Ophélie Gaillard — prestigieuse violoncelliste franco-helvétique, intrépide et d’un activisme débordant, titulaire des plus hautes distinctions internationales et discographiques — a signé autour de Richard STRAUSS (1864-1949) un programme éclectique et très raffiné pour violoncelle seul, violoncelle et piano (avec Vassilis Varvaresos), violoncelle et orchestre (Orchestre national symphonique tchèque, dir. Julien Masmondet) ou encore violoncelle, piano et mezzo-soprano (Béatrice Uria Monzon).

À découvrir immédiatement avec intérêt et admiration, entre autres, pour la sonorité et l’intériorité des mouvements lents (Andante de la Sonate en Fa majeur (op. 6), Andante cantabile de la Romance (op. 13) avec accompagnement d’orchestre) et pour les choix judicieux des tempi dans Don Quixote, Variations fantastiques sur un thème à caractère chevaleresque (op. 35).

Dans cette œuvre, le violoncelle est associé à Don Quichote ; le violon à Dulcinée ; l’alto à Sancho Panza. Elle traduit musicalement des atmosphères associées aux faits :

aventures, bataille, conversation, chevauchée, combat, duel, mort sereine, avec 1 thème et 10 Variations et une conclusion calme et expressive bénéficiant d’une extrême minutie. De plus, l’arrangement du compositeur pour violoncelle, piano et soprano de Morgen (extrait des 4 Lieder (op. 27), 1894, orchestrés en 1897) sur le poème de John Henry Mackay : Tomorrow, the sun will shine again (Demain, le soleil brillera à nouveau), traduisant le silence muet du bonheur, retiendra l’attention grâce au remarquable concours de Béatrice Uria Monzon.

Ce somptueux enregistrement, réalisé en 2018 par Little Tribeca, comptera dans les annales d’APARTEMUSIC. Il galvanisera les mélomanes par son exaltation, sa poésie, son lyrisme et sa plénitude sonore.
Édith Weber