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Catégorie : Livres

Pascal GRESSET (éd.) : Tempo Flûte. Paris, Revue de l’Association d’Histoire de la Flûte française (www.tempoflute.com ; Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ; 7, rue Louis Pasteur 95777 Saint-Clair-sur-Epte), numéro 15, premier semestre 2017, 8e année, 68 p. – 8 € (+ frais de port).

Fondée en 2009, organe de l’Association d’Histoire de la Flûte française, présentée à plusieurs reprises dans la Lettre d’information, cette Revue s’adresse aux spécialistes. Le numéro concerne une personne, une œuvre, un article de fond, une facture (flûtes Parmenon), un concours, le souvenir d’Aurèle Nicolet et des informations concernant l’actualité.
Pascal Gresset a réalisé l’entretien avec Gaby Pas-Van Riet qui, en septembre 2016, vient de prendre sa retraite de flûte solo à l’Orchestre symphonique de la Radio de Stuttgart, où elle a été active pendant 33 ans, sans pour autant interrompre ses activités artistiques et pédagogiques (enseignement en Belgique, à l’Université de Stuttgart, puis d’Anvers, où elle a formé de nombreux professeurs). Elle relève que, si le niveau général est plus élevé, « il existe moins de fortes personnalités » et conclut que « le goût de la virtuosité, comme le goût de l’ordinateur, peuvent entraîner un manque de patience dans le travail. » Son parcours y est résumé de façon très vivante.


Le compositeur Thierry Pélicant présente son Sextuor d’été et son Milonga (Septuor) créé en 2012. Né en 1957, sa musique est « souvent imagée et d’accès immédiat ». Comme il le rappelle, milonga est une danse, une habanera endiablée, mais désigne aussi le lieu où l’on danse. Elle comprend un tango, une valse-tango, le final… et une milonga. Le Sextuor d’été (composé en 2015, créé fin août au Festival de Giverny) pour flûte, quatuor à cordes et piano, comporte trois mouvements : Canicule, La nuit et Tour de France. Chaque instrument peut y briller, mais « c’est la flûte qui remportera l’étape ! » (selon son commentaire datant de 2016). Eva Kingma évoque ensuite le fabriquant de flûtes Bickford Brannen (né en 1941), ayant cessé ses activités en 2007. Il rappelle comment il s’est orienté vers la facture de flûtes à partir de 1961 et donne son avis sur les flûtes fabriquées de nos jours d’après le système d’Eva Kingma. Elle lui est très reconnaissante.
La facture des flûtes Parmenon fait l’objet d’un deuxième article résultant de l’interview de Rémi Caron et Pierre Helou à propos du « catalogue, des options, de la distribution, des matériaux, de l’échelle, de précisions techniques et de l’expérimentation » dans une perspective d’amélioration des « modèles actuels, aussi bien du point de vue acoustique que technique ».
Luc Mangholz a remporté le Premier Prix du troisième Concours international Theobald Böhm de flûte et flûte alto, organisé par la Société Theobald Böhm en collaboration avec la Société allemande de la flûte et la Hochschule für Theater und Musik de Munich. Ludwig Böhm s’entretient avec lui. Il résume sa formation à l’École de musique de Lambres-les-Douai, auprès de Stéphanie Kandiac dès l’âge de 7 ans, puis, de 9 à 15 ans, il a été l’élève du Conservatoire de Douai et s’est ensuite inscrit au CNR de Paris, puis a suivi le programme Erasmus à Munich ainsi que les cours de flûte avec Andrea Lieberknecht et de déchiffrage et de traits d’orchestre avec Philippe Boucly. Il signale à Pascal Gresset qu’actuellement, il aspire à entrer dans un orchestre et à se perfectionner.
Günter Rumpel poursuit ensuite ses « réflexions critiques » sur Aurèle Nicolet (1926-2016), « un artiste complet dans les bouleversements de l’après-guerre ». Il insiste sur la responsabilité des musiciens professionnels vis-à-vis du répertoire, sur le parcours des écoles nationales à une école globale et sur les problèmes esthétiques (tonalité-atonalité). Après son décès, un remarquable concert a eu lieu en son hommage à Bâle, à l’Église Saint-Martin.
La rubrique Actualités concerne les impressions de Ludwig Böhm à propos du Festival suisse de La Côte, puis de ceux de Villarrica (Chili) et de Porto (Portugal). Ce numéro se termine par une sélection de disques avec flûte (p. 61-63) et de partitions pour flûte et instruments divers, et recueils et la présentation de méthodes (p. 65-67). Ce volume s’impose d’une part par sa remarquable présentation et la qualité de l’illustration (artistes, partitions, instruments) et d’autre part par le souci d’information.