Bernard FOURNIER- Paris, FAYARD (www.fayard.fr/). Coll. « Les Chemins de la Musique », 2016, 439 p. - 23 €.

Dès le premier concert auquel, alors âgé de 8 ans, il a assisté, Bernard Fournier a été fasciné par Beethoven et, en particulier, par sa 7e Symphonie qui, selon ses dires, fut une « vraie illumination ». Par la suite, il a affirmé : « Beethoven est ma grande passion », au point de s’imposer comme analyste avisé, interprète (quatuor semi-professionnel) et chercheur. Il lui a consacré son premier article et, surtout, sa thèse de Doctorat ès-lettres sur la modernité du compositeur, gravitant autour de trois paramètres : énergie — comme il le rappelle dans son entretien avec Dominique Prévot, membre de l’Association Beethoven France —, espace, temps sur lesquels repose le présent livre. À partir de cet original plan tripartite, il élargit la première notion en « énergie extériorisée ».



L’auteur met l’accent sur l’aspect esthétique et démontre que le génie de Beethoven est « le fruit d’un immense travail et d’un puissant effort ». Le musicien a exploré l’âme humaine, étudié l’expression de sa spiritualité sous l’angle de la transcendance et du dépassement. Au fil des pages, certains lecteurs seront sensibles à l’aspect psychologique et humaniste, méditatif et intériorisé ; d’autres apprécieront l’aspect compositionnel et didactique avec la logique de l’événement autour des notions de durée, de temps, de répétitions notamment dans les grandes formes ; le rôle du silence, le côté visionnaire et, finalement, l’originalité de la pensée du compositeur. Plusieurs Annexes, dont un Glossaire technique, une Bibliographie sommaire (ouvrages en langue française), seront utiles.

D’une manière générale, ce volume est bien conçu, sans illustrations, ni exemples musicaux, mais avec pour les œuvres commentées un utile renvoi à des interprétations de références, aux chefs, interprètes et à la Discographie. Voilà un portrait global de Beethoven « homme hors du commun » et « puissant génie créateur », un aperçu de sa « musique métaphysique » avec « une visée spirituelle et transcendante ». À la question posée dans son ultime Quatuor : « Muss es sein ? », Beethoven répond : «  Es muss sein » (Cela doit être). Il en sera de même pour la lecture de cette somme de réflexions : elle s’impose et suscitera une vraie passion contagieuse pour le Maître de Bonn.
Édith Weber