Régis CAMPO, Galaxies 1 pour jeunes pianistes, Lemoine, HL 29448

Ces neuf pièces créent, pour nos jeunes pianistes, un environnement d’autant plus interstellaire que l’invitation à laisser la pédale toujours enfoncée si possible crée une ambiance réverbérante propice au rêve et à l’évasion hors de notre monde terrestre. Citons quelques titres : Galaxie des cinq soleils, Espaces infinis, Galaxie en expansion… L’ensemble est très simple et bien écrit pour débutants. Mais l’auteur, avec ces moyens très simples, parvient à créer des paysages sonores qui devraient séduire les jeunes interprètes.
Daniel BLACKSTONE

David IANNI, Adieu pour piano, Universal, UE 38070

Laissons la parole à l’auteur : « Le 23 avril 2019 mourait, à l’âge de 98 ans, le Grand-Duc Jean de Luxembourg. Touché par cette nouvelle, j’ai composé le jour même Adieu, hommage musical au souverain bien-aimé de mon pays natal. La pièce, qui compte 98 mesures, s’ouvre sur l’hymne de la famille grand-ducale, le Wilhelmus, d’abord à une seule voix, puis repris en canon par la main gauche. Ce prologue est suivi du thème principal, une mélodie très large exprimant des sentiments de respect et de gratitude envers le disparu. Après la reprise du thème, un crescendo solennel donne à nouveau à entendre le Wilhelmus, le morceau s’achève sur une combinaison des deux mélodies ». Que dire de plus ? On peut écouter l’œuvre sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=2MPP-mjRWnE
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Hans-Günter HEUMANN, Best of Mozart, Schott, ED 23214

Comme dans le recueil précédent, nous trouvons deux parties, l’une d’œuvres originales, l’autre de transcriptions d’œuvres orchestrales ou vocales. Là encore, nous retrouvons tout le savoir-faire de l’auteur et toutes ses qualités de transcripteur. Nous avouons – mais c’est un avis tout à fait personnel – ne pas être ébloui par les petits menuets composés par Mozart dans son jeune âge (qui m’ont dégouté de Mozart de l’âge de 6 ans jusqu’à ce que je découvre le concerto en ré mineur K 466…) Mais ce ne sont que quelques pièces dans ce recueil dont le contenu ne pourra que séduire les jeunes et moins jeunes pianistes. Et on ne peut ici que redire tout le bienfait de cette pénétration de l’intérieur des œuvres transcrites, qui ne peut que conduire à une écoute plus attentive, plus profonde des originaux. C’est une incitation à découvrir les grandes œuvres symphoniques, lyriques et religieuses de Mozart.
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Hans-Günter HEUMANN, Best of Bach, Schott, ED 23398

Il y a deux parties bien séparées dans ce recueil. Dans la première, Hans-Günter Heumann propose d’authentiques œuvres de Bach éditées avec soin, allant des plus simples à de plus difficiles (des préludes et fugues extraits de Das Wohltemperierte Klavier notamment). Puis, dans une deuxième partie, il nous propose des arrangements de pièces pour orgue ou pour orchestre. On y trouve notamment le célèbre choral de la cantate 147 Jésus, que ma joie demeure, la Toccata et fugue en ré mineur, et bien d’autres pièces célèbres et de grand intérêt. Nous savons les réticences de certains vis-à-vis de ces transcriptions mais il nous semble important que les pianistes puissent se frotter à ces œuvres par une autre voie que les enregistrements sonores, aussi bons soient-ils. Ajoutons qu’il ne s’agit pas vraiment d’arrangements mais de transcriptions totales ou partielles des œuvres faites avec la maîtrise que l’auteur possède dans ce domaine. Ne boudons donc pas notre plaisir ni le plaisir que ce recueil pourra procurer aux pianistes en contribuant à leur faire découvrir des œuvres célèbres, certes, mais qu’ils ne connaissent pas forcément intimement…
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

KOŽELUCH : Six sonates faciles pour clavier édité par Christopher Hogwood. Urtext Bärenreiter : BA 11565.

Succédant à Mozart en 1792, Léopold Koželuch (1747-1818) est une figure musicale parmi les plus importantes de Vienne. Excellent pianiste, professeur, il est le compositeur « le plus aimé des jeunes » dont la musique « pure » et « agréable » aurait inspiré la « vogue du piano-forte ». Ses cinquante sonates pour clavier sont considérées comme des « modèles de perfection classique dans la forme, la ligne et la fluidité ».
Les sonates 37 en Sol M (1807), 47 en Mib M, 7 en Ré M (vers 1781), 46 en Do M (Arietta con variazioni )10 en Fa M, 14 en Sol M ont été sélectionnées spécialement pour les jeunes pianistes.
Aucun manuscrit autographe de ces Six sonates faciles n’est connu à ce jour. Les sources sont composites et les propositions de l’éditeur sont notées entre crochets ou par des liaisons en pointillé. L’écriture de ces sonates composées « pour clavecin ou piano » (sauf la sonate 37 attribuée au piano), montre une manière de jouer encore bien « 18ème » et « clavecin » : aucune indication de pédale, différentes sortes de staccato, arpègements, appoggiatures, préparations et terminaisons de trilles ; mais le peu de signes de dynamique conduit l’interprète à une certaine liberté d’expression.
Ces sonates faciles, charmantes et agréables à jouer sont à mettre au répertoire des jeunes pianistes à partir de la fin du premier cycle.

Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Alexandre FLENGHI : Rorschach pour piano. Delatour : DLT2814.

Laissons l’auteur présenter lui-même son œuvre : « Les taches de RORSCHACH constituent un test de type projectif composé de dix planches symétriques. Étant présentées une à une à un patient qui les interprétera librement sous l’écoute d’un psychologue : ce dernier pourra alors émettre un diagnostic de personnalité en explorant l’inconscient de l’individu. Les dix pièces de ce recueil livrent un regard inspiré de ces fascinantes et inquiétantes éclaboussures : leur brièveté ne laissera à l’auditeur qu’une simple impression, comparable à l’illusion d’un rêve qui s’évanouit au petit matin. Dénuées volontairement de titres afin de ne pas éveiller la moindre influence, à vous d’explorer les profondeurs de l’esprit en dévoilant votre exécution pianistique. »
Certes, ces dix pièces ne comportent pas de titre, mais à la place du titre se trouve précisément la tache évoquée par la musique. C’est donc à une mise en œuvre fascinante des taches qu’est invité l’interprète.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Antoine REICHA : 34 Études dans le style fugué opus 97 Cahier 4 : livre 2 – Études 27 à 34. Édition Michael Bulley. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0841-4.

Voici la publication du quatrième et dernier cahier des 34 études dans le genre fugué op. 97 de Reicha. Il contient les études 27 à 34. Cette édition est fondée sur celle d’Érard parue en deux volumes en 1820. L’œuvre fut rééditée en 1840 par Schonenberger. Comme dans les précédents cahiers, chaque étude se présente en deux pièces : « une étude qui n’est pas fuguée » et un « morceau fugué qui n’est pas une étude ».
En tant que professeur de fugue et de contrepoint, Reicha avait déjà publié 36 Fugues en 1803 et 6 Fugues en 1810 puis une autre en 1824.
Même si l’on peut faire un rapprochement avec les Préludes et Fugues du Clavier bien tempéré de Bach, par la présentation, l’esprit est beaucoup plus léger et le style varié, plein d’inventions : on y trouve une Folie d’Espagne, un « air entendu dans une rue de Paris », une Enharmonique (souvenir de Rameau ?), un Andante maestoso dans le style des mouvements lents de Bach, des variations, un petit souvenir d’une célèbre passacaille de Haendel (Étude 32) …Il se permet même ce que l’on pourrait prendre pour un clin d’œil : terminer cette longue série de pièces fuguées par une simple cadence parfaite formée de deux simples accords plaqués. Dans ses « remarques sur quelques morceaux », (Études 1, 2, 3, 5, 6, 7, 8, 11, 15, 16, 17, 20 24, 26, donc dans les précédents cahiers), Reicha conseille et instruit les « jeunes compositeurs » en expliquant, proposant, analysant quelques passages typiques de ses études. Il nous renseigne aussi de ce fait sur l’évolution du langage et de l’écriture.
Il serait temps de redécouvrir les œuvres pédagogiques de Reicha, remarquables par leur efficacité, leur inventivité, leur intérêt, leurs qualités techniques et musicales. N’oublions pas que Berlioz, Liszt, Gounod, Onslow et Franck figurent parmi ses élèves.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Mike CORNICK : Ragtime blues and more. Pour niveau intermédiaire et au-dessus. Universal : UE 21780.

Précisons d’abord que ce « niveau intermédiaire correspond pour nous à une fin de premier cycle. L’ensemble des onze pièces présentées ici constitue un panorama allant du ragtime au be-bop et aux autres formes de jazz. Agréables et fort bien écrites, elles peuvent facilement constituer une véritable initiation à ces différentes formes de musique qu’on ne peut en aucun cas ignorer et qui procureront à leurs jeunes interprètes beaucoup de plaisir. Elles constituent aussi une invitation à l’improvisation qu’il ne faut jamais négliger. Bref, on ne peut que remercier cet auteur de fournir ainsi aux élèves une musique de qualité et pour tous niveaux.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Matthieu STEFANELLI : Ombres chinoises 7 études – pantomimes pour piano. Lemoine : 29479 H.L.

Ce recueil fait suite à Jeux de mimes dont nous avons rendu compte dans la lettre 101 de mars 2016.Le propos de l’auteur est de « résoudre des difficultés techniques par la gestuelle avec du théâtre musical ». On pourra écouter l’ensemble du recueil sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=5j_NCQhe_OU ce qui permettra de se rendre compte de la qualité musicale des œuvres proposées. Bien loir de l’exercice d’école, chaque pièce est un petit tableau poétique et évocateur. Toutes sont précédées d’un petit « chapeau » technique donnant les indications pour vaincre les difficultés qu’elles recèlent. Elles sont classées par niveau de difficulté et commencent par le début du deuxième cycle pour finir par une étude de virtuosité. Mais l’ensemble a suffisamment d’unité pour constituer une partie d’un récital…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Hans-Günter HEUMANN : Mini Maestro 3. 50 petites pièces pour piano. De facile à moyen. Schott : ED 23200

Comme les deux précédents, ce volume contient cinquante pièces allant de Pachelbel à… Hans-Günter Heumann en passant par Bach, Mozart, Beethoven, Chopin, Grieg, et bien d’autres. Précisons qu’il ne s’agit pas ici d’arrangements mais que les pièces sont publiées dans leur texte original. Ajoutons que si les auteurs sont célèbres, les pièces ne le sont pas forcément et qu’on découvrira ainsi tout un répertoire trop méconnu. Ajoutons qu’on trouvera également en prime trois pièces surnuméraires pour piano à quatre mains. Tout cela constituera une source de répertoire pour les professeurs mais pourra constituer aussi une occasion intéressante de déchiffrage pour les élèves.

Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020