Imprimer
Catégorie : Autres

C’est peu de dire qu’il régnait une ambiance festive dans ce petit coin reculé du Vexin en ces derniers jours d’août, lieu béni des dieux où d’autres, en leur temps, ont déjà reconnu l’existence d’un micro climat favorable à la création artistique ! Il faut avouer que Michel Strauss, directeur artistique du festival, avait bien fait les choses mariant avec bonheur, et de façon toute naturelle, qualité, création, formation musicales et lutherie, pour un résultat digne d’éloges.

Qualité, création et formation musicales d’abord, par le choix des œuvres, originales ou transcriptions, et par le choix des interprètes talentueux, appariant pour un concert d’un soir, Maitre et élève, musiciens séniors confirmés et artistes en devenir, dans un programme, centré sur Prague et la danse, comportant nombres de compositions de Dvořák, Smetana, ou Janacek, sans oublier d’autres compositeurs moins connus comme Suk ou Fibich. Hommage musical à cette Prague qui participera au « Printemps des peuples » retrouvant son folklore bohémien, ses danses spécifiques, sans oublier pour autant ses influences viennoises ou ses moments de douleur. Une dizaine de concert étaient programmés, mettant en scène plus d’une vingtaine de musiciens qu’il est bien sûr impossible de tous présenter ici. A titre d’exemple, citons le concert intitulé « De ma vie » comprenant l’Humoresque n° 7 de Dvořák, arrangée pour trio, délicieusement viennoise, bien qu’à cette époque (1892-1895) le compositeur réside à New York, le Quatuor à cordes n° 1 (De ma Vie) de Smetana, d’un romantisme douloureux où transparait en filigrane le bonheur d’avoir suivi son chemin vers la liberté, mais également la douleur des  drames familiaux multiples, ainsi que l’apparition de la surdité qui marquera les dernières années de sa vie, la Moldau, pièce parmi les plus connues du compositeur, arrangée pour quatuor à cordes, clarinette et piano, un arrangement du plus bel effet, pour conclure par une pièce peu connue de Zdenĕk Fibich (1850-1900) le Quintette pour clarinette, cor et trio, datant de 1893, aux influences allemandes, héritage de Schumann et Mendelssohn. Un programme musical, comme on le voit, d’une grande richesse, émouvant, se déroulant dans l’auditorium du Musée des Impressionnistes, en l'Église de Giverny et en d’autres lieux alentours, se poursuivant volontiers par des « after » après le concert, dans la célèbre Maison Rose, lieu de répétition et d’improvisations en compagnie de Max Pollak, danseur de claquettes, qui improvisa, en autres, sur l’Histoire du soldat de Stravinsky ou sur une création spécialement commandée pour cet évènement, Pièce pour violoncelle et danseur de claquettes de Thierry Escaich, compositeur invité.

 


Thierry Escaich © Guy Vivien

 

Une place non négligeable étant d’ailleurs allouée à la musique contemporaine (Thierry Escaich, Kryztof Maratka) ainsi qu’aux voix « étouffées » comme Erwin Schulhoff. Surprise enfin, avec un atelier de lutherie composé de neuf luthiers confirmés, réunis et dirigés par Frank Ravatin, un des plus grands noms de la lutherie mondiale actuelle, formé à Crémone, qui releva le défi de fabriquer en deux semaines de résidence à Giverny un violoncelle qui fut présenté et joué lors du dernier concert du festival. Expérience unique pour le public, mais également moment de solidarité puisque cet instrument sera vendu au profit de l’association Musique de chambre en Normandie. Un très beau moment de musique, de convivialité et de bonheur, à retrouver l’an prochain. Nous y serons ! Bravo à tous.

 

DR