Racines sacrées.  Voix des origines.

Racines sacrées.  Voix des origines.  De la Méditerranée à la Mésopotamie.  Hortus (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : 067.  TT : 52’58. La chanteuse Roula Safar, mezzo-soprano, crée d’emblée une ambiance calme et sereine.  Elle interprète le Qadish Maria (correspondant au Sanctus) en chaldéen, chante 14 pièces dans des langues diverses : akkadien, sumérien, araméen, ougaritique, arabe, syriaque, arménien, yiddish et hébreu - éventail linguistique rarement aussi diversifié.  Elle Rs’accompagne discrètement aux percussions ponctuant les inflexions du texte et à la guitare.  Le n°3 (destiné à la liturgie juive) est également un Qadish, prière de louange de Roula Safar & Paul Mindy (2006/2009), rendue avec expressivité par la

The Metropolitan Opera Centennial Gala.

The Metropolitan Opera Centennial Gala.  Live from the Met, 22 October 1983 .  Met Opera Orchester, Chorus & Ballet.  Music director : James Levine.  2DVDs Deutsche Grammophon : 00440 073 4538.  TT : 231’00.

Superbe coffret de deux DVDs, enregistré en direct lors du gala du 22 octobre 1983, célébrant le centenaire du Met (1883-1983).  Ce « gala suprême » est l’occasion de voir et d’écouter les plus belles voix du moment en duos (Catherine Malfitano & Alfredo Kraus, Placido Domingo & Mirella Freni, Renato Bruson & Grace Bumbry, José Carreras & Montserrat Caballé, Luciano Pavarotti & Leontyne Price, pour n’en citer que quelques uns…) ou en solos (Kiri Te Kanawa, Eva Marton, Ruggero Raimondi, Joan Sutherland, Nicola Gedda, Anna Tomowa-Sintow, Ileana Cotrubas, Marilyn Horne, Birgit Nilsson…), et d’autres ensembles encore, sous la baguette des plus grands chefs (James Levine, Leonard Bernstein, Jeffrey Tate…), à la tête d’un orchestre à la hauteur de l’événement. Il serait mesquin d’émettre la moindre critique…  Tout simplement sublime… et indispensable !

La Révolte des Orgues op.69

Jean GUILLOU (°1930) : La Révolte des Orgues op.69, pour grand orgue, huit orgues positifs, percussions & chef d’orchestre.  Film de Tomasz Cichawa : L’Alchimie de la Révolte.  Oko Films (26, rue des Rigoles, Paris XXe. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). TT : 130’00

Du génial organiste, voilà assurément le grand œuvre.  À la console principale est, bien sûr, le compositeur, entouré de Roberto Bonetto, Winfried Bönig, Bernhard Buttmann, Silvio Celeghin, Jürgen Geiger, Franco Vito Gaiezza, Giampaolo Di Rosa & Jürgen Wolf.  Aux percussions : Hélène Colombotti.  Direction : Johannes Skudkik.  La Révolte des Orgues était enregistrée en concert, le 19 juin 2007, à Saint-Eustache (durée de la vidéo : 30’04).  Dans L’Alchimie de la Révolte, film documentaire de Tomasz Cichawa, Jean Guillou nous dévoile les origines de l’œuvre ainsi que les coulisses de l’installation du dispositif requis, puis des répétitions.  En bonus : l’Improvisation par Jean Guillou qui clôturait le concert (durée de la vidéo : 6’38) et le

Portrait d’une voix.

Alfred DELLER (1912-1979) : Portrait d’une voix.  Film de Benoît Jacquot.  INA/Harmonia Mundi : HMD 9909018.  1DVD (TT : 60’05) + 1CD (TT : 79’12).

Livret assorti de fervents témoignages, signés Gustav Leonhardt, Bernard Coutaz, Nicolas Harnoncourt, René Jacobs, Paul Elliott…, voilà certes un indispensable à votre DVDthèque.  L’entretien comporte – émaillé de pièces de Thomas Campion, Philip Rosseter, Thomas Morley, Henry Purcell… – une interview de 60’05, dans laquelle Alfred Deller nous entretient (excellents sous-titrages) de la voix de contre-ténor, du parler-chanter, de son adolescence, de son travail et de ses publics, d’Henry Purcell, du Deller Consort, de nature et d’artifice, de musique et de curiosité, etc.  Passionnant ! Quant au CD, il comporte 20 titres - dont 9 pièces sur des poèmes de Shakespeare, et quelques autres signées John Blow, John Dowland, Giulio Caccini,

Ludwig van BEETHOVEN : VIIe Symphonie.

Ludwig van BEETHOVEN : VIIe Symphonie.  Max BRUCH : 1er Concerto pour violon.  Igor STRAVINSKY : Symphonie en trois mouvements.  Berliner Philharmoniker, dir. Sir Simon Rattle.  Vadim Repin, violon.  Medici Arts (www.medici.tv) : 2056978.  TT : 92’00.

Merveilleux Simon Rattle qui a réussi à débrider cette mécanique de haute précision qu’est le Berliner Philharmoniker, en ouvrant notamment son répertoire aux musiques baroques et contemporaines (depuis sa prise de fonctions, ont ainsi été interprétées des œuvres de 63 compositeurs).  Le 1er mai 2008 (date anniversaire de la création de l’orchestre, le 1er mai 1882), il dirigeait à Moscou, en la salle des concerts du Conservatoire Tchaïkovski - alliant souplesse et intensité - la 7e Symphonie de Beethoven, la Symphonie en trois mouvements de Stravinsky et, avec en soliste le grand Vadim Repin, le 1er Concerto pour violon de Max Bruch.  Mémorable soirée, d’autant plus que le Berliner n’était pas retourné à Moscou depuis

Hänsel und Gretel.

Engelbert HUMPERDINCK : Hänsel und GretelJ. Holloway, Adriana Kucerova, Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, I. Vilsmaier, Klaus Kuttler.  London Philharmonic Orchestra, dir. Kazushi Ono.  Régie : Laurent Pelly.  Glyndebourne 2008.  Decca : 074 3361.  TT : 108'.

Comme tout conte de fées Hänsel et Gretel recèle une face cachée sombre, voire tragique, que les mises en scènes modernes se plaisent à mettre en évidence, tournant le dos aux clichés de l'opéra pour enfants.  La régie de Laurent Pelly, créée pour le festival de Glyndebourne, renchérit sur cette tendance. L'atmosphère y est plus inquiétante que réjouissante, et ce qui passe généralement pour mauvaise farce prend ici un caractère effrayant. Dès le premier tableau, le ton est donné : la maison des enfants sera en carton mâché, rafistolé de papier collant, qu'habite une famille désœuvrée. La forêt devient un lieu glauque d'après tempête, jonché de détritus et autres sacs en plastique. Surtout, la cabane de la sorcière est un rayon de supermarché

La Clemenza di Tito

W.A. MOZART : La Clemenza di TitoMichael Schade, Vesselina Kasarova, Dorothea Röschmann, Elina Garanca, Barbara Bonney, Luca Pisaroni.  Wiener Phillharmoniker, dir. Nicolaus Harnoncourt. Régie : Martin Kusej.  Salzburg 2003.  2DVDs TDK : DVWW-OPCLETI.  TT : 160'.

Filmée en 2003, la production de La Clémence de Titus proclame l'audace de la régie de Martin Kusej.  En vingt ans les choses ont radicalement évolué en matière de dramaturgie, comme de prise de vue. L'analyse spectrale des idées sous-tendant l'opéra a fait son apparition. Foin de premier degré, chaque nuance de l'action est passée au crible.  Les sentiments sont exacerbés, les affrontements soulignés presque au point de rupture, et les visions souvent chaotiques, tel l'incendie du Capitole.  Les jeux de pouvoir sont burinés au scalpel comme le conflit de conscience de l'empereur magnanime. Les récitatifs prennent un relief d'une rare justesse et les arias font figure de modèles de chant habité. L'immense décor de palais délabré, sur

Così fan tutte

W.A. MOZART : Così fan tutteMargret Marshall, Ann Murray, Katleen Battle, Francesco Araiza, James Morris, Sesto Bruscantini.  Wiener Philharmoniker, dir. Riccardo Muti.  Régie : Michael Hampe.  Salzburg 1983. 2DVDs TDK : DVWW-OPCFTSF.  TT : 188'.

Così fan tutte, saisi à l'été 1983, fait nul doute figure d'interprétation classique. Michael Hampe y prône le souci de l'élégance. Un somptueux décor de palais en bord de baie de Naples forme l'écrin d'une mise en scène qui, sous une apparente sagesse, décrypte finement ce qui appartient, chez Mozart, au théâtre d'amour. Si elle cultive avantageusement les effets de symétrie, rien n'y est appuyé. Elle ne s'encombre pas de sous-entendus et de réinterpretation, mais évoque le doute subtil, les hésitations, le trouble. Les caractères sont plus suggérés que soulignés. Le cynique Alfonso tire les ficelles mais sait ne pas sombrer dans l'excès.  Despina lui donne une réplique alerte, sans le côté forcé qui encombre bien des régies actuelles. Les

W.A. MOZART : Die Zauberflöte.

W.A. MOZART : Die Zauberflöte Ileana Cotrubas, Peter Schreier, Edita Gruberova, Marti Talvela, Christian Boesch, Walter Berry.  Wiener Philharmoniker, dir. James Levine.  Régie : Jean-Pierre Ponnelle.  Salzburg 1982.  2DVDs TDK : DVWW-CLOPMF. TT : 189'.

Le Festival de Salzbourg a généré, au cours de son histoire récente, des productions mythiques des opéras de Mozart, dont le dénominateur commun reste la sonorité unique des Wiener Philharmoniker.  Ainsi en est-il de La Flûte enchantée, mise en scène par Jean-Pierre Ponnelle qui, à partir de 1978, fera les beaux soirs du Festival des années durant, et captée en 1982 dans ce lieu unique qu'est la Felsenreitschule (Salle du manège des rochers).  Légendaire en effet que cette présentation qui réussit le tour de force d'englober tous les aspects d'une œuvre protéiforme : sa signification maçonnique, par des références suggestives dans la décoration et les attitudes, son ancrage dans le siècle des Lumières, son caractère populaire façon théâtre

Serge RACHMANINOV : La pudeur romantique… Sonate n°2, op.36.

Serge RACHMANINOV : La pudeur romantiqueSonate n°2, op.36.  Six Moments musicaux, op.16.  Trois Préludes, op.23 n°5 et 6, et op.32 n°10.  Études-tableaux, op.33 n°3, et op.39 n°1 et 5.  Mikhaïl Yurkov, piano.  Hortus : 069. TT : 63'05.

Le titre du CD peut paraître excessif. Du moins cherche-t-il à atténuer cette idée fort répandue selon laquelle Serge Rachmaninov est avant tout le compositeur d'un romantisme exacerbé, d'une musique démonstrative à l'aune des dons d'interprète qui étaient les siens.  Son piano est, certes, empreint de virtuosité ; en diable parfois, exigeant beaucoup de ceux qui le pratiquent. Mais il serait réducteur de s'arrêter là.  La manière élégiaque échevelée cache une recherche de plénitude mélodieuse. Car il y a chez ce maître, qui a confié au clavier la profondeur de son être, quelque chose d'intensément lyrique. Le présent disque propose des pièces couvrant la période 1896-1917. De riches harmonies, tout en rondeur, et des tonalités recherchées

Cydalise et le chèvre-pied. Ballet en deux actes et trois tableaux

Gabriel PIERNÉ : Cydalise et le chèvre-pied. Ballet en deux actes et trois tableaux.  Collège vocal de la cathédrale de Metz.  Orchestre philharmonique du Luxembourg, dir. David Shallon. Timpani : 1C1174. TT : 73'.

Le ballet Cydalise et le chèvre-pied de Gabriel Pierné (1863-1937) s'inscrit dans le sillage de Daphnis et Chloé de Ravel - qu'il créa d'ailleurs -, de par le sujet, emprunté à quelque antiquité idéalisée, mâtiné ici d'une action classique de ballet de cour, puisque celle-ci, imaginée par les fameux duettistes de la scène théâtrale, de Flers et Caillavet, se situe à Versailles ; un même sens de l'évocation, notamment par l'intervention de chœurs murmurés ; un art également raffiné de la fantaisie narrative alternant scènes à caractère intimiste et grands ensembles.  Les proportions de la pièce de Pierné sont vastes et l'effectif requis impressionnant ; ce qui lui permet d'enchâsser une action dans l'action, un ballet à l'intérieur du ballet, confèrant au récit

Gabriel FAURÉ : Mélodies…

Gabriel FAURÉ : Mélodies Quatre mélodies op. 51, Deux mélodies op. 57, Cinq mélodies de Venise op. 58. Deux mélodies op. 76. Deux mélodies op. 83. Trois mélodies op. 85. Deux mélodies op. 87. Deux mélodies de 1906.  Yann Beuron, ténor.  Billy Eidi, piano.  Timpani : 1C1162.  TT : 51'41.

Dans la production de Fauré, les mélodies tiennent une place de choix, empruntant à l'esthétique symboliste, puisant chez les meilleurs auteurs, Verlaine, Baudelaire.  Si l'on devait rechercher une correspondance en peinture, c'est dans les pastels de Fantin-Latour qu'il faudrait se tourner, estime Jean-Michel Nectoux qui définit ainsi l'esthétique de l'auteur de Pénélope : « exprimer l'indicible, se libérer de la tyrannie du mot, bannir l'anecdote, le convenu, le détail platement réaliste, mépriser l'effet, fuir la couleur locale, la scène à faire, le cliché ».  Tout cela, on l'apprécie aussi bien dans ce cycle central que forment les Mélodies de Venise, où affleure la quintessence de l'art fauréen, qu'à travers la myriade de piéces réunies ici, couvrant la période

Giovanni Battista PERGOLESI : Stabat Mater

Giovanni Battista PERGOLESI : Stabat Mater.  Concerto pour violon et orchestre.  Salve Regina.  Rachel Harnisch, soprano, Sara Mingardo, contralto, Julia Kleiter, soprano. Giuliano Carmignola, violon.  Orchestra Mozart, dir. Claudio Abbado.  Archiv Produktion : 477 8077.  TT : 65'12.

La courte carrière de Jean-Baptiste Pergolèse - quelque cinq ans - aura été fructueuse, abordant tous les genres musicaux.  Mais c'est sans doute celui de la musique sacrée qui lui vaudra la célébrité, en particulier son Stabat Mater.  Il est intéressant d'en redécouvrir la richesse dans une interprétation recueillie et d'une grande sensibilité. Claudio Abbado a réuni une quinzaine de cordes auxquelles il a ajouté un lute.  Le caractère intimiste de la pièce en ressort d'autant, comme son émouvante simplicité. L'invention mélodique constamment renouvelée, ces accents qui frôlent le domaine de l'opéra, à l'occasion presque primesautiers - si étonnants pour une Séquence de déploration – on les savoure dans cette exécution marquée au coin de la

« Il Pianto di Maria ».  Antonio VIVALDI

« Il Pianto di Maria ».  Antonio VIVALDI : Sonate pour cordes & basse continue « Al Santo Sepolcro », RV 130.  Concerto pour cordes « Madrigalesco », KV 129. Sinfonia pour cordes « Al Santo Sepolcro », KV 169.  Giovanni Battista FERRANDINI : Il Pianto di Maria.  Biaggio MARINI : Passacaille pour cordes & basse continue.  Claudio MONTEVERDI : Pianto della Madonna.  Francesco Bartolomeo CONTI : Il martirio di San Lorenzo.  Johann Georg PISENDEL : Sonate pour deux hautbois, cordes & basse continue.  Il Giardino Armonico, dir. Giovanni Antonini.  L'Oiseau-Lyre : 4781466.  TT : 60'54.

Le thème de la Passion du Christ, évoquée à travers la parole éplorée de Marie, a inspiré plus d'un compositeur de l'époque baroque. Monteverdi fut même un précurseur, dans son Lamento d'Arianna, puisqu'il y met en musique l'évocation de La plainte de la Madonne.  Ferrandini, musicien vénitien (1710-1791), presque deux siècles plus tard, reprendra le thème pour en faire une cantate sacrée : Les pleurs de Marie, dont il est précisé « à chanter devant le Saint Sépulcre ».  Cette pièce de belles proportions offre une déclamation souvent délivrée sur le ton de la confidence, culminant sur la stance « Égale à son immense amour, immense fut sa souffrance », enluminée ici par le riche timbre de Bernarda Fink.  Le programme est complété par

Antonio VIVALDI : Gloria RV 589

Antonio VIVALDI : Gloria RV 589, précédé du motet Ostro picta, armata spina RV 642. Gloria RV 588.  Sara Mingardo, contralto. Concerto Italiano, dir. Rinaldo Alessandrini. Naïve : OP 30485. TT : 66'59.

Belle idée que d'avoir, sur un même CD, réuni les deux versions que Vivaldi a consacrées au Gloria. La facture des deux pièces présente des différences notables, l'opus 589 étant, selon le chef Alessandrini, « plus théâtral, plus moderne ».  Le geste est en effet éclatant, presque grandiose à l'aune du premier mouvement tout d'envolée allègre.  Admirable encore que la vivacité joyeuse du Laudamus te.  L'opus 588 est plus intérieur, tourné qu'il est vers un récent passé polyphonique. Il est fascinant de comparer un même mouvement dans chacune des deux versions, tel le Qui sedes ad dexteram Patris : ce qui est marqué largo dans la première version devient allegro dans la seconde, avec accompagnement de violon plaintif.  La fugue finale,

Edvard GRIEG (1843-1907) : Sonate pour violon et piano n°3, en do mineur.

Edvard GRIEG (1843-1907) : Sonate pour violon et piano n°3, en do mineur.  Nicolaï MEDTNER (1880-1951) : Sonate pour violon et piano n°3, en mi mineur.  Svetlin Roussev (violon), Frédéric d’Oria-Nicolas (piano). Fondamenta : FON-0902002. TT : 65’14.

Ce programme illustre deux univers singuliers, inspirés des folklores norvégien et russe. La Sonate de Grieg, probablement la plus connue du compositeur, est un modèle d’équilibre entre instruments, empreinte de lyrisme, de douceur, de poésie et de volupté.  Interprétation remarquable, tout en finesse, chargée d’images et d’émotions, digne de celle, enregistrée en 1928, par Kreisler & Rachmaninov.  Bien différent est le climat de la sonate monumentale « Epica » de Nicolaï Medtner.  Lyrico-épique, virtuose, poussant les deux instruments aux limites de leurs capacités, mêlant thèmes religieux et populaires dans un parfait équilibre, cette sonate et son compositeur méritent d’être redécouverts.  L’interprétation est, là encore, à la hauteur de la composition.  Une réussite.

La saveur des dissonances.  Giovanni de MACQUE,

Franz LISZT : « Un portrait ».  Guillaume Coppola, piano.  Calliope : CAL 9412. TT : 75’26.

Projet original et ambitieux de consacrer son premier enregistrement à un portrait de Franz Liszt. Parmi les multiples facettes du compositeur, Guillaume Coppola a choisi d’illustrer le voyageur passionné de littérature et de poésie (Vallée d’Obermann), mais également l’ami (Consolations où plane, de façon prégnante, l’ombre de Chopin), ou encore l’amoureux fervent (Rêve d’amour) ou le patriote (Funérailles et Rhapsodies) et enfin l’homme de foi et le mystique (Saint François et Méphisto). Un très beau disque où la virtuosité certaine du jeu pianistique sait s’effacer devant  la qualité de l’interprétation, inspirée, toute en clarté, finesse et sensibilité.

BACH, BIBER, PISENDEL, WESTHOFF : L’art du violon seul dans l’Allemagne baroque.

BACH, BIBER, PISENDEL, WESTHOFF : L’art du violon seul dans l’Allemagne baroque.  Mira Glodeanu.  Disques Ambronay : AMY019 (Distrib. Harmonia Mundi).  TT : 65’01.

Le violon seul de Mira Glodeanu (Groblicz, 1604), pour nous guider dans ce voyage à travers l’Allemagne baroque, de Bach, à Biber, Westhoff et Pisendel… Une indiscutable réussite qui associe une interprétation grave et lumineuse - mêlant méditation, virtuosité, élégance - à une sonorité sombre et profonde où les résonances occupent l’espace sonore dans une véritable polyphonie.  La communion entre l’artiste, l’instrument et le répertoire apparaît, ici, comme une évidence.

Happy Birthday, Elliott Carter ! New Chamber Works.  Swiss Chamber Soloists

Happy Birthday, Elliott Carter ! New Chamber Works.  Swiss Chamber Soloists.  Neos (vol.2) : 10816 TT : 63’28.

S’il fallait qualifier en quelques mots la musique de chambre d’Elliott Carter telle qu’elle nous apparaît dans ce disque, ce serait sans nul doute par les mots « élégance » et « profondeur ». Élégance de la composition tout en scintillements, légèreté, mobilité, jeux et contrastes, comme un mobile de Calder, mais aussi profondeur et mystère, comme un tableau de Soulages, tant il est vrai que cette musique est chargée d’images.  Se succèdent dans cet enregistrement plusieurs compositions pour harpe, alto, flûte et violoncelle, soprano, instruments à vent et quatuor à cordes - pour autant d’émotions.  Un grand disque qu’il faut écouter et réécouter, car, comme le conseille Heinz Holliger, dédicataire de plusieurs pièces : « Ne joue ou n’écoute

Joseph HAYDN : Sept « London » Symphonies.

oseph HAYDN : Sept « London » Symphonies.  Chamber Orchestra of Europe, dir. Claudio Abbado.  4CDs DG : 4778117.  TT : 48’59 + 42’55 + 55’35 + 53’48.

Ce coffret de quatre CDs présente les sept symphonies dites « londoniennes » de Joseph Haydn, composées lors de ses deux séjours à Londres en 1791-1792 (Symphonies n°93, 96, 98 et Symphonie concertante) et 1794-1795 (Symphonies n°100, 101, 102 et 103).  Superbe interprétation de Claudio Abbado et de son Orchestre de chambre d’Europe, solennelle, contrastée, énergique, expressive et fantaisiste qui redonne à Haydn tout son entrain.  On retrouve toute l’élégance du chef et le plaisir de jouer de l’orchestre dans une symbiose jubilatoire.

Récital au Japon : Christophe Boulier (violon) Sayat Zaman (piano)

Récital au Japon : Christophe Boulier (violon) Sayat Zaman (piano).  Promusica, association artistique.  Stick Music : P0902.  TT 53’12.

Ce disque est le prolongement de la tournée de concerts de ces deux artistes au Japon et particulièrement à Osaka et Yokohama, à l’occasion du 150e anniversaire officiel des relations franco-japonaises. L’occasion d’écouter Christophe Boulier dans une interprétation remarquable du Poème de Chausson, de la Sonate de Ravel, du 23e Caprice de Locatelli, de la Polka guerrière de Bull et de la Danse macabre de Saint-Saëns. La virtuosité du violon est tempérée par l’intelligence de l’interprétation et l’accompagnement clair et tout en sensibilité du piano. Des applaudissements mérités puisqu’il s’agit d’un enregistrement live.

Ludwig van BEETHOVEN : Bläsermusik.

Ludwig van BEETHOVEN : Bläsermusik.  Œuvres de Beethoven, Ferdinand Ries, Franz Danzi.  Ricercar Academy, Claude Maury (cor), Guy Penson (piano-forte).  RIC : 287.  TT : 66’08 + 54’39.

Ce coffret comporte deux disques : le premier nous donne à entendre plusieurs œuvres de Beethoven pour instruments à vent, le second, trois sonates pour cor naturel & piano-forte. Les œuvres de Beethoven pour instruments à vent sont des compositions de jeunesse, apparentées à la sérénade du XVIIIe siècle qui ne sont pas sans rappeler Mozart et ses œuvres maçonniques, ces « musiques à jouer », terrain d’expérimentation à de nouvelles formations instrumentales, parfois surprenantes, dégageant un climat amical et fraternel où transparaît le plaisir de jouer ensemble.  Les trois sonates, de Ries, Beethoven et Danzi, mettent en avant le thème romantique de la forêt (Waldhornsonaten), en même temps que les possibilités techniques et