Patrick SCHEYDER : La musique : plaisirs et peurs. Essai. L’Harmattan, 118 p., 12,50 €.

Pianiste, improvisateur et compositeur, l’auteur milite ici pour un abord global de la musique, car la musique, c’est le plaisir de « faire du son », quelle qu’en soit la forme (improvisation, interprétation, composition), plaisir délivré de la peur qui élague les initiatives et brise les inventions. L’auteur dénonce toute forme de spécialisation outrancière et mutilante, toute vision réductrice de la musique, comme autant de moteurs de la peur.  L’improvisation revalorise l’instant présent en refusant les filtres censurants de la postérité ; elle est à la fois instinctive, magique et s’oppose à la raison et à son idéal pour retrouver l’humanité du cœur. La peur (peur de se montrer, peur d’être mal aimé) doit être transformée en énergie constructive. Le musicien doit

retrouver la confiance en lui-même et en sa musique, laisser parler son imaginaire, réaffirmer son unité, sa joie, sa liberté.  Ce livre est, à l’évidence, un pamphlet contre les méthodes actuelles d’enseignement de la musique, en même temps qu’un plaidoyer pour une musique, à la fois, libérée et libératrice. Le geste, le corps, le désir, l’amour, le plaisir, le son, voilà le programme ! Et si le progrès n’était, en définitive, que ce qui reste de l’utopie lorsqu’elle s’est réalisée…