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Catégorie : CDs&DVDs

De la « mélodie » avant toute chose : telle est la motivation de ce nouveau disque réalisé par le jeune et dynamique Ensemble Amarillis avec instruments historiques. Le programme placé sous le signe du lyrisme propose — autour de la forme Sonate en trio — des transcriptions qui, grâce à une instrumentation renouvelée, rendent un bel hommage à Handel (orthographe anglaise).

Héloïse Gaillard (flûtes à bec baroques et direction artistique) rappelle ainsi la genèse du « programme que nous avons choisi de concevoir autour du genre de la sonate en trio, est né d’une commande de la Philharmonie de Paris. À cette occasion, Bruno Reinhard — répondant à une commande du Musée de la musique — a reproduit une très belle flûte d’un facteur anglais contemporain de Haendel : Thomas Stanesby Junior. Cependant, l’opportunité donnée à Violaine [Cochard] par le Musée de la musique de jouer sur un remarquable Clavecin anglais Longman and Broderip nous a conduit à proposer en regard de ces Sonates en trio des pièces pour clavecin solo jouées seulement au clavecin ou instrumentées par nos soins pour notre formation. » Ces commentaires permettent aux auditeurs de mieux comprendre la démarche de cette

réalisation si originale sur laquelle règne l’esprit de la mélodie, ne perdant jamais de vue le lyrisme.



Les discophiles apprécieront la couleur instrumentale (flûte, violon et basse continue) des Sonates en trio en ré mineur (op. 2, 1) et en Fa majeur (op. 2, 4). Ils seront intrigués par la Première Suite imaginaire (flûte, clavecin, violon, violoncelle et théorbe) et la Seconde (mêmes instruments) selon la démarche de l’Ensemble Amarillis. « Plutôt que de faire entendre une Suite de clavecin seule entre des pièces de musique de chambre, nous avons eu envie de créer deux Sonates imaginaires dans l’esprit de la suite et de proposer un ordre en fonction de nos coups de cœur, en privilégiant la diversité des couleurs instrumentales et des formes. » De plus, elles ont demandé au compositeur contemporain Érik Desimpelaere de transcrire des pièces terminant chaque Suite, une Aria avec variations et une Chaconne pour la formation en trio et basse continue. Cette réalisation s’impose par la diversité timbrique émergeant aussi de la Deuxième Suite (extrait) pour clavecin seul (1720) et par la primauté accordée à la mélodie et à l’émotion : « Coup de cœur » assuré.
Édith Weber