Jean-Baptiste DESTREMAU : Sonate de l’assassin.

Jean-Baptiste DESTREMAU : Sonate de l’assassin.  Roman.  Max Milo.  384 p. 19,90 €.

Roman dont la structure narrative à trois voix s’inspire de la forme sonate.  Dans l’exposition, la voix de Lazlo Dumas, pianiste international, psychopathe dont le génie nécessite la pratique régulière de sacrifices humains rituels (il s’agit le plus souvent de victimes désignées et piégées lors de ses concerts) afin de maintenir toujours présente « sa petite sonate intérieure », garante de la qualité de ses interprétations.  Dans le développement, ce sont les voix de Lorraine et de son fils Arthur, qui à l’occasion d’une rencontre fortuite, proposeront au pianiste une possible et difficile rédemption par l’amour.  La réexposition enfin, surprenante, conduira au dénouement… Il s’agit là d’un thriller dont l’intrigue nous tient en haleine tout au long du roman.  L’écriture est agréable par sa fluidité, sa clarté.  Pour son premier roman, Jean-Baptiste Destremau réussit indiscutablement son pari.

Mémoire vive.

Laurent AUBERT (dir.) : Mémoire vive.  « Tabou », Infolio (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) / Musée d’Ethnographie de Genève. 271 p. 11 €.

Sous la direction de Laurent Aubert, l’expression Mémoire vive prend tout son sens dans les musiques de l’oralité, et c’est le devoir des ethnomusicologues et archivistes de conserver - afin de transmettre à la postérité - un patrimoine sonore pour valoriser les chefs-d’œuvre du passé.  À cet égard, les préoccupations du regretté Constantin Brăiliou (1893-1958) ont valeur d’exemple. Des amis et spécialistes français, anglais, roumains rendent ainsi hommage à la pensée du maître roumain, à l’origine de l’ethnomusicologie.  Sur cette volonté de reconnaissance se greffe une solide réflexion collective sur les problèmes de la conservation et de l’exploitation des archives musicales en notre époque, sous l’emprise de la mondialisation.  Cette

Archives Constantin Brăiliou (1913-1953).

Archives Constantin Brăiliou (1913-1953).  Collection universelle de musique populaire.  Réédition augmentée.  Musée d’ethnographie de Genève (MEG) : www.adem.ch / www.ville-ge.ch/meg Relié, 14,5 x 25,5 cm, 80 p., 4 CDs VDE (TT : 71’05 + 69’43 + 54’20 + 69’19).

C’est à l’initiative du grand ethnomusicologue roumain que furent constituées à Genève, en 1944, les Archives internationales de musique populaire (AIMP), organisme qui allait se consacrer à la collecte et à l’étude comparative de documents musicaux du monde entier, ainsi qu’à la production de disques et à l’organisation de manifestations publiques et congrès s’y rapportant.  Dans cet ouvrage, sont analysés les 169 enregistrements qu’avait sélectionnés Constantin Brăiliou, plus 5 pièces inédites, enregistrées en 1952 dans les Asturies.  Un trésor musical intégralement restitué dans les CDs inclus.  Lire aussi, bien sûr, l’ouvrage de Laurent Aubert, ci-dessous recensé par Édith Weber.

Yves RAIBAUD (dir.) : Géographie, musique et postcolonialisme

Yves RAIBAUD (dir.) : Géographie, musique et postcolonialisme.  Revue « Copyright Volume, autour des musiques populaires », vol. 6 (numéro double).  Éditions Mélanie Séteun (www.seteun.net).  Distr. Irma.  21 x 21 cm, 300 p., 20 €.

Le dossier inclus comporte 9 études : « Les musiques du monde à l’épreuve des études postcoloniales », « Politiques de l’authenticité », « Bhangrâ & imaginaire de diaspora », « Dancehall aux Antilles, rap en France ou la quête d’un idéal républicain de citoyenneté », « Le rap français, un produit musical postcolonial ? », « Politique de la ville & construction de nouvelles images ethniques », « Émergence, circulations & évolutions », « La cantoria, enjeux sociospaciaux de la poésie improvisée au Brésil », « Goa : communautés transnationLales & musique techno », mais aussi 2 tribunes : « Lettre ouverte sur les musiques noires, afro-américaines et européennes », « Publier par gros temps : des musiques populaires à la philosophie contemporaine ».  Plus, hors dossier : notes de recherche, comptes rendus et recensions.

Antonio SPEZIALE : Un jour, peut-être un jour…

Antonio SPEZIALE : Un jour, peut-être un jour Roman. Préface  de Ennio Pouchard.  Éditions New Letters (14, rue Laferrière, Paris IXe).  14 x 20, 5 cm, 204 p.

Homme d’affaires réputé, mais surtout poète et musicien né (auteur, compositeur, interprète s’accompagnant à la guitare, il chante magnifiquement les îles Éoliennes de son enfance), Antonio Speziale est le principal protagoniste de cette auto-fiction (18e livre publié).  Laquelle nous mène en Norvège, à Copenhague, Barcelone, Trouville, en Italie bien sûr, mais surtout à Paris - où il hante le Palais-Royal, la rue de Buci, la rue des Canettes, l’Île Saint-Louis, les Halles… Fascinant itinéraire d’un homme et d’un artiste au tempérament impétueux…

Émilie LUCA LAPOIRIE (Propos recueillis par) & Hervé HASCOËT (Photographies) : Rendez-vous au P’tit Op.

Émilie LUCA LAPOIRIE (Propos recueillis par) & Hervé HASCOËT (Photographies) : Rendez-vous au P’tit OpPublibook (www.publibook.com).  Album de photos n&b, 100 p., 20 x 25 cm, 26 €.

Prises dans ce haut lieu du jazz qu’est Le Petit Opportun (« trou à rats de six mètres sur six », sis 15, rue des Lavandières Sainte-Opportune, Paris Ier), ces magnifiques photos couvrent une période allant de 1992 à 2002.  Lorsque l’on pouvait y côtoyer les plus grands : Chet Baker, Clark Terry, Ray Bryant, André Persiani, Pierre Michelot, Johnny Griffin, Patrice Caratini, Art Farmer, Guy Lafitte, Aldo Romano, Michel Graillier, Éric Le Lann, Barney Wilen… Une page d’histoire, un trésor de témoignages et d’anecdotes puisées dans la mémoire, notamment, du maître de céans, Bernard Rabaud (dont Yves Lucas trace, en outre, un émouvant portrait)

Johanne RABY & Françoise CHAGNON : Chanter de tout son corps.

Johanne RABY & Françoise CHAGNON : Chanter de tout son corps.  Préface de Céline Dion.  Éditions Berger (www.editionsberger.qc.ca).  DG Diffusion (www.dgdiffusion.com).  20,5 x 20,5 cm, 176 p., ill. n&b et couleurs.  29 €.

Chanter de tout son cœur ne suffit certes pas.  Faut-il encore que l’instrument qu’est le corps soit au rendez-vous…  À fournir les solutions idoines aux divers problèmes physiques qui peuvent se poser se sont ici attachées Johanne Raby, professeur de chant, créatrice de l’Académie éponyme, et Françoise Chagnon, éminente oto-rhino-laryngologiste - qui suit notamment Céline Dion, enthousiaste préfacière de l’ouvrage.  Réponses à neuf questionnements : Ai-je l’étoffe d’un chanteur ? Qu’est-ce qui résonne ? Quel est ce corps qui chante ? Ai-je assez de souffle ? Quelle est ma vraie voix ? Faut-il réchauffer tout le corps ? Comment libérer ma voix ? La voix est-elle fragile ? Quelles règles de vie adopter ? D’un constant pragmatisme…

Catherine SAUVAT : Alma Mahler (1879-1964).  Et il me faudra toujours mentir.

Catherine SAUVAT : Alma Mahler (1879-1964).  Et il me faudra toujours mentir.  Payot (www.payot-rivages.fr).  15,5 x 23,5 cm, 270 p.  Cahier de photos n&b.  20 €.

Pour le moins agitée aura été la vie de celle que l’on baptisa « la veuve des Quat’zarts » : outre son premier mari, Gustav Mahler, n’avait-elle pas séduit Gustav Klimt et Alexander von Zemlinsky, Walter Gropius et Oskar Kokoschka… pour enfin se remarier avec Franz Werfel.  Grâce à des sources inédites, cet ouvrage dépeint, sous des angles nouveaux, la femme, la musicienne, l’égérie et la mémorialiste.  En trois parties : « Dans l’effervescence viennoise », « Mariages et veuvages », « L’envers du décor ».  Personnage certes fascinant, mais peu sympathique…

Hervé GLOAGUEN : À hauteur de jazz.

Hervé GLOAGUEN : À hauteur de jazz.  « À hauteur de… », Éditions de La Martinière (www.editionsdelamartinière.fr).  Relié, 15 x 22 cm, photos n&b, 120 p.  14 €.

Reporter photographe (en Indochine, en Afrique…) mais aussi musicien de jazz, Hervé Gloaguen aura rencontré les plus grands jazzmen, en France et aux États-Unis.  Sont ici réunis 56 portraits de musiciens, assortis de textes d’écrivains ou de témoignages (Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Billie Hollyday, Franck Conroy…).  Dans un domaine éditorial pléthorique, voilà – à marquer d’une somptueuse pierre noire - un magnifique petit album !  Signalons qu’en la galerie Arcturus (65, rue de Seine, Paris VIe.  Tél. : 01 43 25 39 02. www.art11.com/arcturus) sont exposées, jusqu’au 25 avril 2009, une trentaine de ces photographies.

Simha AROM : La fanfare de Bangui.  Itinéraire enchanté d’un ethnomusicologue.

Simha AROM : La fanfare de Bangui.  Itinéraire enchanté d’un ethnomusicologue.  « Les empêcheurs de penser en rond », La Découverte (www.editionsladecouverte.fr).  12,5 x 19 cm, 210 p.  13 €.

De la plume du célèbre ethnomusicologue, voici en 23 brefs chapitres, la joyeuse relation d’une carrière initiée, en 1963, de curieuse manière : le président de Centrafrique demandant à l’auteur, alors corniste dans l’Orchestre symphonique de la radio d’Israël, de créer une fanfare (laquelle ne vit d’ailleurs jamais le jour)… Chose qui permit toutefois à Simha Arom de découvrir la musique des Pygmées, d’inventer de nouvelles méthodes d’investigation et de créer in situ un musée des Arts et traditions populaires.  Puis de permettre à ces cultures de se produire, hors l’Afrique, dans de nombreux festivals.  D’un constant bonheur de lecture !

Philippe LEROUX : Musique une aire de jeux.  Entretiens avec Elvio Cipollone.

Philippe LEROUX : Musique une aire de jeux.  Entretiens avec Elvio Cipollone.  « Paroles », éditions MF (www.editions-mf.com).  12 x 18 cm, 136 p. 12 €.

Conjuguant volontiers électronique & lutherie classique, le compositeur Philippe Leroux (*1959) – disciple notamment d’Ivo Malec, Ivan Wyschnegradsky et Pierre Schaeffer - aujourd’hui en résidence à l’Arsenal de Metz, s’entretient ici avec l’un de ses propres élèves, le compositeur et philosophe Elvio Cipollone.  Au fil d’une dizaine de chapitres : « Les années de formation », « Du geste à l’écriture », « Les mouvements du temps », « L’écriture de la mémoire », « Rejouer, Apocalypsis », « Composer, recomposer », « Une aire de jeux », « La voie des lettres »… Avec, outre un utile glossaire, une sélection des œuvres, une discographie & une bibliographie sélectives, un index des noms.  D’une lecture fort éclairante, « pour saisir les enjeux de la musique au début du XXIe siècle » (Pierre Gervasoni).

Pierre MARÉCHAUX & Grégoire TOSSER (Sous la direction de) : Ligatures.  La pensée musicale de György Kurtág.

Pierre MARÉCHAUX & Grégoire TOSSER (Sous la direction de) : Ligatures.  La pensée musicale de György Kurtág.  Presses universitaires de Rennes (tél. : 02 99 14 14 25.  www.pur-editions.fr).  17 x 21 cm, 356 p., ill. n&b, ex. mus. 18 €.

Prolongement d’un colloque organisé en mai 2006 par l’université de Nantes, à l’occasion du 80e anniversaire de György Kurtág (°1926), cet ensemble de contributions - après différents hommages signés Pierre Maréchaux, Grégoire Tosser, Arturo Gervasoni et Philippe Albèra - comporte deux parties : Perspectives esthétiques et critères formels (« Les dits de Péter Bornemisza » : une bombe épistémologique / La musique : expression et indicible / Le fragment, une écriture en paradoxe) ; Lectures d’œuvres : la pensée musicale à l’épreuve de l’analyse (Œuvres vocales / Œuvres instrumentales).  Riches annexes.

Claude-Henri CHOUARD : L’oreille musicienne. Les chemins de la musique, de l’oreille au cerveau.

Claude-Henri CHOUARD : L’oreille musicienne. Les chemins de la musique, de l’oreille au cerveau.  « Folio Essais, 516 », Gallimard.  Format de poche.  416 p., schémas.  8,60 €.

Voici la nouvelle édition revue & augmentée d’un ouvrage dans lequel un praticien de haute volée, membre de l’Académie de médecine, s’interroge sur les diverses perceptions & conceptions de la musique que peuvent être celles d’un savant, d’un mélomane ou d’un musicien – organisations nerveuse et sensorielle innées, mais aussi phénomènes acquis en fonction de telle ou telle civilisation.  Après un « état des lieux », où s’expriment James Conlon, György Ligeti, Janine Reiss, Julian Rachlin et Pascal Dusapin, sept parties composent l’ouvrage : Le message sonore : les sons, la parole, le chant, la musique / Des organes pour entendre / Les chemins de la musique / Les aventures du diapason / L’oreille absolue / Oreille musicienne, sexe et dominance cérébrale / Les souffrances de l’oreille musicienne.  En annexe, sont décrites les techniques utilisées dans l’exploration de l’audition

Bruit et Musique.  Actes du colloque de Lyon (23 janvier 2008).

Bruit et Musique.  Actes du colloque de Lyon (23 janvier 2008).  Textes recueillis & présentés par Gérard Le Vot, publiés par Gérard Streletski.  À commander auprès de : Pierre Saby, département « Musique et Musicologie » de l’Université Lumière Lyon 2 (18, quai Claude-Bernard, 69007 Lyon).  326 p., illustrations.  25 €.

En complément du dossier que notre revue avait consacré au sujet (L’ÉM, n°551-552, mars/avril 2008), voilà qui sera pain bénit pour nos agrégatifs !  Intitulé des communications : « Le bruit dans les chansons de Clément Janequin » (Jean Duchamp), « La musique est le silence du bruit » (Jean-Marc Warszawski), « Réflexion autour de deux fragments de Fr. Schubert : le chant, le bruit et l’inscription linguistique du musical » (Pierre Saby), « Le bruit comme perturbation ou dissolution de la sphère de cohérence tonale » (Denis Le Touzé), « Les ’Bruits de guerre’ aux XVIIe et XVIIIe siècles : du signal fonctionnel à la musique » (Mylène Pardoen), « Le futurisme italien » (Anne Penesco), « Bruit ou musique ?  Essai de phénoménologie et de

BEETHOVEN : Le Christ au Mont des Oliviers, op. 85

BEETHOVEN : Le Christ au Mont des Oliviers, op. 85. Dossier de la Revue de l’Association Beethoven, France et francophonie, n°11, 1er semestre 2009 (ABF - tél. : 01 30 59 03 87. www.beethoven-france.org).  21 x 29,5 cm, 128 p., ill. n&b, ex. mus.  10 €.

Ce dossier comporte : une « Présentation théologique du Christ au Mont des Oliviers » (P. Granvalet & père Ph. van den Bogaard), une « Traduction des textes » (Alexandre Chevremont), une « Analyse musicale de l’œuvre » (Laurent Marty) et une « Discographie raisonnée » (Patrick Favre-Tissot-Bonvoisin).  Fort intéressant travail autour d’une œuvre peu rebattue.

Alfred WILLENER : Le désir d’improvisation musicale. Essai de sociologie.

Alfred WILLENER : Le désir d’improvisation musicale. Essai de sociologie.  « Logiques sociales – Musiques et champ social », L’Harmattan.  Photos n&b. Bibliographie. 216 p., 20,50 €.

Ce livre du fameux sociologue suisse entend « faire surgir le contenu social révélé par l’improvisation ». Le désir d’improvisation, « thème flou », y apparaît surtout comme réponse à un excès de contraintes, comme celles qui pèsent sur les instrumentistes de la musique écrite. Se référant à Adorno, dont les thèmes sur une sociologie de la musique sont précieusement synthétisés en annexe, A. Willener prend le risque de l’éparpillement en « fragments de réel » (certains semblent éloignés du sujet) qu’il reviendra au lecteur d’articuler.  Mais l’essai vibre de musique.  En témoignent les belles photos de jazzmen en action prises par l’auteur.

Le chemin vers la nouvelle musique et autres écrits

Anton WEBERN : Le chemin vers la nouvelle musique et autres écrits.  Édition de Ph. Albèra & G. Starobinski. Traduction : V. Barras, A. Carruzzo, G. Starobinski, Br. Boccadoro.  Contrechamps (www.contrechamps.ch), Genève.  187 p.  19 €.

Ce livre correspond à l’édition française de deux cycles de conférences données par Webern dans un appartement privé à Vienne en 1932 et 1933 ; ce sont les célèbres « Chemin vers la composition en douze sons » et « Chemin vers la nouvelle musique », suivis d’autres textes écrits par le compositeur tout au long de sa vie, consacrés à Schönberg, à Heinrich Isaac (à qui Webern a consacré sa thèse de musicologie en 1906), et un hommage à Adolf Loos.  En ce qui concerne les « Chemins », le texte initial a été reconstitué par Willi Reich à partir de notes sténographiées d’un auditeur, Rudolf Ploderer.  La priorité accordée à l’intuition par les membres de l’École de Vienne était à la fois sincère et inévitable, car - entre abandon de la tonalité et

Henry Purcell. « Classica »

Claude HERMANN : Henry Purcell« Classica », Actes Sud.  192 p.  17,10 €.

Les ouvrages sur Henry Purcell sont rares.  Raison de plus pour saluer la belle monographie de Claude Hermann, spécialiste de la musique anglaise.  Car on sait peu de choses de l'Orphée britannique de ce côté du Channel. Nombreux sont encore à le considérer comme un « musicien pour spécialistes ».  À travers le parcours cursif de la vie et de la carrière du compositeur, nous est retracé le destin de celui qui, mort à 36 ans, avec 18 ans de période créatrice, sut atteindre les sommets et gagner de son vivant l'admiration de ses pairs et du public.  C'est qu'il a occupé une position très particulière de charnière en des années de transition politique, sociale et musicale.  Musicien de cour, Purcell fut avant tout homme de théâtre. La rencontre avec le

L'Immédiat

Marie DELOS : L'Immédiat. Roman.  Seuil.  142 p. 16 €.

Pour son premier roman, Marie Delos fait un coup de maître !  Si la musique en est la trame – une jeune femme, professeur de français dans un lycée sévillan, vit le Deuxième Concerto de Prokofiev au point de le jouer sur une table en guise du piano qu’elle ne parvient pas trouver – l’aventure de la vie en est le sujet, hasard des rencontres.  Autobiographie, à n’en pas douter, de cette jeune Belge qui nous fait vivre de l’intérieur une passion amoureuse à peine ébauchée, une passion musicale en tout cas qui la hante.  La ville de Séville en est la toile de fond, belle à l’aune de la quête esthétique secrète de l’héroïne, miroir aussi de ses obsessions, de ses tourments poussés jusqu’au non supportable.  L’écriture est dense, le vocabulaire riche et la maîtrise de la langue sûre.  Et quel art de la formule qui sonne juste ! La violence contenue y voisine avec le sombre lyrisme.  Tout ici concourt au bonheur d’un récit fort.

 

Dominique FERNANDEZ : La Rose des Tudors.  Actes Sud.  143 p. 16 €.

L’auteur de Porporino ou les Mystères de Naples revient à un sujet qui lui tient à cœur : le phénomène que constitue la voix de contre-ténor.  Ces voies blanches pour lesquelles notre époque éprouve un vrai engouement, des voix masculines en quête de l’androgynie perdue.  Le parcours romanesque va nous mener dans ces fameux collèges britanniques, à Cambridge, où nous assistons aux concerts mythiques du King's ou de St John's.  Séances où tout est mis en place selon un savant cérémonial. Depuis que Alfred Deller a, dans les années 70, redonné à ce chant sublime ses lettres de noblesse, bien des choses ont changé : ces voix nous accompagnent naturellement aujourd’hui, grâce au disque bien sûr, mais surtout à l’opéra.  Dominique

Pierre Boulez à voix nue.

Véronique PUCHALA : Pierre Boulez à voix nue. Symétrie.  263 p.  29 €.

C’est un ouvrage essentiel sur l’une des personnalités les plus marquantes du monde musical français que nous propose la journaliste Véronique Puchala.  Écrit dans le prolongement d’entretiens avec le musicien en avril 2005 (reproduits sur deux CDs annexés au livre), il se veut une approche contextualisée de ceux-ci, se déclinant sur les cinq thèmes abordés : l'écoute, le regard, le geste, la voix, l’autre.  Compositeur, théoricien, souvent polémiste, chef d’orchestre, Pierre Boulez fascine.  C’est peu de dire qu’il tient le devant de la scène musicale depuis plus de cinquante ans.  Celui qui livrait, en 1963, un ouvrage qui fit sensation Penser la musique aujourd’hui, et qui se plaisait à décocher moult flèches assassines contre l’establishment du moment,

Giordano FERRARI (dir.) : La parole sur scène. Voix, texte, signifié« Arts 8 », L’Harmattan (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).  218 p.  21 €.

Eant dn notre siècle médiatisé privilégiant l’audiovisuel, l’importance de l’élocution et de la prononciation correcte, lors de cours, conférences, émissions radiophoniques, opéras… est bien connue.  Le présent volume résulte des actes du colloque concernant les représentations théâtrales, le glissement de la « conception d’un théâtre centré sur le texte - et ses multiples interprétations - à celle d’un théâtre fondé sur le rapport son-image ».  La voix, tant parlée que chantée, joue un rôle primordial car, en aucune manière, prosodie et pause de la voix ne doivent être négligées.  La préface de cet ouvrage, placé sous la direction de Giordano Ferrari, rend compte de cette rencontre de spécialistes universitaires français, anglais, grec, suisse, espagnol