Yannick SIMON : Composer sous Vichy.  « Perpetuum mobile », Symétrie.  424 p.  40 €.

Dans ce livre, Yannick Simon met au jour la problématique posée aux compositeurs français sous le régime de Vichy : promouvoir la musique française, occuper le terrain de la vie musicale.  Le respect de cette ligne de conduite impose des accommodements avec l’État et les autorités allemandes ; les compositeurs restent pour la plupart sur la réserve, évitant collaboration et maréchalisme. Marquant peu d’empressement à s’engager, ils affirment la primauté corporative. Peu nombreux sont les compositeurs, à l’exception de Poulenc, Auric et Durey, qui suivent scrupuleusement la conduite édictée par le Front National de la Musique (« Pas de collaboration !  Ni de participation aux manifestations de trahison !») La plupart, comme

Honegger, font preuve d’un comportement plus opportuniste face à la nouvelle politique musicale en essayant de garder un difficile équilibre entre idéologie, parts de marché et nécessités pécuniaires immédiates. Le consensus se fait autour de la défense de la musique française, symbolisée par Debussy s’opposant à Wagner et, par là, s’opposant à l’Allemagne. Pour autant la musique qui se singularise par un autre langage, éloigné du néo-classicisme, ne disparaît pas ; Messiaen se présente comme le chef de file de cette nouvelle esthétique, bientôt relayé par Boulez.  Avec l’après-guerre commence le temps des ruptures mises en sommeil pendant quatre ans. Un livre original par son sujet, parfaitement documenté, qui saura intéresser, voire surprendre, tous les amateurs de musique et d’histoire.

(couverture Composer sous Vichy)