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Catégorie : BO en CDs

Laurent Lafarge et Cyril Durand-Roger (cf. leur interview dans la NL de 6/2014) , les deux jeunes gens de Music Box Records, continuent leur travail de défrichage. Ils mettent à l'honneur Claude Bolling dans trois albums. L'un réunit les bandes originales de L'Ordinateur des pompes funèbres (Gérard Pirès, 1976) et Dis-moi que tu m'aimes (Michel Boisrond, 1974), l'autre L'Année sainte (1976), Le Mille-pattes fait des claquettes (1977) de Jean Girault, et le dernier Try This One for Size (1989) de Guy Hamilton

 

 

 

 

Écrit par Jean-Patrick Manchette d'après un roman de Walter Kempley, L'Ordinateur des pompes funèbres raconte l'histoire de Fred (Jean-Louis Trintignant), un statisticien qui met au point un logiciel informatique permettant de programmer la mort des proches qu'il souhaite voir disparaitre, à commencer par sa femme Gloria (Lea Massari). Il s'agit avant tout d'un hommage au film noir américain. Ainsi, c'est une couleur jazz qui prédomine dans le thème principal. Il alterne des parties sombres et mystérieuses (mâtinées d'un humour à la Henry Mancini) et des parties écrites pour un big band, exprimant les pulsions meurtrières et la folie des héros. Un mélange de polar et d'humour noir que traduit parfaitement le compositeur dans l'ensemble de la partition. Des plages néo-romantiques servent, quant à elles, à appuyer de façon ironique l'aspect satirique du film. Dis-moi que tu m'aimes est un film de Michel Boisrond, dont l'humour s'inscrit dans la veine du cinéma boulevardier hexagonal, auquel Claude Bolling participe à de multiples occasions dans les années 70. Les comédies de Boisrond – bien que très classiques – font preuve d'une certaine conscience de l'évolution des mœurs dans la société française d'alors. Le film dépeint la crise simultanée de deux couples, ce qui provoque des situations inattendues pour chacun des protagonistes, notamment pour Charlotte (Marie-José Nat), une femme soumise qui finit par s'émanciper. Contaminé par les deux autres, un troisième couple se sépare, et, là encore, la rupture permet aux personnages de se révéler à eux-mêmes, puisqu'elle conduit Lucien (Jean-Pierre Darras) à assumer son béguin pour Richard (Jean-Pierre Marielle). Pour ce film, le compositeur a composé une partition inventive et sophistiquée. L'album se conclut par la chanson titre du film interprétée par les acteurs du film. 

 

 

 

Le nom de Jean Girault est indissociable de celui de Louis de Funès. De Pouic Pouic à La Soupe aux choux, en passant par la série des Gendarmes, Les Grandes Vacances ou Jo, il a permis à l'acteur de faire connaître son talent comique à des millions de spectateurs. Cette équipe gagnante compte également dans ses rangs l'inséparable auteur scénariste Jacques Vilfrid ainsi que le compositeur aux multiples baguettes Raymond Lefèvre. Mais les débuts de Girault se sont accomplis au son de la musique virevoltante de Michel Magne au service du tandem Darry Cowl - Francis Blanche. La deuxième parenthèse musicale de la production de Girault se situe dans les années 1970 avec Claude Bolling. Le compositeur signe une première partition pour Deux grandes filles dans un pyjama, adaptation de la pièce à succès de Vilfrid. Un générique sautillant et un thème langoureux, confié au saxo soprano de Claude Luter, sont quasiment les seules interventions du film. Claude Bolling peut se rattraper ensuite avec une partition plus conséquente pour L'Année sainte (1976), dernier film d'un des plus grands acteurs français du vingtième siècle, Jean Gabin. La nostalgie s'invite involontairement au son de l'harmonica. Une mélodie qui renvoie à celle de Touchez pas au grisbi, autre air devenu célèbre grâce au compositeur Jean Wiener et à l'harmoniciste Jean Wetzel. C'est dans cet esprit que Bolling s'attelle à la composition du film suivant de Girault, Le Mille-Pattes fait des claquettes (1977). La comédie policière fait place à l'aventure farfelue de trois jeunes héros pendant la Seconde guerre mondiale. Voulant sauver la Vénus de Milo de la confiscation allemande, le trio parcourt la France dans une gentille vadrouille, jouant à cache-cache avec l'occupant. Ce qui donne l'occasion à Bolling d'habiller de swing la folle épopée, un genre dans lequel il excelle. En quelques phrases de jazz, il nous transporte immédiatement dans une époque que chacun reconnaît d'emblée, même si certains ne l'ont vécue qu'à travers le cinéma. Le mille-pattes fait des claquettes est proposée pour la première fois en CD.

 

 

 

C'est aussi la première fois en CD qu'est éditée la bande originale de Try This One for Size (Sauf votre respect). Guy Hamilton c'est Goldfinger. C'est une  adaptation d'un roman de James Hadley Chase. Cette comédie d'espionnage à la James Bond est interprétée par Michael Brandon, David Carradine, Arielle Dombasle et Guy Marchand. Se voulant proche de l'univers des films de James Bond, le générique du film s'ouvre avec la chanson titre très Bondienne "The Key" interprétée par Dee Dee Bridgewater. Claude Bolling signe une partition jazzy particulièrement nerveuse mélangeant avec efficacité courses poursuites, thèmes romantiques et musiques de suspens. Try This One for Size marque un retour volontairement parodique aux musiques d'espionnage des années 60 en y insufflant la modernité des années 80.

 

 

 

 

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=L4q5xMXdvh4

 

https://www.youtube.com/watch?v=zCfuxQ0chOw

https://www.youtube.com/watch?v=nkngt4VoocA