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Catégorie : Livres

En feuilletant cet ouvrage collectif (25 auteurs), les lecteurs seront d'emblée fascinés par la qualité et la diversité des nombreuses illustrations, figures et documents iconographiques très révélateurs de l'instrumentarium médiéval : miniatures, gravures, chapiteaux, fresques, photos, instruments et instrumentistes, ainsi que manuscrits (Psautiers). Ils seront avides d'en apprendre davantage au sujet des travaux du Colloque intradisciplinaire (Paris et Chartres, 2014) ayant réuni des historiens d'art et de la musique, des musicologues et ethnomusicologues, des interprètes et des luthiers. La problématique concerne « la restitution du son » et la reconstruction d'instruments anciens, préoccupations relativement récentes, car les interprètes sont soucieux d'utiliser des instruments historiques d'époque (ou des copies fiables) : c'est le travail des archéomusicologues, luthiers et facteurs.

 

Le premier chapitre évoque le paysage sonore et sa symbolique autour des « hauts et bas instruments » selon l'expression consacrée. D'autres pistes sont exploitées : l'usage des instruments dans les Danses macabres ou dans le célèbre Charivari, sans oublier la couleur utilisée dans la représentation des instruments. Le deuxième chapitre de cette « anthropologie sonore » concerne l'instrumentarium, avec exemples précis et analyses organologiques ; la technique d'un orgue à glissières ; une suggestion de reconstitution à partir de l'instrumentarium d'Angkor valable pour les instruments médiévaux, ou encore les musiciens de Chartres. Le troisième chapitre est au centre de la problématique de ce Colloque. Après une approche mathématique du son,  des aspects spécifiques sont envisagés, par exemple les reconstitutions dans des lieux célèbres : à Palerme, Chapelle palatine, (Rebabs, à partir des peintures) ; à Charavines-Colletières (Isère) ; les matériaux tels que vessie, viscères, pierre, bois, os (buffoirs), ou encore psaltérion, monocorde (à Chartres). Le quatrième chapitre se réfère à la célèbre Cathédrale de Chartres avec ses nombreuses représentations d'instruments : vièle sans touche, vièle piriforme…, sans oublier les archets.

Cette énumération, allant droit à l'essentiel, suscitera la curiosité des historiens de l'art et de la musique, des mélomanes et anthropologues, des organologues et évidemment interprètes soucieux de la « restitution du son ». Ce bilan littéraire, iconographique et organologique, est tout à l'honneur des 25 auteurs issus d'horizons divers mais complémentaires et, en particulier, de Welleda Muller (direction) : il résulte d'une étroite collaboration transdisciplinaire.