Lin-Ni LIAO, Marc BATTIER (dir.) : Fusion du temps.

Passé-Présent  Extrême Orient -Extrême Occident. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), Collection Pensée Musicale, 2014, 156 p. – 25 €.

Cette publication réunit des textes prononcés lors de la Conférence organisée en 2012 à la Maison de la Recherche (Université Paris-Sorbonne) et regroupés par Lin-Ni Liao (Taiwan) et Marc Battier (Professeur à l’université Paris-Sorbonne) portant sur la « Modernité du Nanguan [ou encore Nanyin,

Yvette CARBOU : Pierre COCHEREAU – Un art d’illusionniste.

Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), 2014, 393 p. – 39 €.

En 1989, la Revue L’Orgue avait consacré un numéro spécial à Pierre Cochereau. Dix ans après, Yvette Carbou, productrice et animatrice des Disques SOLSTICE, avait édité des Témoignages chez Zurfluh. Elle vient d’en réaliser une nouvelle édition dans laquelle elle exploite en connaissance de cause quelques 80 documents et jugements portés sur le célèbre organiste, improvisateur, compositeur, pédagogue (directeur des Conservatoires du Mans, puis de Nice jusqu’en 1979) et, dès 1955, titulaire des Grandes Orgues de Notre-Dame (Paris).

Jean-Nicolas de Surmont (dir.) et Serge Gauthier : M’amie, faites-moi un bouquet.

Mélanges posthumes autour de l'œuvre de Conrad Laforte. Presses de l’Université Laval / Éditions Charlevoix, coll. « Les Archives de folklore 30 », 2011, 339 p.

 

Rien de plus charmant que ce titre, « M’amie, faites-moi un bouquet… », fleurant bon le double exotisme d’un temps – en l’occurrence, médiéval – et d’un espace – celui qui défie les frontières continentales. Nulle surprise en cela si l’on considère que ce pénétrant recueil de témoignages et d’analyses constitue l’hommage posthume d’une large communauté musicale et universitaire à Conrad Laforte (1921-2008),

Katarina LIVLJANIC : Paléographie musicale

Tome XXIII. Montecassino, Archivio dell’abbazia, MS. 542 -Antiphonaire (XIIe siècle). Solesmes, ÉDITIONS DE SOLESMES (www.solesmes.com ), 2014, 143 p. + 194 ill. – 89 €.

La Collection « Paléographie musicale », lancée en 1889 par Dom A. Mocquereau à l’Abbaye de Solesmes, s’achève avec ce volume XXIII, réalisé par K. Livljanic qui a consacré sa Thèse (ÉPHÉ) à l’Antiphonaire conservé aux Archives de l’Abbaye du Mont Cassin (sous la cote ms. 542). Les lecteurs bénéficieront de sa vaste érudition du chercheur, de ses compétences en écriture bénéventaine, mais aussi de sa spécialisation dans l’interprétation vocale de la musique monodique médiévale. Elle a profité du soutien scientifique, entre autres, des regrettés Dom Jean-Claire et de Michel Huglo, notamment pour la modalité. Contribuant au renom de la Collection, l’auteur met l’accent sur l’aspect codicologique, tout en réservant à des articles (parus ou à paraître) l’analyse du langage musical des antiennes.

Olivier TRACHIER (dir.) : Gallus DRESSLER : Practica modorum explicatio. Explication pratique des modes

Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2014. DLT2190. 97 p.

Cette traduction française — réalisée par des étudiants du CNR de Paris, supervisée et présentée par Olivier Trachier, dans une finalité à la fois historique, théorique et technique — permettra aux musicologues de mieux s’orienter dans le labyrinthe des modes exploités au XVIe siècle.

Bernard Fournier : Panorama du quatuor à cordes

1 vol Fayard, 2014, 327 p. 22 €.

 

Bernard Fournier est un spécialiste reconnu de l'histoire du quatuor à cordes. Le présent ouvrage est une synthèse de quatre précédents généreux volumes consacrés à l'Esthétique puis à l'Histoire du quatuor à cordes (1999-2010). Une version allégée destinée à un large public, mais qui contient l'essentiel : ce qu'il faut retenir de ce qu'est ce genre musical et de son histoire. Quelle est la spécificité du quatuor à cordes ?

Riccardo Muti : Prima la musica. Mémoires.

1 vol Éditions L'Archipel, 2014, 234 p. 19,95 €.

En bon napolitain, Riccardo Muti (*1941) n'a pas pour habitude de mâcher ses mots. Celui qui vient tout juste de diriger l'Orchestre National de France, avec la suprême élégance qu'on lui connait, pour le concert marquant le 80 ème anniversaire de la phalange parisienne, et seul orchestre français qu'il accepte de conduire, revient dans ses Mémoires sur un demi-siècle de carrière, partagée à égale partie entre directions symphonique et lyrique, comme tous les grands.

Isabelle WERCK : Edvard Grieg

Paris, Bleu nuit éditeur, Collection « Horizons », 2014, 176 p. 20 €. 

Poursuivant sa série de monographies dont la valeur pédagogique est indéniable — car il s’agit d’une divulgation bénéficiant d’une remarquable clarté tout en étant très bien documentée —, Isabelle Werck a élargi ses « horizons » aux Pays nordiques dans la mouvance de la Norvège, avec son musicien national traditionnel : Edvard Grieg (1843-1907) qu’elle présente successivement par tranche de vie, avec les analyses d’œuvres correspondantes. Très attaché à sa patrie et à ses traditions, il est surtout connu par Peer Gynt . 

Élisabeth BRISSON. FAUST. Biographie d’un mythe

1 vol. Ellipses, 2013, 360 p.  www.editions-ellipses.fr.

Jeune homme insouciant ou vieil alchimiste à la recherche de la pierre philosophale, Faust a pour caractéristique essentielle sa proximité avec le diable. Ses origines remontent au XVIe siècle, où il apparaît pour la première fois dans un ouvrage anonyme racontant l’histoire du Docteur Faustus. Entre mythe et personnage historique, la figure de Faust tient, à la fois de Servet, Paracelse, Érasme ou encore, paradoxalement, du Christ ! A la fois bon et mauvais ange, Faust a fini, grâce à Goethe, par incarner un mythe moderne. Figure  éminemment plastique, il a été convoqué dans des contextes bien différents, religieux, dramatique, fantastique, philosophique, opératique et poétique…

Constantin FLOROS. Alban Berg et Hanna Fuchs.

Suite lyrique pour deux amants. 1 vol. Actes Sud, 2014, 232 p, 20 €.

Voici un livre qui mêle histoire d’amour et musicologie, ce qui n’est pas si fréquent. L'ouvrage de Constantin Floros rapporte, pour la première fois en français, la correspondance, officielle et surtout secrète, adressée par Alban Berg à Hanna Fuchs, pendant les dix années que dura leur liaison épistolaire, témoignage d’un amour malheureux et platonique qui inspira notamment la Suite lyrique ; une œuvre musicale importante, qui répond à la Symphonie Lyrique de Zemlinsky, et conçue en 1925-1926, initialement pour quatuor à cordes, puis transcrite pour orchestre à cordes en 1929, que cette correspondance récemment retrouvée, éclaire d’un jour nouveau, plus ésotérique.

Nicolas Southon : « Les symphonies du Nouveau Monde. La musique aux États-Unis

1 vol. 12 x 18 cm, Fayard/Mirare, 2014, 180 p, 15 €.

Cet ouvrage, paru à l'occasion de la Folle journée de Nantes, constitue une intéressante et compréhensive introduction à la musique américaine. Le propos de son auteur est de porter un regard sur le rôle joué par les États-Unis dans la constitution d'une nouveauté en musique. Cette Amérique, qu'Edgard Varèse décrit comme « symbole de découvertes – de nouveaux mondes sur terre, dans le ciel, ou dans l'esprit des hommes », a enfanté d'innombrables musiciens.

Makis Solomos : De la musique au son – L’émergence du son dans la musique des XXe-XXIe siècles.

1 vol. Presses universitaires de Rennes,  collection Æstetica, 2013, 545 p. 24 €

Une première approche de l’ouvrage du Professeur Makis Solomos(1), publié par les Presses universitaires de Rennes, donne l’impression que le propos est conçu dans l’esprit de la musica speculativa médiévale. Une lecture plus attentive confirme que ce travail est essentiellement réservé à des étudiants ainsi qu’à un public averti, convaincu par la thèse de cette étude selon laquelle le son est principalement pure matière.

Carl Philipp Emanuel Bach et l’âge de la sensibilité,

Gilles CANTAGREL : Carl Philipp Emanuel Bach et l’âge de la sensibilité, Genève/Drize, Éditions Papillon (www.editionspapillon.ch ), 2013, Collection Mélophile, 224 p.

 

La dynastie Bach ne présente guère de secrets pour Gilles Cantagrel, l’éminent spécialiste français. Il situe le célèbre fils cadet de Jean Sébastien Bach et de Maria Barbara, né à Weimar en 1714 et mort à Hambourg en 1788, dans l’histoire des sensibilités et des mentalités et, plus particulièrement, dans la mouvance de l’Empfindsamkeit. L’auteur s’appuie sur des sources authentique telles que l’autobiographie dans laquelle Carl Philipp Emanuel précise ses origines, mentionne ses années d’études (École Saint-Thomas de Leipzig –où il n’a « jamais eu d’autre maître que son père »-,

Répertoire des Thèses françaises relatives à la musique (1810-2011)

Danièle PISTONE : Répertoire des Thèses françaises relatives à la musique (1810-2011), Paris, Librairie Honoré Champion, Collection « Musique et Musicologie » n°44, 2013, 515 p. 

 

Ce Répertoire des Thèses, déjà un incontournable, rendra de multiples services aux musicologues, historiens, esthéticiens, chercheurs, directeurs de recherche, bibliothécaires et documentalistes. Il complète notamment le répertoire des Thèses françaises sur le site du SUDOC (Système universitaire de documentation), dont le Catalogue commence en 1972, alors que le présent volume englobe les Thèses françaises relatives à la musique depuis plus de deux siècles.

Théories de la composition musicale au XXe siècle

Nicolas Donin & Laurent Feneyrou (dir.) : Théories de la composition musicale au XXe siècle. Éditions Symétrie, collection Symétrie Recherche, série 20-21. 2013, 2 vol. 17x24 cm, 1840 p.

 

 

 

Les Éditions Symétrie nous offrent deux volumes de haute érudition confiés, pour ce qui concerne leur direction scientifique, à Nicolas Donin et Laurent Feneyrou, du C.N.R.S. Leur riche introduction nous aide à aborder assez sereinement un sujet aussi vaste que complexe, souvent nourri par de vaines polémiques. Il s’agit assurément d’une première en matière d’édition musicale de langue française. Traitant du dernier état de la question, cette publication ouvre, par conséquent, de passionnantes perspectives à l’aube de ce XXIe siècle en matière de réflexion sur le langage musical.

Bellini.

Jean THIELLAY & Jean-Philippe THIELLAY : Bellini. Actes Sud/Classica, 2013, 201p, 18,80 €.

 

 

 

Une biographie courte qui va à l’essentiel, claire, bien documentée, assortie d’une discographie et vidéographie spécifiques, bien sûr subjectives, et d’une bibliographie sélective, voilà un ouvrage qui ne manquera pas d’intéresser tous les amateurs de « bel canto » et plus particulièrement ceux attirés par le chant et la personnalité de Vincenzo Bellini (1801-1835). Né à Catane en Sicile où il fait ses premières armes musicales auprès de son grand-père, puis un apprentissage au Conservatoire de Naples et un premier succès au San Carlo, avec Bianca et Gernando, il gagne Milan où il triomphe avec Il Pirata à la Scala.

VERDI-WAGNER. Imaginaire de l’opéra et identités nationales

Timothée PICARD : VERDI-WAGNER. Imaginaire de l’opéra et identités nationales. Actes Sud, 2013, 325 p. 22,80 €.

 

Il serait vain et parfaitement illusoire de vouloir trouver dans cet ouvrage de Timothée Picard, en cette année de bicentenaire, une quelconque biographie comparée des deux illustres maîtes du drame musical. Le propos est tout autre, puisque au-delà de leur réalité historique, Verdi et Wagner prennent, ici, une dimension symbolique, incarnant respectivement les images de l’italianité et de la germanité, dans le cadre de cette étude « imagologique ». On appelle « imagologie » la somme des lieux communs relatifs aux représentations des identités nationales, utilisées à des fins polémiques ou idéologiques.

La Bible de 1611/The King James Version

textes réunis par Matthieu Arnold  et Christophe Tournu, Collection  Écriture et Société, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg (www.pu-strasbourg.com ), 212 p. 18 €.

Les réformateurs ayant vivement recommandé la lecture de la Bible, celle-ci a été traduite, entre autres, en allemand par le réformateur Martin Luther (entre 1523 et 1534), en français par le théologien et humaniste Lefèvre d’Étaples (à partir de 1523) et, en 1538, William Tyndale a traduit en anglais le Nouveau Testament. Au XVIIe siècle, le Roi James (VI d’Écosse et Ier d’Angleterre) a commandé une traduction valable pour les Église d’Angleterre et d’Écosse qui, avec la collaboration de plusieurs traducteurs, paraîtra en 1611 ;

Dom François Bedos de Celles (1709-1779), un moine et un facteur d’orgues dans son temps.

In memoriam Joseph Scherpereel. Textes réunis et présentés par Marie-Bernadette Dufourcet, avec la collaboration de Michelle Garnier-Panafieu. Les Cahiers d’ARTES, n°8, Pessac, 2011, 250 p. - 25 €.

Ce Cahier de l’Atelier de Recherches Transdisciplinaires Esthétique et Sociétés, publié par l’UFR Humanités, rend d’abord un vibrant hommage à Joseph Scherpereel (1934-2009), Professeur à l’Université Michel de Montaigne-Bordeaux III. Marie-Bernadette Dufourcet retrace avec émotion leur recrutement dans cette Université, les riches moments passés ensemble et lui témoigne son indéfectible reconnaissance.

François DELALANDE : Analyser la musique, pourquoi, comment

Paris, INA Éditions,  2013, 250 p. - 20 €.

Au cours des siècles, théoriciens et musicologues se sont penchés sur l’analyse musicale, son histoire et ses méthodes en fonction de l’élargissement des œuvres musicales jusqu’à la musique électro-acoustique. Des auteurs récents, tels que C. Deliège, J.-J. Nattiez, I. Bent, R. Campos, J.-M. Chouvel, S. Arom (pour l’Afrique Centrale), P. Couprie (pour la musique électro-acoustique) ; R. Francès et M. Imberty (pour la perception) ou encore R. Jakobson (pour la linguistique)… ont forgé leurs propres critères et surtout leur terminologie spécifique.

Maud POURADIER : Esthétique du répertoire musical. Une archéologie du concept d’œuvre

Rennes, Presses Universitaires de Rennes (<www.pur-editions.fr >), Collection Aesthetica, 2013, 190 p. -  16 €.

Vers la fin des années 1950, l’esthétique musicale a été lancée en Sorbonne, dans le sillage du Professeur Étienne Souriau, puis par Robert Francès, Ivo Supicic, Alphons Silbermann, entre autres. Depuis plusieurs décennies, la notion a considérablement évolué, et les œuvres musicales créées ont bénéficié d’une approche pluridisciplinaire incluant la psychologie de la musique, mais aussi la phénoménologie (Ernest Ansermet) pour aboutir à l’anthropologie ou encore à l’archéologie musicales.

We are the words. Entretiens avec ses amis

Olivier GREIF :  We are the words. Entretiens avec ses amis. Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2013, 145 p.  DLT2289.  19 €.

 

Malgré sa brève existence, le regretté Olivier Greif, né à Paris le 3 janvier 1950 et mort à Paris le 13 mai 2000, pianiste et compositeur (361 numéros d’opus…), peut être considéré comme l’un des grands maîtres de la musique française dans la seconde moitié du XXe siècle.