Barbara WOJCIECHOWSKA (dir.) : De la musique avant toute chose. Notes linguistiques et littéraires, Paris, L'HARMATTAN (www.harmattan.fr), 2014, 168 p. – 17 €.

Paul Verlaine, mort en 1896, serait peut-être surpris que son adage bien connu serve de titre à un ouvrage du XXIe siècle. Toutefois, cette étude concerne les relations entre la littérature et la linguistique, discipline scientifique lancée au XXe siècle dans le sillage de Ferdinand de Saussure (1857-1913). Ces actes du Colloque International de Lecce (novembre 2012) regroupent, outre la Préface, dix textes de divers auteurs évoquant les « problèmes d'entente entre le librettiste et le compositeur » ; rappelant que « la musique n'est pas dans les paroles : exemples de Verlaine, Baudelaire, Fuzelier » ; abordant les « Stratégies métriques et traduction des textes chantés ».

Les poètes ont pu être influencés par la pensée musicale : c'est le cas du Phèdre de Racine. D'autres communications concernent : « Discours et musique dans Maximilien Kolbe (1988). Opéra d'Eugène Ionesco et de Dominique Probst » ; « Musique et Institutions onusiennes. La musique dans les discours de l'UNESCO et de l'UNICEF » ; « De l'opéra français avant toute chose. Pierre Perrin, premier théoricien de l'opéra français ». D'autres aspects sont abordés : « musique, mémoire et souffrance sonore… » et les « aspects sociolinguistiques et fonctions rhétoriques du langage rap en France »… : autant de réflexions enrichissantes à propos des relations entre musique et littérature, métrique musicale et métrique littéraire, et des « associations comme poésie, chant, rythme, voix, musicalité, mélodie, harmonie, dissonance, timbre, chanson, genre ». Ces nouvelles perspectives faciliteront l'interrogation sur la primauté du texte par rapport à la musique et permettront de mieux appréhender notamment l'esthétique des émotions et la sociolinguistique.