Françoise ROY-GERBOUD : La musique comme art total au XXe siècle.

Françoise ROY-GERBOUD : La musique comme art total au XXe siècle.  Sons-couleurs-formes. Systémique et symbolique.  Préface de Janine Cizeron.  « Univers musical », L’Harmattan.  15,5 x 24 cm, 296 p., schémas, ex. mus. 29 €.

Depuis l’Antiquité, des liens profonds unissent sons, couleurs et formes musicales (Pythagore et Boèce, Newton, Louis-Bertrand Castel…) et ce, jusqu’à la volonté d’expression d’un « art total » au XXe siècle.  Deux grandes parties : « À la recherche d’un musique synthétique » (notion de système / systémique et musique / diachronie musicale / synchronie au XXe siècle), « Les acteurs privilégiés du système musical au XXe siècle » (Scriabine et l’ésotérisme / Kandinsky-Schönberg : à la recherche d’une création spirituelle / Messiaen : un esthétisme religieux / Xenakis : à la recherche d’une musique spatiale.

Audrey RONCIGLI : Le cas Furtwängler.

Audrey RONCIGLI : Le cas Furtwängler.  Un chef d’orchestre sous le IIIe Reich.  Avant-propos de Jeremy Menuhin.  Postface de Didier Francfort.  Imago (www.editions-imago.fr).  PUF Diffusion.  14 x 22,5 cm, 296 p. 23 €.

Arguant d’archives souvent méconnues, Audrey Roncigli se fait ici l’avocate du « musicien du diable ».  Lequel, mis à l’honneur par les nazis, n’adhéra jamais toutefois au parti national-socialiste et protégea, pour autant qu’il le put, les musiciens juifs du Berliner Philharmoniker.

Trois parties : Étapes d’une vie et d’une carrière/ Pour une histoire du « cas Furtwängler »/ Nouveaux champs de réflexion (répertoire de Furtwängler face au répertoire « officiel » / interprétations politiques des enregistrements de guerre…).  Bibliographie, filmographie.

Les Cahiers de Francis Poulenc, cahier n°1.

Les Cahiers de Francis Poulenc, cahier n°1.  Préface de Georges Prêtre.  Association Francis Poulenc (www.poulenc.fr).  15 x 21 cm, 220 p., nombreuses photos n&b.  15 €.

Enthousiasmant est ce premier Cahier consacré à celui qui écrivit : « Je ne suis pas un musicien cubiste, encore moins futuriste, et bien entendu pas impressionniste ; je suis un musicien sans étiquette ».  Propos confirmé par la postérité.  Extraordinaire est, en outre, l’iconographie d’un numéro dont le sommaire mérite d’être intégralement reproduit : Pourquoi les Cahiers (Benoît Seringe), Mes rencontres (Simon Basinger), Qui est Francis Poulenc ? (Benoît Seringe), Portrait du compositeur (Jean Roy), Ma passion pour Poulenc (Pascal Rogé), Poulenc et sa région (Simon Basinger), Ma bibliothèque idéale (Francis Poulenc), Apollinaire et Poulenc (David Ravet), Messe en sol majeur (Joëlle Brun-Cosme), Poulenc-Duval : une amitié intime (Bruno

Jacques DRILLON : Sur Leonhardt.

Jacques DRILLON : Sur Leonhardt.  « L’Infini », NRF/Gallimard.  14 x 20,5 cm, 204 p., photo n&b.  17,90 €.

« Sur Jacques Drillon », tel pourrait être le sous-titre de ce brillantissime essai où l’auteur se dévoile, tout en faisant un portrait inspiré de Gustav Leonhardt - claveciniste dont l’urbanité et l’élégance foncière, vertus cardinales, ne sont plus guère hélas en harmonie avec le monde contemporain.

Robert & Clara SCHUMANN : Journal intime.

Robert & Clara SCHUMANN : Journal intime.  Préface de Brigitte François-Sappey. Introduction de Marcel Brion.  Avant-propos d’Yves Hucher.  « Musique », Buchet/Chastel.  14 x 20,5 cm, 300 p., 18 €.

Tout autour de ce « Journal de raison » (1840-1843) – textes choisis et remarquablement traduits par Yves Hucher –, ont été réunis nombre de documents, journaux, lettres et souvenirs, corpus fort éclairant sur, d’une part, la personnalité des protagonistes, d’autre part, leur temps, leurs milieux et leurs familles.

Esther MEYNELL : La Petite chronique d’Anna Magdalena Bach.

Esther MEYNELL : La Petite chronique d’Anna Magdalena Bach.  « Le Félin poche » (www.editionsdufelin.com). 11,5 x 17,5 cm, 200 p.,   10, 90 €.

Célèbre récit apocryphe paru anonymement en Angleterre, cette charmante Chronique connut d’emblée un tel succès que son auteur, Esther Meynell, fut contrainte, en 1925, de dévoiler la supercherie.  Ce qui n’ôte rien aux qualités littéraires voire musicologiques d’une fiction historique, dont nulle référence ne put être sérieusement controuvée.

Gilles BOUDINET : Arts, Culture, Valeurs éducatives

Gilles BOUDINET : Arts, Culture, Valeurs éducatives. L’harmonie et le sublime, la monade et la raison : variations philosophiques et musicales des Lumières à la postmodernité.  L’Harmattan.  236 p.  21,50 €.

Dans une première partie consacrée à l’époque de la modernité, l’auteur traite de l’harmonie leibnizienne et du sublime kantien.  On mesure toute la différence entre l’harmonie naturelle, capable de transcender et de synthétiser la diversité monadique, et le sublime qui effectue l’inverse, en affirmant l’inadéquation entre perçu et conçu, annonçant une polarité diérétique où l’art pourra s’installer. À l’harmonie naturelle préétablie, Kant substitue l’a priori de la raison pure (instance transcendantale) pour réaliser la nécessaire synthèse. Le drame concentrationnaire conduit à une radicale remise en cause du criticisme kantien, notamment par Adorno et Horkheimer.

Sophie HERR : Geste de la voix et théâtre du corps.

Sophie HERR : Geste de la voix et théâtre du corps.  Corps et expérimentations vocales à la croisée des pratiques artistiques du XXe siècle à nos jours. « L’art en bref », L’Harmattan.  141 p., 14 €.

La voix est un geste du corps. Sophie Herr insiste sur le lien indéfectible qui unit le corps, la voix et le souffle. L’ambivalence de la voix, c’est d’une part la voix comme objet sonore et d’autre part le geste vocal comme praxis corporelle.  Le geste vocal fait entrer le corps dans une danse et, inversement, la danse du corps permet le chant de la voix. Au XXe siècle, la voix s’affirme non plus comme spectre d’un Verbe qui lui préexiste, mais comme présence d’un corps (corporéité de la voix).  Au travers du geste vocal, c’est le corps qui opère le lien entre visible et audible. Un nouveau champ d’expérimentation s’ouvre avec la médiation machinique ; tout ce qui ressemble à la voix n’est plus nécessairement voix, simulée par une technique de synthèse,

Jean-Claude RISSET : Du songe au son

Jean-Claude RISSET : Du songe au son.  Entretiens avec Matthieu Guillot.  L’Harmattan.  224 p. 21 €.

Ce livre est composé d’une série d’entretiens avec Jean-Claude Risset (physicien et compositeur) permettant une présentation de son œuvre, musicale et scientifique.  Devenu, par la composition assistée par ordinateur, l’un des acteurs les plus importants de la révolution musicale du XXe siècle, il n’a cessé de s’interroger sur la recherche de nouvelles sonorités. La première partie, consacrée à l’histoire de la musique retrace les étapes de cette recherche : musiques sérielle, concrète, électroacoustique et numérique – cette dernière limitant la fragilité et les aléas de la technologie et ouvrant un domaine sonore plus stable, reproductible et sans limite dans la complexité du son. Dans la seconde partie, Jean-Claude Risset commente et analyse plusieurs de

Patrick SCHEYDER : La musique : plaisirs et peurs.

Patrick SCHEYDER : La musique : plaisirs et peurs. Essai. L’Harmattan, 118 p., 12,50 €.

Pianiste, improvisateur et compositeur, l’auteur milite ici pour un abord global de la musique, car la musique, c’est le plaisir de « faire du son », quelle qu’en soit la forme (improvisation, interprétation, composition), plaisir délivré de la peur qui élague les initiatives et brise les inventions. L’auteur dénonce toute forme de spécialisation outrancière et mutilante, toute vision réductrice de la musique, comme autant de moteurs de la peur.  L’improvisation revalorise l’instant présent en refusant les filtres censurants de la postérité ; elle est à la fois instinctive, magique et s’oppose à la raison et à son idéal pour retrouver l’humanité du cœur. La peur (peur de se montrer, peur d’être mal aimé) doit être transformée en énergie constructive. Le musicien doit

Francis Poulenc et la voix.

Francis Poulenc et la voix. Texte et contexte.  Ouvrage collectif sous la coordination d’Alban Ramaut. Actes et colloques. Publications de l'Université de Saint-Étienne, « Musicologie ». Symétrie, 280 p.

Cet ouvrage passionnant reprend les actes d'un colloque organisé en 2002, à Saint-Étienne, sur le thème de la musique vocale de Poulenc.  Étude des œuvres comme du contexte de leur création, marquée au sceau « d'une étonnante perspicacité culturelle » ou comment conceptualiser en musique un texte pour produire « un analogue sonore de la lecture, voire de l'émotion poétique ». L'analyse aborde moult facettes. L'intime perception chez cet « épicurien de la langue française » de la poétique des auteurs mis en musique : Jules Renard (Le Bestiaire, qu'il ne faut surtout pas chanter « avec des intentions »), Cocteau, Apollinaire, chez qui cet héritier de Fauré trouve les justes liens qui unissent musique et poésie, en adaptant le débit,

LANG LANG : Le piano absolu

LANG LANG : Le piano absolu. L'éducation d'un prodige. « Pocket », Lattès.  Texte intégral.  277 p.

À 26 ans et déjà auteur de sa propre biographie ! Rien ne peut étonner de la part de ce pianiste aujourd'hui couvert de gloire, coqueluche médiatique, qui a tôt fait sien ce credo « numéro un, numéro un, numéro un ». Virtuose, mais à quel prix. Voilà ce qu'il nous conte au fil d'un texte qui se lit comme un roman, même si la dernière partie, celle du succès enfin reconnu à l'international, est plus que rapidement survolée.  Une enfance tout sauf facile, gouvernée par un père dictatorial au point d'en devenir violent envers celui qu'il protège. Car,système éducatif chinois oblige, il faut aller toujours plus haut, être le premier partout, au prix de terribles privations. Le sacrifice de la vie d'un enfant qui aurait pu être comme les autres, l'étude forcenée du

Frédéric PLATZER : Le top 100 du classique.

Frédéric PLATZER : Le top 100 du classique.  Ellipses (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).  210 p. 12,50 €.

L’auteur, avec son talent pédagogique habituel, a sélectionné cent œuvres célèbres que certains auditeurs « incapables d’identifier la forme » ne connaissent que « très superficiellement » ou d’après de fausses légendes : Lettre à Élise (en fait : à Thérèse) ; l’Adagio (pas d’Albinoni)…  Son choix porte sur des « tubes » émanant des époques baroque, classique, romantique, moderne, et des formes telles que danses, sonates, symphonies, concertos, airs d’opéra, musique à programme…  La présentation claire et aérée va droit à l’essentiel et concerne systématiquement « le contexte », les compositeurs, les points-clés, ce qu’il faut savoir, les caractéristiques techniques, le plan, avec exemples musicaux à l’appui et une rubrique qu’il intitule :

Performance(s). Cahiers d’Ethnomusicologie n°21

Performance(s). Cahiers d’Ethnomusicologie n°21. Infolio/Ateliers d’ethnomusicologie (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), Genève, 2009.  355 p.

Dans l’Université française, l’ethnomusicologie en tant que discipline à ses débuts dans les années 1950 - autour de C. Brailoiu, Tran Van Khe, entre autres, lors de réunions à l’Institut de Musicologie de la Sorbonne, à l’initiative du Professeur Jacques Chailley - est rapidement devenue une discipline à part entière, comme le prouvent les nombreux colloques, articles ultérieurs et notamment les Cahiers d’Ethnomusicologie fondés à Genève, en 1988, dans le cadre des Ateliers d’Ethnomusicologie, soutenus par la Société Française d’Ethnomusicologie. Ils s’imposent, à côté de tant de publications anglophones ; le n°21 ayant pour thème Performance(s), au sens d’exploit, d’interprétation, d’approches diverses, tient compte à la fois des situations

Hector BERLIOZ : Critique musicale. Vol. 6 (1845-1848)

Hector BERLIOZ : Critique musicale. Vol. 6 (1845-1848).  Édition critique par Anne Bongrain & Marie-Hélène Coudroy-Saghaï.  Buchet/Chastel, 2008. XX-543 p.  49 €.

Pour la période considérée, Berlioz est au faîte de son activité professionnelle et voyage beaucoup, surtout pour diriger et faire connaître ses œuvres, tant en France (Lille, Lyon, Marseille) qu'à l'étranger (surtout Vienne, Pest, Prague, Saint-Pétersbourg, Moscou et Berlin). Plusieurs articles – intitulés « Voyage musical » – décrivent la situation musicale dans ces différentes villes. Berlioz voit de nombreuses œuvres lyriques : il assiste à la création d'une douzaine d'opéras-comiques, écoute plusieurs opéras et rend compte, souvent de manière fort détaillée, des œuvres entendues, en particulier en décrivant de façon très circonstanciée le contenu des livrets. Il est, entre autres, d'un enthousiasme débordant pour Le Val d'Andorre d'Halévy.  Mais il n'oublie

Jazz me blues.

Jazz me blues.  Anthologie proposée par Jean-Paul Gratias.  Moisson rouge (www.moisson-rouge.fr). 384 p., 18 €.

« Tout d’abord la mélodie s’est perdue. Puis tout s’est perdu tandis que l’instrument volait.  Ce n’était pas seulement du jazz, mais le cœur du jazz, ses tripes, arrachées avec les racines et à la vue de tout le monde » (C. Beaumont).  14 nouvelles autour du jazz et du blues, dont la moitié inédites.  14 nouvelles bien noires, bien poisseuses, mais avec des moments de grâce, entre Paris, Londres, L.A. ou N.Y.  Par, entre autres, D. Grubb, M. Boujut ou L. de Wilde, habituellement derrière un piano.

Marcel VAL : Lexique d’acoustique

Marcel VAL : Lexique d’acoustique.  Architecture, environnement, musique.  « Univers musical », L’Harmattan.  Schémas, index, bibliographie.  266 p.  25 €.

Rédigé par un ingénieur acousticien réputé, ce lexique plein d’équations mais teinté d’humour ou de poésie comblera celles et ceux qui souhaitent approcher une science bien complexe dont la musique est « partie intégrante ».

Pascal DUSAPIN : Une musique en train de se faire.

Pascal DUSAPIN : Une musique en train de se faire. « Librairie du XXIe siècle », Seuil.  208 p., ex. mus., figures, photos, catalogue des œuvres.  18 €.

Suite à son année d’enseignement au Collège de France (2007), l’énergique et prolifique Pascal Dusapin (°1955) expose dans un premier livre ses idées sur la composition.  Peu soucieux de construction théorique ou d’analyse (« un artiste authentique ne sait pas »), il nous fait partager un peu de son « faire », dévoilant quelques procédures générales ou modèles inspirateurs empruntés aux arts ou aux sciences (morphogénèse de Thom).  Il est ainsi surtout question de forme : bord, dérivation, courbure, détour, greffe, « hétérogénéité de mouvements épars et multiples »…  Le compositeur, dont la musique est souvent théâtralement tendue, présente en fin de volume chacun de ses six opéras.

Jean-Paul MANDEGOU : Les Folles Journées autour du monde.

Jean-Paul MANDEGOU : Les Folles Journées autour du mondeCheminements.  216 p.  35 €.

Alors que la Folle Journée de Nantes en est à fêter son quinzième anniversaire et qu'elle a essaimé à l'étranger, le journaliste Jean-Paul Mandegou retrace ce rêve fou, révolutionnaire, qu'osa René Martin, pour rapprocher la musique du public. De bonnes fées se penchèrent sur le berceau, « une occasion unique de se rouler dans la musique » dira Anne Queffélec.  On connaît le succès foudroyant de l'entreprise, qui s'enfla au point de devenir un mini-festival hivernal incontournable – et ils sont bien peu à déroger à la sacro-sainte manie estivale – au point de susciter l'ire de certain Beckmesser parisien.  C'est précisément ce déclic qui est à l'origine de l'ouvrage. Il fallait le dire et l'affirmer haut et fort, arguments et images à l'appui : le public est là, les

Oliver SACKS : Musicophilia. La musique, le cerveau et nous.

Oliver SACKS : Musicophilia. La musique, le cerveau et nous.  Traduit de l'anglais par Christian Clerc.  « La couleur des idées », Le Seuil.  472 p.  25 €.

L'auteur de L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau n'a pas fini de nous étonner et d'enrichir la connaissance quant aux effets de la musique sur les pathologies humaines. On sait de manière diffuse quel est le pouvoir de la musique de nous émouvoir jusqu'au tréfonds. Pourquoi : parce qu'elle « est le seul art à être à la fois totalement abstrait et puissamment chargé d'émotion ». On connaît moins l'effet réparateur de la musique sur les personnes atteintes de troubles moteurs, du langage ou de la maladie de Parkinson, qu'elle aide à retrouver un certain équilibre, de la maladie d'Alzheimer qu'elle apaise, des amnésiques auxquels elle parvient à restituer des souvenirs. Sacks l'explique, exemples à l'appui, à travers des études de cas et des

Droit et opéra.

Droit et opéra. Actes du colloque tenu à Paris et à Poitiers, en 2007/2008, sous la direction de Mathieu Touzeil-Divina & de Geneviève Koubi.  Université de Poitiers.  Collection de la Faculté de Droit et des Sciences sociales, LGDJ.  374 p.  33 €.

Ces deux mots n'ont a priori pas vocation à être rapprochés. C'est pourtant le thème d'un colloque tenu à Paris et à Poitiers réunissant juristes, musicologues, musiciens et amateurs d'opéra. Il n'est pas vain de confronter deux mondes que tout sépare pour s'apercevoir que l'opéra est au cœur d'un entrelacs juridique : égal accès à l'opéra, liberté d'expression, propriété intellectuelle des œuvres, droits des interprètes, mécénat, décentralisation, ou plus globalement service public de l'opéra, autant de questions à débattre. Les actes de cette recherche sans précédent – qui se poursuit d'ailleurs - sont réunis en un ouvrage exhaustif qui analyse bien des facettes de la problématique, à la lumière des pièces elles-mêmes. Ne traite-t-on pas de questions

Mikhaïl RUDY : Le Roman d'un pianiste.

Mikhaïl RUDY : Le Roman d'un pianiste« L'impatience de vivre ». Éditions du Rocher, 205 p.  20 €.

Passionnant récit d'une vie singulière – qui n'en est sans doute qu'à sa première moitié – que ce roman écrit à la première personne par le pianiste Mikhaïl Rudy. Cela commence comme un conte « La musique est entrée dans ma vie presque par hasard », pour cheminer de cauchemar en surprise. Car celui qui fut formé par les plus grands professeurs russes et répétait la nuit dans la salle vide du Conservatoire de Moscou a mordu la poussière avant de dévorer la vie à belles dents. Il sera un sérieux opposant au régime soviétique, n'hésitant pas à braver les sbires du KGB. Cette saga palpitante se lit tel un policier. Il croisera à cet égard Mstislav Rostropovitch - à qui il voue une affectueuse admiration. L'admiration, il l'aura aussi pour des personnalités aussi diverses que Messiaen, Karajan, Chagall.  Il aime la littérature française et lit très tôt – dénichés sous le manteau, à Moscou – Proust aussi bien que Diderot, se pique de spiritualité et se fait poète. Son destin musical se construira rapidement de victoire en victoire sur lui-même, sur les événements, sur les difficultés de la vie d'un jeune homme russe dans les années 60. Et puis quelle occasion de croiser toutes ces figures de légende que furent Oïstrakh, Guilels, Richter ou encore Dmitri Chostakovitch.  Ce qui fait tout le prix de cette biographie c'est la spontanéité, le juste, le vrai.