Réalisateur Robert Redford. Musique Cliff Martinez. 1CD Milan / Universal : 399 470-2

En 1969, un groupe de militants radicaux, appelés Weather Underground, revendique une vague d’attentats aux États-Unis pour protester contre la guerre du Vietnam. La plupart de ses membres furent emprisonnés, mais quelques-uns disparurent sans laisser de trace. L’arrestation de Sharon Solarz, l’une des activistes, remet cette affaire sur le devant de la scène, au point d’intéresser  un ambitieux reporter, Ben Schulberg.

Jouant de ses relations au FBI, il rassemble petit à petit les pièces du puzzle, le menant jusqu’à Jim Grant, un avocat apparemment sans histoire… Lorsque celui-ci disparait brusquement, le journaliste se lance sur sa piste, déterminé à le retrouver, avant le FBI. Pour la musique de son film, Redford s’est adressé à Cliff Martinez, le compositeur de Steven Soderberg et de la musique « tube » de l’année « Drive ». Le film, qui ne manque pas d’intérêt, n’est pas très abouti. C’est un thriller politique qui nous touche peu. La musique « électronique » de Martinez apporte une touche supplémentaire au « suspens » : musique oppressante, mais qui manque de surprise. Cela sent un peu le réchauffé. A l’écoute du disque, c’est encore plus flagrant. Le procédé des nappes avec samples d’instruments est le principe de Martinez. Ce n’est pas désagréable à l’écoute. Il y a de belles envolées « planantes », mais cette musique pourrait être plaquée sur n’importe quel film et elle marcherait. C’est peut-être le drame des musiques de films made US aujourd’hui. Le phénomène Zimmer fait des petits, tout devient normatif. Si on aime Martinez, cela fera un CD de plus pour la collection. Sinon, même pour ceux qui ont vu le film, on ne pense pas que cette musique leur fera se souvenir de ses moments. « I can’t say I’m happy to hear you », pour paraphraser le dernier morceau du CD.