Dans le cadre de sa Collection « Musique/Pédagogie », Jean-Michel Bardez a fait appel à Stéphane Gendron, musicologue et littéraire de formation, pour — à la lumière de son expérience — évoquer les tendances de l'enseignement du piano depuis plus de trois décennies. Ce livre, qui n'est pas une « méthode » comme, entre autres, les écrits de Marie Jaël ou encore Les principes rationnels de la technique pianistique d'Alfred Cortot (Salabert, 1928)…,

représente une vaste ouverture de l'approche de la musique en fonction des nouvelles technologies et en tenant compte des publications récentes. L'auteur propose d'abord une rétrospective organologique, allant du clavicorde (XIVe siècle, vraisemblablement en Angleterre) jusqu'aux claviers numériques, en passant par le gravicembalo col piano à pianoforte exigeant une technique différente, puis les instruments des Manufactures Érard et Pleyel (XIXe siècle…). Le piano ­— d'abord lié à l'appartenance sociologique, comme signe extérieur dans les salons — deviendra un instrument populaire jusqu'à gagner les salles de cinéma muet, les cabarets et les émissions de variétés. Ensuite, Stéphane Gendron passe en revue diverses motivations (découverte, contexte familial, dépassement de soi), puis il aborde le répertoire si vaste au XIXe siècle, ainsi que les possibilités d'écoute sur Internet et d'apprécier notamment les interprétations de célèbres  pianistes du passé : Edwin Fischer, Arthur Rubinstein… Il évoque succinctement les diverses méthodes actives (J. Dalcroze, Z. Kodaly, E. Willems…), l'évolution du langage, l'aspect pédagogique (leçons particulières à domicile ou pratique collective). En fait, l'enseignement artistique doit déboucher sur des auditions et concerts, mais aussi sur une évaluation de l'instrumentiste. Le cours de « solfège » d'antan est devenu cours de « formation musicale ». Tout en sélectionnant des morceaux, le professeur doit être attentif aux choix de ses élèves, rester à leur écoute, prendre leur âge et leur maturité en considération et, surtout, leur transmettre le désir de jouer. En guise de conclusion, Stéphane Gendron préconise des passerelles indispensables et « une formation très ouverte » en rapport avec d'autres arts. Cette démarche globale n'a pu être élaborée qu'à partir de sa grande expérience « pour enseigner le piano aujourd'hui », c'est-à-dire au début du XXIe siècle où la musique peut être pratiquée à tout âge. La musique n'est-elle pas un « plus » dans la vie ?