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Catégorie : Livres

Marc Vignal : Ralph Vaughan Williams . Bleu Nuit éditeur, 1 vol. 2015, 176p, 20€.Écrire un livre sur un compositeur aussi important que Vaughan Williams, non-conformiste notoire, implique de l'être soi-même tant soi peu. Voilà un livre remarquablement scolaire quantitativement et qui fait honneur, hélas, à une musicologie sèche, dépourvue de souffle et d'émotion … que des faits, que des faits. Voilà qui aurait bien plu à Thomas Gradgrind, ce sinistre personnage créé par Charles Dickens (1812-1870) pour son Hard Times, for these times (1854). En ce cas, l'éditeur aurait été

bien avisé de veiller aux coquilles, à une présentation plus souple et aérée notamment en ce qui concerne les citations par ailleurs excellentes et fort bien choisies. Autre qualité, l'iconographie qui nous fait respirer dans ce parcours du combattant. Sur le fond, il y a d'autres objections à faire malgré une bonne introduction (p. 5-7), assez prometteuse. Bien que j'y relève une phrase qui me surprend lorsque je lis que « vers 1900 [le caractère anglais] ne disposait pas encore, pour s'épanouir, de tous les outils nécessaires ». Un tel lieu commun m'effraie tant il est injuste à l'endroit d'une culture si identifiée, si caractéristique, depuis au moins John Dunstable (ca 1390-1453). Et, lorsque, page 26 en note 12, il est écrit que Ralph Vaughan Williams aurait été sensible à « un certain impressionnisme à la française », je ne sais plus que dire. Oh que non, il en était à des années lumières ne serait-ce que du point de l'éthos. Dénigrer Sir Charles Hubert Hastings Parry (1848-1918) et Sir Charles Villiers Stanford (1852-1924) au profit de Maurice Ravel (1875-1937), p. 32, me semble de même quelque peu abusif. Avec ce dernier, Vaughan Williams a certes entretenu de très amicales relations mais sans plus. En réalité, il est l'aboutissement d'une longue aventure musicale spécifiquement anglaise qui, à l'instar de son caractère, s'est forgée envers et contre tout. Bien sûr, Marc Vignal connaît fort bien son sujet. Tout y est ou presque…