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Catégorie : Livres

Association Beethoven France et Francophonie : Beethoven hier et aujourd’hui Ablis, ABF (19, rue de l’Étang, 78660 ABLIS, www.beethoven-france.org ), n°19, 2e semestre 2016, 140 p. 12 €.

Dominique Prévot rappelle que la Philharmonique organise jusqu’à fin janvier 2017, à la Cité de la Musique, l’Exposition nationale : Ludwig van. Le mythe Beethoven et que plusieurs ouvrages et CD importants lui ont été consacrés. Dominique Reniers a signé la suite de l’article « Beethoven et son entourage (III) ». Il s’agit de souvenirs de Karl Amenda (1771-1836), de leurs rencontres régulières à Vienne et de leur correspondance (avec citation de nombreux extraits de lettres) et d’un extrait autographe (Lettre du 1er juillet 1801). Il insiste toutefois sur les limites de l’approche biographique. Cet article est accompagné d’un tableau synoptique des relations établies avec des membres de la Cour et amis communs. Le dossier réalisé par le même auteur : « Beethoven, hier et aujourd’hui : entre portraits et musique » présente la prochaine exposition à la Philharmonique. Michel Rouch retrace l’histoire du célèbre masque mortuaire de Beethoven par Franz Klein : « du moment de sa réalisation à son utilisation par d’autres sculpteurs et peintres qui s’en sont inspirés », accompagnée de très nombreuses illustrations et de copies situées dans leurs divers contextes. Pour sa part, Cléo Garcia propose des « lectures du masque de Beethoven par des artistes en France », analyse les diverses expressions et en dégage « le génie immanent ». Au fil des pages, apparaît une autre image de Beethoven.
Nos lecteurs seront plus intéressés par la deuxième partie du Dossier concernant « Beethoven et la musique », avec deux contributions de Bernard Fournier : « Beethoven et le silence » et « La Missa solemnis, chef-d’œuvre mal entendu », XIe partie consacrée à l’Agnus Dei. Élisabeth Brisson aborde « Appassionata, une sonate emblématique de la passion beethovénienne », le mot « passion » caractérisant la musique du compositeur. C’est aussi le cas de la Sonate au clair de lune. Elle démontre, œuvres à l’appui, les différents acceptions du mot passion : « profond désespoir », « envahissement progressif de l’exaltation » ou encore « fureur », « déchaînement des forces », « exaltation paroxystique après une descente dans le profond désespoir », « démarche rédemptrice, initiatrice »… É. Brisson conclut que la passion beethovénienne passe par « la voix neuve d’une invention partageable. Beethoven, héros comme Prométhée, grand homme comme Socrate et Jésus, a l’intime conviction d’œuvrer à la libération de l’humanité, à sa rédemption, en lui permettant de s’élever spirituellement. » (p. 138). Diane Kolin s’est beaucoup intéressée aux pièces de théâtre consacrées à Beethoven, et présente Le Jardin aux betteraves (1969) du comédien et dramaturge Roland Dubillard. Ce titre insolite rappelle qu’en vieux flamand, le nom du compositeur signifie « champ de betteraves ». Les protagonistes sont : Guillaume (chef du Quatuor Schewezig et 1er violon), Milton (second violon), Camoëns (violoncelle) et Angélique (alto) passionnée de Beethoven. Un paysan du coin vient agrémenter leurs répétitions, et la salle — comportant un buste de Beethoven — tour à tour, devient un train, un bateau ou un sous-marin. Il s’agit d’« un drôle d’univers, mais on y prend goût ! ».
Autant de thèmes de réflexion autour des œuvres, du masque et des états d’âme de Beethoven. Cette nouvelle publication, associée à une présentation critique et analytique des derniers ouvrages sur Beethoven, démontre une fois de plus la continuité de la démarche et la vitalité de l’Association Beethoven France et Francophonie.