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Catégorie : CDs&DVDs

Moins souvent interprété que l’Oratorio de Noël, celui de l’Ascension (Himmelfahrt) vient d’être enregistré pour le Label leipzicois RONDEAU PRODUCTION, par le Chœur de chambre Gutenberg (Mayence) et le Neumeyer Consort (instruments historiques), placés sous la direction de Felix Koch, en une version pleine de vitalité grâce à l’enthousiasme des interprètes et aux trompettes et timbales.



L’œuvre a été créée à Saint-Thomas (Leipzig), le 19 mai 1735. Le livret repose sur des sources néotestamentaires : Marc 16, 19 ; Luc 34, 50 et 52 ; Actes des Apôtres 1, 9-12, concernant l’envoi des disciples dans le monde. Le récit biblique est confié à l’Évangéliste, Christian Rathgeber (ténor), à la voix si persuasive ; des récitatifs sont accompagnés par la basse continue auxquels s’ajoutent les textes contemplatifs des Chorals et des prières du chrétien demandant au Christ de différer son départ. À noter, entre autres : le Chœur introductif, avec le tutti traduisant la louange, contrastant avec le récitatif de supplication : Ach Jesu ist dein Abschied schon so nah ? (Ton départ est-il déjà si proche ?) ; le Choral conclusif (avec tout l’effectif) reprenant les paroles de Gottfried Wilhelm Sacer (1697) : Wie soll es doch geschehen ? chantées

sur la mélodie de « Von Gott will ich nicht lassen » (1557) exposée en valeurs longues avec des imitations posant sur l’œuvre de caractère concertant un brillant point d’orgue.

Cette réalisation discographique est complétée par la Cantate de l’Ascension : Wer da gläubet und getauft wird (Celui qui croit et sera baptisé) (BWV 37, 1724) — comportant un énergique chœur d’entrée — et celle de Pentecôte : O ewiges Feuer, o Ursprung der Liebe (Ô feu éternel, ô source de l’amour) (BWV 34, 1746/7), particulièrement brillante et haute en couleurs. Les trois œuvres s’imposent par le respect de l’esthétique et des sonorités typiquement baroques. Une authentique réussite paraissant à point nommé pour le Jeudi de l’Ascension (mai 2018).
Édith Weber