jouer que des partitions… et c’est le moment ou jamais pour chacun de s’y mettre grâce à cette méthode qui conduit le musicien pas à pas vers la liberté ! L’ensemble des outils musicaux se trouve en ligne sur le site de l’éditeur grâce à un code contenu dans chaque volume. Et, comme conclut l’auteur, «  Essayez donc !  ».
Daniel Blackstone

Tim RICHARDS : Jazz, Latin and Modern Collection. On line material audio. Schott : ED 13970.

Bien sûr, on peut dire que ce volume n’est pas techniquement difficile. Mais tout est dans le «  feeling  » qu’on saura y mettre… Ce recueil est une compilation des différents ouvrages de l’auteur disponibles chez le même éditeur. L’écoute des exemples en ligne de l’auteur sera indispensable pour interpréter les 13 pièces originales et les deux arrangements, (Duke Ellington et Thelonius Monk) que contient ce volume. Tous les outils nécessaires à un travail fructueux sont ici réunis. Les exemples en ligne se trouvent à l’adresse www.schott-music.com/tim-richards-piano-books


Daniel Blackstone

Valérie ROUSSE – Joël LITTORIE : Couleurs caraïbes pour piano. Volume 2. Lemoine : 29 405 H.L.

Nous avons dit tout le bien que nous pensions de cette série dans des articles précédents. Voici le début d’une nouvelle série qui s’annonce avec de nouvelles pièces pour piano. On verra plus bas les nouvelles pièces pour flûte et piano et clarinette et piano. Rappelons que ces pièces sont toutes originales et non pas la déclinaison des mêmes pièces pour d’autres instruments. Ce volume contient neuf nouvelles pièces graduées, toutes bien sûr, dans le style créole. Valse créole, biguine, calypso se succèdent, certainement pour le plus grand plaisir des interprètes.
Daniel Blackstone

Marc MAÏER : Les Sonates de Mozart, Les clés pour les jouer, Delatour : DLT2810.

Pour travailler les sonates de Mozart, l’auteur propose des exemples de formules en gammes, en arpèges, en arpèges brisés, en tierces et quartes brisées, des formules «  rotatives  », des formules de trilles, de mordants, de grupetti, des exercices pour la basse d’Alberti, pour les tierces et sixtes liées ou détachées, pour les octaves, les accords, les doigtés, certes utiles, mais pas très originales. En fin de chaque chapitre, Marc Maïer renvoie aux mesures des sonates qui présentent ces problèmes techniques.
Si, dans ces lignes de conclusion, l’auteur recommande de «  toujours travailler dans un esprit musical  », il écrit aussi, dans son introduction, «  le but recherché sera bien entendu une interprétation respectant le style, le toucher mozartien ; mais nous savons que ces étapes ne pourront être abordées qu’après avoir maîtrisé les différentes difficultés techniques  » …
On pourrait aussi se demander si les exercices proposés sont «  réservés  » uniquement aux sonates de Mozart : en quoi le travail des sonates de Scarlatti, qui contiennent ces mêmes problèmes techniques serait-il différent ? Ni le travail du toucher, ni le jeu du poignet, ni la recherche de phrasé, ni le travail de la vélocité ne sont particulièrement évoqués dans ces exercices ; cet ouvrage s’attache au travail technique, basé sur des variations rythmiques, sur l’utilisation de différents doigtés, ce qui demande beaucoup de temps et de patience…
Sophie Jouve-Ganvert

Nikolaï KAPUSTIN : Oeuvres pour piano, Sunrise, Op. 26, Suite in the Old Style, Op. 28, Toccatina, Op. 26, Variations, Op. 41, Motive Force, Op. 45, Big Band Sounds, Op. 46, Contemplation, Op. 47, Schott : ED 22929.

Ce recueil rassemble des œuvres populaires de N. Kapustin, composées entre 1977 et 1987. Sunrise (Daybreak) était à l’origine une pièce orchestrale, pour big band et orchestre à cordes, publiée en 1976. La présente version pour piano date de 1982. De style jazzy, la pièce apparaît comme improvisée.
La Suite in the Old Style est la première œuvre écrite pour piano solo. Elle date de 1977. Inspirée de la suite de danse française du XVIIIème siècle, elle se compose d’une allemande, de deux gavottes, d’une sarabande, de deux bourrées, d’une gigue aux caractéristiques facilement identifiables.

Moritz MOSZKOWSKI : 20 Petites Etudes pour piano, opus 91, Schott : ED 22650.

Moszkowski (1854-1925), bien que musicien prolixe, est connu surtout comme auteur de musique de salon et d’ouvrages pédagogiques. Rodolphe Strobl, premier éditeur de ce recueil, en 1913, conseille de travailler les Petites études en même temps que les œuvres de Clementi, Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert… Ces études très bien écrites pour le piano, offre un large panel des difficultés que représente l’apprentissage de cet instrument : mains alternées, déplacements, accords, vélocité, notes répétées, accords brisés, traits en tierces, en sixtes, polyphonie dans une main, mélodie à la main gauche, pédale…Les doigtés sont ceux de Isidor Philipp, déjà proposés dans l’édition Alphonse Leduc (1931).
Notons que la brève préface de l’éditeur Philipp Alexander Marguerre est desservie par la qualité insuffisante des traductions française et anglaise et précisons enfin, que la dernière étude, n’est pas en sol bémol mineur comme l’indiquent l’éditeur et les traducteurs, mais en sol bémol Majeur.
Sophie Jouve-Ganvert

Ludwig van BEETHOVEN : Sonate in e, op. 90 pour piano Éditée par Jonathan Del Mar. Bärenreiter Urtext : BA 11809.

Ce n’est qu’en 1814, soit cinq ans après la sonate opus 81, «  les adieux  », que Beethoven revient à la sonate pour piano. Sonate en deux mouvements, elle est dédiée à son mécène le comte Moritz Lichnowsky, à l’occasion de son mariage. Le comte avait déjà reçu les Eroïca-Variations op.35. Cette œuvre comporte deux mouvements intitulés pour la première fois en allemand. Le premier mouvement Mit Lebhaftigkeit und durchhaus mit Empfindung und Ausdruck (Avec vivacité et avec sentiment et expression d’un bout à l’autre) est assez austère et le second, très schubertien, Nicht zu geschwind und sehr singbar vorgetragen (A jouer sans trop de rapidité et très chantant) est à l’homonyme majeur. Cette nouvelle édition Urtext est basée sur quatre sources consultées : sur le manuscrit autographe, daté de 1814 dont deux feuillets sont reproduits, sur une copie du manuscrit, sur la première édition, enfin sur une copie de la première édition. Il est indispensable de consulter la préface, les commentaires critiques pour se renseigner sur l’interprétation, sur les habitudes d’écriture de Beethoven (différence entre point et tiret, écriture des liaisons, les ornements, emploi de la pédale…). Beethoven étant à une époque charnière, les questions d’interprétation doivent être étudiées avec prudence, intuition et goût.
Sophie Jouve-Ganvert

Mélanie SPANSWICK : Play it again Piano. The perfect way to rediscover the piano. Book 3. Schott : ED 14017.

Attention ! L’ouvrage est en entier en anglais. Fort heureusement, ce n’est pas un anglais très compliqué. Mais l’effort demandé sera payant : cet ouvrage est un véritable pas à pas pour apprendre à travailler ou retravailler des œuvres fondamentales du répertoire pianistique. Deux autres volumes sont déjà parus dans cette collection, en partant d’un niveau facile. Ces volumes s’adressent à des personnes ayant commencé le piano mais s’étant arrêtées à différents niveaux et désireux de reprendre contact avec leur instrument sans reprendre des cours mais en pouvant travailler avec un guide et de façon progressive. C’est ce qu’offre avec bonheur cette collection. Ce troisième volume, après des conseils généraux, permet d’aborder onze œuvres de façon systématique. Y figurent aussi bien Beethoven (la sonate Pathétique) qu’Albéniz, Scarlatti, Brahms… Les méthodes de travail utilisées pour aborder ces œuvres pourront évidemment être transposées à d’autres œuvres de même niveau. C’est donc un ouvrage tout à fait intéressant pour ceux, qui après une période d’abstinence souvent involontaire, désirent retrouver leur instrument favori.
Daniel Blackstone

Marie-Christine GUICHOT : Technique et répertoire pianistique. Van de Velde : VV415.

Le but de cet ouvrage est de fournir aux professeurs un répertoire de pièces en rapport avec le travail de certaines difficultés technique. A vrai dire, l’éventail des difficultés est très large puisque ce livre ne compte pas moins de dix-neuf rubriques plus une vingtième consacrée aux mélanges de techniques. A l’intérieur de chaque rubrique, le répertoire est classé par ordre de difficulté en partant du milieu du 1er cycle et en allant jusqu’au milieu et fin du 3ème cycle. Bien sûr, ce n’est qu’un outil, mais conçu avec beaucoup d’intelligence et balayant un répertoire très vaste. Et cela permettra de cibler ainsi la pièce qui convient le mieux pour faire travailler tel ou tel aspect de la technique : déplacements, rythmes, polyphonie, doubles notes, sonorité etc. Il s’agit donc d’un ouvrage fort utile qui peut s’adresser non seulement aux professeurs mais à des «  passionnés du piano qui souhaitent progresser et se faire plaisir en trouvant les morceaux utiles à leurs besoins  ».

Daniel Blackstone