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Catégorie : Autres

La Folle Journée 2013 se vit à l'Heure exquise

 

Pour sa 19ème édition, La Folle Journée de Nantes (30 janvier-3 février) voit grand, très grand. Sur le thème de l'Heure exquise, on aspire à développer un vaste panorama de la musique française et espagnole, de 1850 à nos jours, de Bizet à Boulez ! L'accent sera plus particulièrement porté sur les années 1870 à 1940, une sorte d'âge d'or. En fait, plusieurs temps forts se partageront ces cinq jours de musique en continu. Selon la formule, bien établie, de courts concerts, qui a fait la renommée de l'institution, et qu'importe la chronologie !

On y croisera en effet, dans la fièvre coutumière de la Cité des congrès, les musiciens qui ont apporté un sang nouveau à la musique française, en réaction à l'hégémonie wagnérienne : Saint-Saens, Franck, puis d'Indy, et la pléiade de plumes raffinées que sont Chabrier, Chausson, Pierné, Koechlin et Roussel. Aussi bien que les grands novateurs, Debussy et Ravel, mais aussi Dukas, et ces espagnols, venus découvrir le Paris du début du siècle, Albèniz, De Falla et Granados, qui laisseront d'ailleurs une empreinte profonde sur leurs collègues français. Mais encore la frénésie des Années folles, Satie, et le Groupe de Six, ou la fabuleuse éclosion de rythmes insoupçonnés. Et enfin le groupe « Jeune France », sous la bannière de Messiaen, dont l'enseignement débouchera sur la génération des Boulez, Ohana et Dutilleux. Au total quelques quarante compositeurs, dont la production sera déclinée suivant tous les genres, l'orchestre, la musique de chambre, les récitals de solistes. Et défendue par une foultitude d'interprètes prestigieux, comme on sait les retenir à Nantes, pour le plus grand bonheur d'un public exigeant. Parmi les programmes concoctés, quelques mises en perspective originales, et rapprochements inédits, Fauré-Caplet, Françaix-Chausson, ou Turina-d'Indy, promettent de riches heures. Une nouveauté, cette année : l'organisation de concerts-conférence, par exemple autour de « Debussy, Degas et Mallarmé », qui viendront compléter l'offre enviable de conférences par d'éminents musicologues.

 

 

 

Les actions de médiations culturelles, qui forment un des secteurs les plus avancés de la Folle Journée, proposeront des ateliers de retranscription, mobilisant des groupes de jeunes musiciens amateurs, issus des quartiers nantais, autour de répétitions et de masterclasses. Comme des ateliers d'éveil musical, par une approche ludique avec un marionnettiste, en direction d'enfants autistes et de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Le projet de découverte de la musique classique par le théâtre, idée chère au fondateur, René Martin, se poursuivra, sur le thème, cette fois, de « Paris, capitale musicale de la Belle époque ». La collaboration avec le Conservatoire de Nantes permettra d'offrir au public plusieurs concerts, notamment dans la Grande Halle. Le partenariat avec l'Inspection Académique et deux Écoles d'enseignement supérieur, l'ISAA et l'ISEG, se poursuivra, aux fins de préparer plus de 7000 élèves à leur venue aux concerts, comme pour les étudiants de ces écoles, de devenir acteurs de la communication de proximité de la Folle Journée. 

 

 

 

La Folle journée à la Cité des congrès de Nantes, du 30 janvier au 3 février 2013.

 

Renseignements, programme détaillé, et location : Billetterie, la Cité, centre des congrès, à partir du 5 janvier 2013 ; sur internet : www.follejournée.fr , à partir du 6 janvier ; par tél. : 0892 705 205, à compter du 7 janvier.

 

 

 

 

 

 

 

Un nouveau venu : le Festival de Pâques d'Aix-en-Provence

 

 

 

 
© Caroline Doutre

 

 

 

Encore un festival ! Les grands interprètes français aiment à donner dans cette voie,  prestigieuse, et réunir une poignée d'amis talentueux et de vedettes consacrées. Mais l'introniser à Aix-en Provence, cela tient incontestablement d'un beau coup. La cité méridionale se dote donc d'un autre festival de musique, dite classique, à Pâques. La première édition se déroulera du 26 mars au 7 avril 2013. L'âme en est l'infatigable Renaud Capuçon, la cheville ouvrière technique, le directeur du Grand Théâtre de Provence, et le mécène, un groupe bancaire amoureux des arts. On ambitionne de hisser le nouveau-venu à la hauteur des grands festivals européens. Et d'attirer, au-delà des mélomanes avertis, le plus large public. La période des congés pascals, l'attrait de la ville, y contribueront. Le « roster » des interprètes affichés sans doute aussi. Puisqu'aux côtés des frères Capuçon, on y trouve les pianistes Angelich, Lupu, et l'aixoise Grimaud, mais aussi les stars de demain, déjà auréolées de gloire, le russe Trifonov, la contestée, mais pas impressionnée pour autant, Buniatishvili. Les orchestres sont renommés, le Mariinsky de Saint-Pétersbourg et Gergiev, décidément de tous les coups, l'Orchestre de l'Opéra de Paris et Philippe Jordan, le Gustav Mahler Jugendorchester et Blomstedt, le COE et Bychkov, avec les sœurs Labèque. D'autres solistes ne le sont pas moins, dans le registre prestigieux, tels Kremer, Aimard ou Chamayou, et les chanteurs Kirschlager, Goerne et Yoncheva. Le compositeur associé, pour ne pas dire en résidence, sera, en 2013, Jorg Widmann (*1973),  immense musicien et chambriste passionné. Un hommage sera rendu à Henri Dutilleux. Comme il en fut d'un autre festival pascal célèbre, fondé par Herbert von Karajan, on donnera, chaque saison, une œuvre liturgique ; à commencer par la Passion selon Saint Jean de Bach, dirigée par Laurence Equilbey avec le Concerto Köln et Accentus. Cartes blanches, Génération @ Aix, associant jeunes pousses et talents confirmés, et conférence, par Alfred Brendel, complètent le panel. On jouera dans la vaste salle du Grand Théâtre, mais aussi dans l'écrin choisi du Théâtre du Jeu de Paume. Les tarifs sont modérés, ce qui n'est pas chose anodine. Alors, bon vent ! 

 

 

 

Renseignements, programme détaillé et location : par tel. : 08 2013 2013 ; par mail :  www.festivalpaques.com  ou  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  

 

 

 

 

 

 

 

Le Festival de Salzbourg 2013 ou le superbe embarras de richesse !

 

 

 


© Luigi Caputo

 

 

 

L'édition estivale 2013 du grand festival autrichien (19 juillet-1er septembre) s'annonce fastueuse. Pour l'an II de son règne, l'intendant Alexander Pereira n'a pas lésiné en termes de propositions artistiques, enhardi par le succès enregistré en 2012 : une fréquentation en hausse de 20 %, pour un nombre de billets vendus, plus de 260.000, un public élargi, à l'international, dont une augmentation de la participation française, comme naguère au temps de l'ère Karajan, un développement, enfin, du sponsoring, permettant de couvrir certaines dépenses, tel le financement d'un opéra « moderne » chaque année. L'audace a donc payé, et Pereira peut s'enorgueillir de sa réussite, malgré les Cassandre prédisant un parcours difficile.

 

 

 

 
©
Salzburger Festspiele Archiv

 

 

 

Le festival 2013 sera inauguré, l'espace d'une bonne semaine, par une Ouverture spirituelle. Pour la Présidente, quelle meilleure opportunité d'exalter la formidable richesse architecturale et religieuse de Salzbourg. Quelques 12 concerts, dans la Kollegienkirche, Saint Peter, ou le Palais des festivals, célébreront aussi bien des œuvres d'inspiration chrétienne que la riche tradition des liturgies bouddhiques. Le secteur de l'opéra sera honoré de sept nouvelles productions. Deux œuvres de Mozart d'abord : Cosi fan tutte (direction de Franz Welser-Möst, régie de Sven-Eric Bechtolf), premier volet d'un nouveau cycle des opéras de Da Ponte, et confié selon le directeur, une équipe de jeunes chanteurs destinés à former un vrai ensemble ; et Lucio Silla, en coproduction avec la Semaine Mozart (direction de Marc Minkowski, régie de Marshall Pynloski). Cecilia Bartoli interprètera Norma de Bellini, dans la version originale, qui voit aussi le rôle de Pollione dévolu à un ténor bel cantiste, et celui d'Adalgisa à un soprano léger. La production, initiée au Festival de Pentecôte, sera dirigée par Giovanni Antonini, et mise en scène par Moshe Leiser et Patrice Caurier. Le secteur contemporain sera représenté, cette fois, par Gawain, de Harrison Birtwistle, créé en 1991 au Royal Opera de Londres, sur un texte emprunté à la Légende du Roi Arthur. La production sera défendue par le tandem qui, en 2012, mena au triomphe Les Soldats de Zimermann, Ingo Metzmacher et Alvis Hermanis. Le double anniversaire Verdi et Wagner sera fêté somptueusement, avec de nouvelles mises en scène de Falstaff, dans une exécution fidèle à l'original, assure Pereira, avec seulement huit violons (régie de Daminao Michieletto, direction de Zubin Metha), et de Don Carlo (direction de Antonio Pappano, régie de Peter Stein, et un cast plus qu'alléchant), enfin de Die Meistersinger von Nürnberg, confiés à l'équipe qui fit les beaux soirs de Bayreuth, dans un Parsifal d'anthologie, Stephan Herheim et Daniele Gatti. Des opéras seront encore donnés en version de concert, Joanna d'Arco (avec Anna Netebko et Placido Domingo, dans le rôle du baryton, direction de Paolo Carignani), et Nabucco, sous la baguette de Riccardo Muti, comme Rienzi, confié à Philippe Jordan. On jouera aussi, en concert, une rareté, la Jeanne d'Arc de Walter Braunfels. 

 

 

 


Harrison Birtwistle © Universal Editions Eric Marinitsch

 

 

 

Côté concerts, l'offre est gigantesque : Wiener Philharmoniker, dirigés par Harnoncourt, Metha, Thielemann, Muti (Requiem de Verdi) et Maazel, et grandes formations européennes, comme les Berliner Philharmoniker, sous la baguette de Rattle, le Gewandhaus Leipzig, avec Chailly, mais aussi le West-Eastern Divan Orchestra (Barenboim), l'Academia di Santa Cecilia de Rome, avec Pappano (War Requiem de Britten), le Gustav Mahler Chamber Orchestra (Jordan), le NKH de Tokyo et Charles Dutoit. A noter que Nikolaus Harnoncourt dirigera les trois grands oratorios de Josef Haydn, et que seront données les neuf symphonies de Mahler, par divers chefs et orchestres, et une série de concerts de musique contemporaine. Sans compter les traditionnelles Mozart Matinées, récitals de solistes (dont le rare Grigory Sokolov ), et autres soirées de musique de chambre, qui proposeront, entre autres, l'intégrale des quatuors de Beethoven avec les salzbourgeois Hagen, et une soirée réunissant les frères Capuçon, Caussé et Angelich.

 

 

 


© Luis Cobelo

 

 

 

Last but not least, les diverses formations musicales venues du Venezuela, rassemblées sous la bannière « El Sistema », seront à l'honneur. Fondé par le député José Antonio Abreu, il s'agit d'un réseau, d'un système d'orchestres de jeunes et d'écoles de musique. Ce sont plusieurs orchestres de jeunes, et pas seulement le déjà célèbre Simón Bolívar Symphony Orchestra of Venezuela, voire de très jeunes, qui envahiront Salzbourg. Plus de 1.400 musiciens en herbe ! Ils seront dirigés par le bouillonnant Gustavo Dudamel, mais aussi par Simon Rattle. L'occasion de poser la question de l'éducation musicale, qui selon Pereira, ne doit pas seulement couvrir l'aspect technique, mais se concentrer sur la créativité. Derrière El Sistema, se cache, en effet, un credo tant musical que social, une utopie sympathique. La musique fait peut-être plus pour les enfants que le sport. 

 

 

 

Renseignements et Location : Salzburger Festspiele, Kartenbüro, Postfach 140, 5010 Salzburg, Austria ; par tel : 0043 662 8045 500 : par mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  ou www.salzburgfestival.at