Hans-Günter HEUMANN : Pianotainment Christmas 100 célèbres pièces de Noël de Haendel à Mariah Carey. Schott : ED 23068.

Nous sommes toujours heureux de retrouver depuis tant d’années les transcriptions et adaptations de Hans-Günter Heumann faites avec tant de goût et de respect des originaux. Ce copieux album ne déroge pas. C’est tout un panorama des chants et airs de Noël que nous brosse l’auteur. Nous ne citerons évidemment pas les cent titres proposés. Nous y retrouvons bien entendu Es ist ein Ros’entsprugen (en français : Dans une étable obscure) qui, au passage, date de 1599 : on voit que la référence à Haendel ne marque pas forcément une date précise de début de la sélection…, mais aussi un Noël angevin dans la version de César Franck extraite de « L’organiste » qu’on est heureux de retrouver ici. Bien sûr, ce recueil fait la part belle aux Noëls allemands, mais qui sont devenus universels, et puis on retrouve au passage le White Christmas de Bing Crosby. On y trouve aussi des pièces qui ne sont pas des Noëls mais qui se trouvent cependant dans l’ambiance de Noël telles que plusieurs extraits du Casse-Noisette de Tchaïkovsky. L’ensemble est abordable pour un bon pianiste amateur et devrait permettre d’animer joyeusement les fêtes de Noël. De quoi oublier un peu l’ambiance peu festive dans laquelle nous risquons de passer ce Noël. A consommer sans modération !
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Aldo SCELLI : Selina Song pour piano. Élémentaire. Lafitan : P.L.3688.

Voici un beau cadeau de naissance pour la petite Sélina, fille de l’auteur… Cette réjouissante partition lui plaira sûrement quand son papa la lui jouera et, peut-être, quand elle la jouera elle-même, nettement plus tard ! Construite en bonne partie sur le rythme 2 croches 2 croches croch’ deux doubl’ deux doubl’ croche qui lui donne un air dansant et sautillant fort agréable, la pièce module avec élégance et un petit air dégingandé bien sympathique. Trois parties avec reprises se succèdent, donnant à l’ensemble une grande variété dans l’unité rythmique. L’interprète pourra y déployer toutes ses qualités musicales.

Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Hans-Günter HEUMANN : Galaxy piano. 20 pièces galactiques faciles pour piano. 1 vol. 1 CD. Schott : ED23203.

On est toujours très heureux de retrouver les productions de Hans-Günter Heumann qui invite ici ses interprètes à entreprendre un voyage dans les étoiles. Chacune des pièces comporte un titre évocateur : Promenade sur la lune, rencontre d’extra-terrestres, voyage vers la grande ourse, tout est permis à notre jeune pianiste voyageur autant que rêveur. Malgré la facilité, chaque pièce permet de recréer une ambiance. Souhaitons que beaucoup de jeunes pianistes entreprennent ce voyage, aidés par le CD remarquablement enregistré par l’auteur.

Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Tristan MURAIL : Le rossignol en amour pour piano. Lemoine : 29504 H.L.

Créée le 15 septembre 2019 au Festival « Les solistes à Bagatelle » par Fabrizio Chiovetta, cette pièce est ainsi présentée par l’auteur : « Au mois de mai, dans la haie de chênes verts, en face de la terrasse, un rossignol a élu domicile. Tout le mois, jour et nuit, il a chanté : il était très amoureux. Hormis le titre, cette pièce n’a aucun rapport avec la pièce homonyme de François Couperin… Les chants du rossignol – qui sont d’une grande variété et d’une grande fantaisie – ont été analysés à l’aide de logiciels d’analyse spectrale, puis traités par divers algorithmes (transposition, dilatation temporelle, « stretching » séquentiel…).
Ainsi apparaissent éléments mélodiques, couleurs harmoniques, etc., tous extraits et dérivés du chant du rossignol ».
L’ensemble correspond bien au langage habituel de l’auteur, plein de délicatesse et jouant avec bonheur des timbres et des diverses possibilités de l’instrument. C’est donc une pièce à déguster sans modération…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Florent NAGEL : Pièces jointes – 7 études pour piano. Combre : CO 6824.

Élève d’André Dumortier puis de Marcel Bitsch et Claude Ballif, ce compositeur, auteur de nombreuses pièces pour piano, de mélodies, d’œuvres de musique de chambre, a été découvert par le grand public en raison du succès considérable qu’il a obtenu avec Alice au Pays des Merveilles pour piano à quatre mains et récitant. Toutes ces sept études ont un titre et constituent chacune un paysage, une ambiance musicale de grande qualité. On pourra s’en faire une idée précise en en écoutant quelques-unes sur YouTube interprétées par le compositeur qui est en même temps un remarquable pianiste qui mène également une belle carrière de soliste.
Daniel Blackstone
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Tristan MURAIL : Cailloux dans l’eau pour piano. Lemoine : 29394 H.L.

Tristan Murail nous offre, avec ces « cailloux » une relecture des Reflets dans l’eau de Debussy, une relecture très inspirée qui met en jeu toutes les possibilités poétiques du piano. François-Frédéric Guy nous en livre une interprétation très inspirée sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=mefDFOvt5A4
On y retrouve toute la poésie et la délicatesse de l’écriture du compositeur. C’est vraiment une œuvre à découvrir au plus vite même si, évidemment, elle suppose une maitrise technique absolue. L’auteur précise lui-même les différentes notations qu’il utilise pour recréer les effets et l’ambiance qu’il souhaite et on aura intérêt à suivre à la lettre ces indications.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Servane MORDACQ : Highlands pour piano. 2e cycle, 3e/4e année. Lafitan : P.L. 3527.

Avec son ambiance un peu folklorique, cette pièce n’est pas sans évoquer certaine ambiance de la musique d’Amélie Poulain, même si Montmartre n’a qu’un lointain rapport avec les Highlands. La Main gauche égrène d’un bout à l’autre des arpèges en doubles croches avec parfois les basses octaviées, tandis que la main droite nous distille une mélodie d’allure folklorique scandée sur un rythme récurent de croche pointée double croche. L’ensemble est dépaysant et traduit bien une atmosphère à la fois mélancolique et envoutante qui peut effectivement évoquer ces paysages sauvages de l’Écosse profonde. L’ensemble est très plaisant et devrait ravir l’interprète.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Arletta ELSAYARY : Danse des pantins pour piano. Débutant. Lafitan : P.L. 3426.

Construite sur un rythme récurrent sur deux mesures de trois fois deux croches et trois noires, cette charmante petite danse, par des notes altérées judicieusement choisies, est à la fois très classique et un peu surprenante. L’ensemble est plein de bonne humeur et offre à la main gauche l’occasion de chanter de façon un peu lyrique qui contraste avec le rythme obstiné de l’ensemble. Ce sera certainement un véritable plaisir pour les débutants que de découvrir cette pièce pleine à la fois de charme et de surprises.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Portraits, 45 morceaux originaux pour piano. Edité par Monika Twelsiek. Schott : ED 22632.

Ce florilège invite « à un voyage à travers les époques à la rencontre des personnages les plus divers. Il revient aux pianistes, au gré de leur interprétation, de leur donner vie par la force de leur imagination ». Les auteurs sont classés chronologiquement de François Couperin (1668-1733) à Emile Naoumoff (l962). Le choix des oeuvres est intéressant et sort un peu de l’ordinaire, courant au travers de bon nombre de volumes de ce genre et offre un ensemble de pièces agréable à jouer. Ainsi, nous côtoyons avec plaisir des auteurs anciens comme Reichardt ou Burgmüller, des auteurs modernes comme Satie ou Turina et des contemporains comme E. Toch, D. Dushkin ou K-H. Pick. Mais comment peut-on encore aujourd’hui maltraiter à ce point les « très » anciens Couperin, Rameau en les affublant d’ornements fantaisistes, en gommant ce qui dérange, en inventant des doigtés inutiles, en donnant des traductions approximatives… De grâce ! Aux pédagogues de choisir une édition respectueuse des écrits des anciens maîtres (qui ont laissé des traités et des tables d’ornements), une édition respectueuse des travaux des musiciens qui travaillent à des éditions musicologiques, une édition respectueuse des éditeurs qui proposent des éditions critiques (avec notes, corrections, sources…). Cette partie de recueil est tout à fait dommageable et devrait faire l’objet de corrections sérieuses et appropriées.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Ludwig van BEETHOVEN : Klaviersonate opus 27/2, Mondscheinsonate. Wiener Urtext Edition : UT 50433. Édition Hauschild/Reutter/Bloch/Czerny.

La seconde sonate de l’opus 27 fut composée en 1801, après la Sonata quasi una fantasia. Son surnom de Sonate au clair de lune n’est pas de Beethoven et s’est imposé vers 1830. Carl Czerny, élève de Beethoven, parle de « scène nocturne dans laquelle résonne au loin une voix plaintive fantomatique ». Beethoven avait pensé le premier mouvement (sans forme sonate !) comme une pièce séparée ; une annotation visible sur le manuscrit (conservé presque intégralement) le prouve. A cette époque, Beethoven souffre déjà d’une audition défaillante, qui rend sa vie « vide et triste » et le fait passer pour un misanthrope. De plus, il ne peut épouser, n’étant pas de son rang, la comtesse Guilietta Guicciardi, jeune élève à qui il dédiera la sonate (en « seconde main » d’ailleurs !). Les tonalités de do # mineur et de Réb Majeur reflètent cet état de tristesse. Cette nouvelle édition est enrichie grâce à la consultation de plusieurs sources et de courtes notes sur l’interprétation et de commentaires critiques
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020