Alexandre DRATWICKI (Ouvrage coordonné par) : Hérold en Italie.  Éditions Symétrie, en collaboration avec le Palazetto Bru Zane, Centre de musique romantique française. 2009.  438 p.

Cet ouvrage fort documenté comble une injustice : l'oubli dans lequel on avait enfermé Louis-Ferdinand Hérold (1791-1833), dont on ne se souvient pas toujours qu'il est l'auteur de Zampa et du Pré aux clercs.  Encore que le comble serait de l'enfermer dans le répertoire de l'opéra-comique.  Car il fut beaucoup plus, un « espoir de l'école française à l'orée du romantisme » (Patrick Taïeb).  Son style brillant, fait de verve et de pittoresque, est fondé sur « un équilibre raisonnable » qui s'accompagne d'« une virtuosité bien tempérée » (Olivier Bara). Il manifeste une imagination formelle qui le place plus dans le sillage de Méhul et de Chérubini que dans le « rossinisme » ambiant.  Le livre a pour dessein d'investiguer un moment fort

de la vie du musicien, relativement peu connu : sa jeunesse, et plus particulièrement les deux voyages qu'il fit en Italie, entre 1812 et 1815, puis en 1821.  Diverses contributions scientifiques comme de larges extraits de la correspondance qu'il entretient alors avec sa mère éclairent l'influence que ces deux séjours dans la péninsule auront sur l'homme et son œuvre. C'est aussi l'occasion de toucher du doigt la richesse de la vie musicale au début du XIXe siècle et la prégnance qu'exerce alors l'Italie sur les artistes, français notamment, grâce au Prix de Rome.  La pension à la Villa Médicis offre libertés et contraintes : la vie mondaine de la capitale, le travail souvent fastidieux à rendre pour les envois.  Hérold s'adonne sans difficulté à l'une et à l'autre. Ne sera-t-il pas un des premiers, en 1812, à se voir décerner le prix avec sa cantate La Duchesse de La Vallière !