Antonia SOULEZ : Sons voisés. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editionsdelatour.com ), Collection « Quatuor », 2017, 74 p. - 11 €.

« Sons voisés, ou ici manière de faire jouer ensemble des sons de diverses textures, autour des possibilités douces ou dures, sourdes, fuyantes ou vives de composer quelques figures avec langue » (selon la dernière de couverture) : telle est la démarche des textes en prose associés à des collages de Natalia Smolyanskaya. Ils évoquent le vent, l’ouragan, le silence de mort : C’était en 1919, mais aussi l’extase, grâce à des illustrations dynamiques pleines d’élan ou encore le souffle de l’âme (die Seele). Textes des poèmes « intonés » (à lire à haute voix) et dessins (à admirer conjointement) sont indissociables : l’un renforçant l’autre et vice versa, le plus impressionnant étant Auschwitz avec ses nuances de gris, de gris violacé et barrées d’un trait noir ascendant fort significatif. Euphonie, rythme des phrases, musique des mots convergent en un agréable bouquet de sons et de couleurs.