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Catégorie : Livres

Antoine BONNET, Pierre-Henry FRANGNE (dir.) : Mallarmé et la musique, la musique et Mallarmé. L'écriture, l'orchestre, la scène, la voix. Rennes, Presses Universitaires de Rennes (www.pur-editions.fr  ), 2016, 243 p. – 38 €.

D'entrée de jeu, le titre « réversible » annonce la teneur des contributions réunies par Antoine Bonnet et Pierre-Henry Frangne encore confirmé, si besoin était, par Mallarmé lui-même : « tout est là : je fais de la musique ». Les auteurs — ayant participé en mars 2015 à un Colloque à Rennes — se réclament des disciplines complémentaires suivantes : musicologie, composition et analyse musicale ; littérature, lettres et sciences humaines ; philosophie, philosophie de l'art et esthétique.

 

Le premier thème aborde la théorie mallarméenne de la musique ; le second, son application pratique. Quelques compositeurs, notamment Claude Debussy (cf. « le souffle mallarméen de la Flûte du Faune »), sans oublier Wolfgnag Amadé Mozart, Ludwig. van Beethoven, Richard Wagner, Gabriel Fauré. Ces Actes de colloque se veulent un In memoriam au regretté Pierre Boulez (1925-2016) qui, en 1958, dans son article : « Son, verbe, synthèse » (Revue belge de Musicologie) a lancé l'idée qu on peut noter que les poètes ayant travaillé sur le langage lui-même sont ceux qui laissent sur le musicien l'empreinte la plus visible ; évidemment, nous viennent immédiatement à l'esprit les noms de Mallarmé, plutôt que de Rimbaud… » (cf. exergue, Avant-Propos, p. 9).

Le support philosophique et poétique renvoie, entre autres, à Friedrich Hölderlin (1770-1843), Novalis(1772-1801), Emmanuel Kant (1724-1804), Arthur Schopenhauer (1788-1860)... L'environnement poétique, dans une perspective comparative, se réfère à Charles Baudelaire (1821-1867) et Arthur Rimbaud (1854-1871). Selon Pierre-Henry Frangne, Stéphane Mallarmé a le mérite d'avoir libéré le rythme musical et d'avoir « pensé la musique à même le texte poétique lui-même ». Il insiste sur la sonorité, le rythme et la cadence, et considère la poésie comme une musique, en fait à égalité. Elle est un art d'interprétation-exécution (p. 22).

Autour des quatre paramètres : écriture, orchestre, scène, voix, ces Actes dégagent, en force ou entre les lignes, la pensée mallarméenne et la situent dans ses divers contextes historiques et culturels, avec des analyses très fines, bien circonstanciées et polyvalentes, autour de l objet musical chez Mallarmé ». Les lecteurs sont donc conviés à une excellente « saisie musicale de Mallarmé » pour qui « la Poésie est Musique par excellence » (1895). Avec le recul du temps, ce livre illustre largement le chemin parcouru depuis les travaux de Suzanne Bernard et son livre : Mallarmé et la Musique (1959). Cette publication atteste la vitalité de la Collection « Aesthetica » et le rayonnement international de l'Université de Rennes 2.