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Catégorie : Livres

Hector BERLIOZ. Critique musicale (7e Volume. 1849-1851). 1 Vol. Éditions Symétrie. Société Française de Musicologie, 2013, 713 p, 55 €.

 

 

 

Véritable leçon de critique musicale, ce septième volume d’Hector Berlioz (sur les dix prévus par la SFM) relate la vie musicale entre 1849 et 1851. Cinquante neuf articles publiés et toujours la même sûreté de jugement, la même facilité d’écriture, le même humour qui ne peuvent laisser le critique musical (obligé de rendre compte aussi vite que possible de ce qu’il ne connait parfois qu’à peine…) que béat d’admiration devant tant de talent ! Vingt cinq créations d’opéra, de nombreuses reprises d’ouvrages lyriques dont Berlioz fera la recension minutieuse comprenant toujours un résumé,

une analyse de la partition, et un jugement des intervenants, sans oublier une pincée d’états d’âme, un zeste d’anecdotes et une fluidité d’écriture, guidée par l’imagination pour éviter toute monotonie ! Voilà pour la recette ! Mais cet ouvrage se veut aussi un document historique sur la situation musicale et économique désastreuse des années ayant suivi la révolution de 1848. Enthousiasme et lassitude sous-tendent cet ouvrage. Enthousiasme pour la création du Prophète de Meyerbeer le 16 avril 1849 et la prestation vocale de Pauline Viardot, enthousiasme devant le respect, enfin retrouvé, des partitions originales de Beethoven, enthousiasme pour la qualité musicale de la Société des concerts qui défendra son œuvre, enthousiasme présidant à la création de la Grande Société Philharmonique qu’il dirigera pendant deux saisons, avant qu’elle ne disparaisse par manque d’organisation, enthousiasme accompagnant le départ pour l’Exposition universelle de Londres en 1851 où, en tant que juré, il manifestera son admiration pour les inventions des facteurs d’instruments et notamment pour le saxophone qui l’émeut profondément. Mais aussi, lassitude politique et conjugale, teintée de désillusion devant l’échec de la Damnation de Faust, créée en 1846, lassitude et affliction devant la disparition de Chopin, Johann Strauss et Spontini. Un livre remarquablement conçu avec un sommaire des articles très pratique, en forme de résumés. Un ouvrage passionnant en même temps qu’une leçon d’humilité pour tous les musicographes ! Une fois n’est pas coutume !