Les corpus de l’oralité.

Mondher AYARI, Antonio LAI (dir.) : Les corpus de l’oralité. Sampzon, DELATOUR France (www.editions-delatour.com ), Collection Culture et cognition musicales, 2014, DLT2388,  338 p. –  35  €.

 

D’entrée de jeu, Michel Imberty, philosophe, psychologue et musicologue, spécialiste des processus cognitifs, rappelle que « la plupart des grandes cultures musicales ne sont pas de tradition écrite ». Le texte écrit dans le Traité de Boèce ne permet pas aux musicologues de reconstituer le texte de la musique ; par ailleurs, plus proches de nous, Simka Arom, spécialiste des musiques d’Afrique Centrale, soulève la problématique de la « fixation par l’écrit d’un répertoire complètement oral et transmis de génération en génération ».

La musique au risque des images

Françoise ZAMOUR (dir.) : La musique au risque des images. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), Collection Filigrane, 2014, DLT2405, 223 p. – 23 €.

 

La notion d’« image » regroupe aussi bien les enluminures, les caricatures que la sculpture, les représentations de musiciens (guitariste, pianistes, violoncelliste, homme-orchestre) que la dramaturgie, le cinéma, le jazz. Les exemples examinés se situent aux XIIIe-XIVe siècles, au XIXe siècle et à l’époque contemporaine. Autrement dit, sous un titre surprenant au premier abord, 13 auteurs faisant appel à des documents significatifs, étudient systématiquement —

Leçons de ténèbres.

Jean-Yves HAMELINE : Leçons de ténèbres. Ambronay, Ambronay Éditions. Distribution Symétrie (www.symetrie.com ), 2014,  269 p. – 35 €.

Le regretté Jean-Yves Hameline — faisant encore bénéficier les hymnologues de sa très vaste culture historique, théologique et musicale et exploitant son importante Bibliothèque personnelle — s’adresse aux musiciens d’Église, chanteurs et instrumentistes soucieux d’interpréter en connaissance de cause les Leçons de Ténèbres (Lamentations de Jérémie) exploitées par de nombreux compositeurs.

La musique est un tout.

Daniel Barenboim : La musique est un tout. Éditions Fayard, 2014, 1 vol, 173 p., 15 €.

 

Comme dans ses précédents ouvrages, Parallèles et paradoxes et La Musique éveille le temps, Daniel Barenboim s'attache dans le présent livre à défendre une thèse, laquelle est accompagnée de digressions sur la musique et son interprétation. Partant du constat que « la musique est infiniment plus grande et plus riche que ce que notre société veut qu'elle soit » et qu'elle « est une partie essentielle de la dimension physique de l'esprit humain », le pianiste-chef d'orchestre précise sa pensée sur ses engagements esthétiques et éthiques.

Critique musicale (7e Volume. 1849-1851)

Hector BERLIOZ. Critique musicale (7e Volume. 1849-1851). 1 Vol. Éditions Symétrie. Société Française de Musicologie, 2013, 713 p, 55 €.

 

 

 

Véritable leçon de critique musicale, ce septième volume d’Hector Berlioz (sur les dix prévus par la SFM) relate la vie musicale entre 1849 et 1851. Cinquante neuf articles publiés et toujours la même sûreté de jugement, la même facilité d’écriture, le même humour qui ne peuvent laisser le critique musical (obligé de rendre compte aussi vite que possible de ce qu’il ne connait parfois qu’à peine…) que béat d’admiration devant tant de talent ! Vingt cinq créations d’opéra, de nombreuses reprises d’ouvrages lyriques dont Berlioz fera la recension minutieuse comprenant toujours un résumé,

De la musique au son.

Makis SOLOMOS. De la musique au son. L’émergence du son dans la musique des XXe et XXI e siècles. Collection «  AEsthetica » 1 Vol Presses Universitaires de Rennes, 2013, 547 p, 24 €. www.pur-editions.fr.

 

 

 

Le son est omniprésent dans la vie des hommes. L’enregistrement en se substituant à la mémoire a permis l’émergence d’une culture audio nouvelle, centrée sur le son et l’écoute, dans des domaines différents, comme la pratique fonctionnelle (musique d’ambiance par exemple) ou artistique. Quels rapports existent-ils entre son et musique ? Dans certaines musiques le son reste une matière inerte qu’animent mélodie, harmonie, rythme ou instrumentation. Dans d’autres, comme la musique contemporaine, il existe un recentrement sur le son, expliquant notamment l’important travail sur le timbre.

Musique transitive.

Simon STEEN-ANDERSEN. Musique transitive. 1 Vol bilingue Français-Anglais. Ensemble 2e2m. Collection  « A la ligne ». 2014, 171p, 10€.

 

 

 

Un livre qui permettra à l’amateur de musique contemporaine de poursuivre plus avant une réflexion déjà entamée depuis l’époque où se fit le passage de la musique tonale à la musique « sonale », y adjoignant aujourd’hui la composante visuelle. Musique transitive, musique qui met en relation le sonore et le visuel. Dans une approche performative, Simon Steen-Andersen, compositeur danois, maîtrise tous les possibles du sonore, compositions, performances et sound art.

Un patient nommé Wagner

Pascal BOUTELDJA. Un patient nommé Wagner. 1 Vol Symétrie, 2014, 314 p, 40 €.

 

Un livre dont le titre accrocheur ne manquera pas d’attirer le regard du wagnérien passionné à la recherche de la dernière nouveauté publiée dans l’immense corpus déjà existant, consacré au maître de Bayreuth. De nouveauté, avouons le, il n’y en a guère dans cet ouvrage se présentant comme la première biographie médicale dédiée à Richard Wagner, basée sur l’étude rétrospective, donc contestable, d’écrits autobiographiques ou d’échanges épistolaires. Un livre qui se compose de trois parties principales :

Jean-Pierre BARTOLI, Jeanne ROUDET : L’essor du Romantisme

L’essor du Romantisme : la Fantaisie pour clavier de Carl Philipp Emanuel Bach à Franz Liszt, 1 Vol. Paris, VRIN, Collection « Musicologies», 2013, 387 p. -32 €.

Deux auteurs se penchent sur l’essor du Romantisme en étudiant la Fantaisie pendant presque deux siècles. Ils révèlent l’importance insoupçonnée de la pratique de l’improvisation faisant appel à la virtuosité et proposent une véritable typologie de la Fantaisie à partir du stylus fantasticus dans la musique baroque nord-allemande, reposant sur le contrepoint mais faisant aussi appel à « l’imagination spontanée ».

Odile CHARLES : Les Oratorios de Georges Migot.

Paris, L’Harmattan (www.librairieharmattan.com ), 2014,  389 p.  38, 50  €.

L’auteur est spécialiste de l’œuvre et de la pensée de Georges Migot, secrétaire générale de l’Association éponyme et rédactrice du Bulletin annuel. Elle a obtenu son Doctorat avec une thèse consacrée aux Oratorios du maître. Avec le recul du temps, elle livre le résultat de ses investigations approfondies. Georges Migot (1891-1976) est un compositeur indépendant, multiforme, un grand penseur d’une haute spiritualité défendant un idéal tout à fait original.

Mélisande CHAUVEAU : Moi, NIJINSKI

Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), Collection Raconte-moi…, 2014, 89 p. – 8 €.

Mélisande Chauveau poursuit avec bonheur sa formule de « Journal imaginaire » qui, à l’aide de souvenirs authentiques, lui permet de présenter des artistes, de retracer leur vie et carrière et de les situer dans les contextes sociaux et économiques de leur temps. Avec Vaslav Nijinski, c’est le monde de la danse au début du XXe siècle qui émerge.

Lin-Ni LIAO, Marc BATTIER (dir.) : Fusion du temps.

Passé-Présent  Extrême Orient -Extrême Occident. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), Collection Pensée Musicale, 2014, 156 p. – 25 €.

Cette publication réunit des textes prononcés lors de la Conférence organisée en 2012 à la Maison de la Recherche (Université Paris-Sorbonne) et regroupés par Lin-Ni Liao (Taiwan) et Marc Battier (Professeur à l’université Paris-Sorbonne) portant sur la « Modernité du Nanguan [ou encore Nanyin,

Yvette CARBOU : Pierre COCHEREAU – Un art d’illusionniste.

Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), 2014, 393 p. – 39 €.

En 1989, la Revue L’Orgue avait consacré un numéro spécial à Pierre Cochereau. Dix ans après, Yvette Carbou, productrice et animatrice des Disques SOLSTICE, avait édité des Témoignages chez Zurfluh. Elle vient d’en réaliser une nouvelle édition dans laquelle elle exploite en connaissance de cause quelques 80 documents et jugements portés sur le célèbre organiste, improvisateur, compositeur, pédagogue (directeur des Conservatoires du Mans, puis de Nice jusqu’en 1979) et, dès 1955, titulaire des Grandes Orgues de Notre-Dame (Paris).

Jean-Nicolas de Surmont (dir.) et Serge Gauthier : M’amie, faites-moi un bouquet.

Mélanges posthumes autour de l'œuvre de Conrad Laforte. Presses de l’Université Laval / Éditions Charlevoix, coll. « Les Archives de folklore 30 », 2011, 339 p.

 

Rien de plus charmant que ce titre, « M’amie, faites-moi un bouquet… », fleurant bon le double exotisme d’un temps – en l’occurrence, médiéval – et d’un espace – celui qui défie les frontières continentales. Nulle surprise en cela si l’on considère que ce pénétrant recueil de témoignages et d’analyses constitue l’hommage posthume d’une large communauté musicale et universitaire à Conrad Laforte (1921-2008),

Katarina LIVLJANIC : Paléographie musicale

Tome XXIII. Montecassino, Archivio dell’abbazia, MS. 542 -Antiphonaire (XIIe siècle). Solesmes, ÉDITIONS DE SOLESMES (www.solesmes.com ), 2014, 143 p. + 194 ill. – 89 €.

La Collection « Paléographie musicale », lancée en 1889 par Dom A. Mocquereau à l’Abbaye de Solesmes, s’achève avec ce volume XXIII, réalisé par K. Livljanic qui a consacré sa Thèse (ÉPHÉ) à l’Antiphonaire conservé aux Archives de l’Abbaye du Mont Cassin (sous la cote ms. 542). Les lecteurs bénéficieront de sa vaste érudition du chercheur, de ses compétences en écriture bénéventaine, mais aussi de sa spécialisation dans l’interprétation vocale de la musique monodique médiévale. Elle a profité du soutien scientifique, entre autres, des regrettés Dom Jean-Claire et de Michel Huglo, notamment pour la modalité. Contribuant au renom de la Collection, l’auteur met l’accent sur l’aspect codicologique, tout en réservant à des articles (parus ou à paraître) l’analyse du langage musical des antiennes.

Olivier TRACHIER (dir.) : Gallus DRESSLER : Practica modorum explicatio. Explication pratique des modes

Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2014. DLT2190. 97 p.

Cette traduction française — réalisée par des étudiants du CNR de Paris, supervisée et présentée par Olivier Trachier, dans une finalité à la fois historique, théorique et technique — permettra aux musicologues de mieux s’orienter dans le labyrinthe des modes exploités au XVIe siècle.

Bernard Fournier : Panorama du quatuor à cordes

1 vol Fayard, 2014, 327 p. 22 €.

 

Bernard Fournier est un spécialiste reconnu de l'histoire du quatuor à cordes. Le présent ouvrage est une synthèse de quatre précédents généreux volumes consacrés à l'Esthétique puis à l'Histoire du quatuor à cordes (1999-2010). Une version allégée destinée à un large public, mais qui contient l'essentiel : ce qu'il faut retenir de ce qu'est ce genre musical et de son histoire. Quelle est la spécificité du quatuor à cordes ?

Riccardo Muti : Prima la musica. Mémoires.

1 vol Éditions L'Archipel, 2014, 234 p. 19,95 €.

En bon napolitain, Riccardo Muti (*1941) n'a pas pour habitude de mâcher ses mots. Celui qui vient tout juste de diriger l'Orchestre National de France, avec la suprême élégance qu'on lui connait, pour le concert marquant le 80 ème anniversaire de la phalange parisienne, et seul orchestre français qu'il accepte de conduire, revient dans ses Mémoires sur un demi-siècle de carrière, partagée à égale partie entre directions symphonique et lyrique, comme tous les grands.

Isabelle WERCK : Edvard Grieg

Paris, Bleu nuit éditeur, Collection « Horizons », 2014, 176 p. 20 €. 

Poursuivant sa série de monographies dont la valeur pédagogique est indéniable — car il s’agit d’une divulgation bénéficiant d’une remarquable clarté tout en étant très bien documentée —, Isabelle Werck a élargi ses « horizons » aux Pays nordiques dans la mouvance de la Norvège, avec son musicien national traditionnel : Edvard Grieg (1843-1907) qu’elle présente successivement par tranche de vie, avec les analyses d’œuvres correspondantes. Très attaché à sa patrie et à ses traditions, il est surtout connu par Peer Gynt . 

Élisabeth BRISSON. FAUST. Biographie d’un mythe

1 vol. Ellipses, 2013, 360 p.  www.editions-ellipses.fr.

Jeune homme insouciant ou vieil alchimiste à la recherche de la pierre philosophale, Faust a pour caractéristique essentielle sa proximité avec le diable. Ses origines remontent au XVIe siècle, où il apparaît pour la première fois dans un ouvrage anonyme racontant l’histoire du Docteur Faustus. Entre mythe et personnage historique, la figure de Faust tient, à la fois de Servet, Paracelse, Érasme ou encore, paradoxalement, du Christ ! A la fois bon et mauvais ange, Faust a fini, grâce à Goethe, par incarner un mythe moderne. Figure  éminemment plastique, il a été convoqué dans des contextes bien différents, religieux, dramatique, fantastique, philosophique, opératique et poétique…

Constantin FLOROS. Alban Berg et Hanna Fuchs.

Suite lyrique pour deux amants. 1 vol. Actes Sud, 2014, 232 p, 20 €.

Voici un livre qui mêle histoire d’amour et musicologie, ce qui n’est pas si fréquent. L'ouvrage de Constantin Floros rapporte, pour la première fois en français, la correspondance, officielle et surtout secrète, adressée par Alban Berg à Hanna Fuchs, pendant les dix années que dura leur liaison épistolaire, témoignage d’un amour malheureux et platonique qui inspira notamment la Suite lyrique ; une œuvre musicale importante, qui répond à la Symphonie Lyrique de Zemlinsky, et conçue en 1925-1926, initialement pour quatuor à cordes, puis transcrite pour orchestre à cordes en 1929, que cette correspondance récemment retrouvée, éclaire d’un jour nouveau, plus ésotérique.

Nicolas Southon : « Les symphonies du Nouveau Monde. La musique aux États-Unis

1 vol. 12 x 18 cm, Fayard/Mirare, 2014, 180 p, 15 €.

Cet ouvrage, paru à l'occasion de la Folle journée de Nantes, constitue une intéressante et compréhensive introduction à la musique américaine. Le propos de son auteur est de porter un regard sur le rôle joué par les États-Unis dans la constitution d'une nouveauté en musique. Cette Amérique, qu'Edgard Varèse décrit comme « symbole de découvertes – de nouveaux mondes sur terre, dans le ciel, ou dans l'esprit des hommes », a enfanté d'innombrables musiciens.