A Auvers-sur-Oise, terres d'artistes, Pascal Escande continue l'aventure - 36ème saison - du festival avec cette année, entre autres points forts, un hommage à Charles Gounod et son « Saint François d'Assise ». C'est au très moderne conservatoire Jean-Baptiste Lully de la ville de Puteaux que le festival a préludé par le récital de deux magnifiques musiciennes, dans tous les sens du terme, Anastasia Kobekina, violoncelliste et Anna Fedorova, pianiste. Le concert débutait par les Phantasiestücke pour violoncelle et piano op.73 de Schumann. Ces trois pièces de fantaisie pour clarinette et piano ont été écrites en 1849. Bien qu'elles aient été à l'origine conçues pour clarinette et piano, Schumann a proposé que la partie de clarinette puisse également être confiée à l'alto ou au violoncelle. C'est cette dernière version que l'on a entendue ce soir. Dans la première pièce, Anastasia Kobekina a su rendre la mélancolie qu''elle contient. Anna Fedorova, en accompagnement, était très à l'écoute de son amie. Dans la deuxième fantaisie c'est l'énergie qui était sous les doigts de ces interprètes et leur dialogue était parfait. Pour la troisième, la technicité hors pair de ces deux jeunes femmes a fait sonner l'exubérance, la frénésie de la passion qui doivent être exprimées dans le finale. Le concert, à peine débuté, Anastasia Kobekina et Anna Fedorova avaient déjà conquis le public ! Anthony Girard est un compositeur dont les modes d'expression lui importent peu. Ce qui l'inspire avant toute chose c'est la poésie. En partant d'un texte de Marc Aurèle il a écrit une très belle et courte œuvre : « L'Âme du Monde ». Mystère et paix intérieure c'est ce qu'ont réussi à faire passer les deux interprètes. Un climat de douceur de sérénité a enveloppé l'auditoire. Avec la « Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur, op.19 de Serguei Rachmaninov, c'est un tout autre climat qui régnait sur scène. Elle a été composée en 1901. Rachmaninov a peu écrit pour le domaine de la musique de chambre. Dès le début de la sonate, on est transporté dans un monde tragique : pendant que le violoncelle joue une mélodie intimiste, grave, le piano est tourmenté, puis vient un magnifique dialogue, moins tendu, entre les deux instruments suivi par un andante où l'on retrouve toute la douceur et la tristesse de Rachmaninov qui confine si souvent à la dépression. Le finale est jubilatoire. Pour interpréter une telle pièce il faut vélocité, technicité et émotivité. Que possèdent ces deux jeunes interprètes ! Cette œuvre a été filmée durant un concert précédent et un DVD en a été édité. Voilà deux superbes artistes à suivre passionnément !

 

Patricia Petitbon, Les sœurs Labèque, Gautier Capuçon, Jérôme Ducros, le Quatuor Van Kuijk, Philippe Jaroussky, Jean Rondeau…toute une pléiade d'artistes va se produire à Auvers-sur-Oise pendant un mois à partir du 12 juin. Il faut y aller !

 

Pour plus d'informations : www.festival-auvers.com