Hector BERLIOZ : Critique musicale. Vol. 6 (1845-1848).  Édition critique par Anne Bongrain & Marie-Hélène Coudroy-Saghaï.  Buchet/Chastel, 2008. XX-543 p.  49 €.

Pour la période considérée, Berlioz est au faîte de son activité professionnelle et voyage beaucoup, surtout pour diriger et faire connaître ses œuvres, tant en France (Lille, Lyon, Marseille) qu'à l'étranger (surtout Vienne, Pest, Prague, Saint-Pétersbourg, Moscou et Berlin). Plusieurs articles – intitulés « Voyage musical » – décrivent la situation musicale dans ces différentes villes. Berlioz voit de nombreuses œuvres lyriques : il assiste à la création d'une douzaine d'opéras-comiques, écoute plusieurs opéras et rend compte, souvent de manière fort détaillée, des œuvres entendues, en particulier en décrivant de façon très circonstanciée le contenu des livrets. Il est, entre autres, d'un enthousiasme débordant pour Le Val d'Andorre d'Halévy.  Mais il n'oublie

pas les interprètes, les chanteurs Duprez, Jenny Lind, Julie Dorus-Gras, les pianistes Thalberg, Liszt, Léopold de Meyer, la jeune Sophie Bohrer, et bien d'autres encore. Il s'intéresse aux créations d'instruments nouveaux par Adolphe Sax et à l'enseignement dans les diverses classes du Conservatoire, où il plaide pour la création d'une classe de rythme.  On reste toujours en admiration devant le style du compositeur, sa verve, son brio, sa plume alerte, son goût de l'humour et de la satire, sa vivacité; bref, on assiste à un véritable feu d'artifice qui rend la lecture extrêmement agréable. Le panorama musical de l'époque revit sous nos yeux avec beaucoup d'acuité.

Le travail d'édition est remarquable. L'introduction explicite parfaitement le contenu du livre et les annotations, abondantes et précises, sont très instructives. On apprécie que les nombreuses citations dont Berlioz – homme fort cultivé – émaille son discours, soient presque toujours identifiées. Les résumés clairs et précis de tous les articles en fin de volume (intitulés « sommaires ») sont un apport