La musique classique et romantique figure au centre des activités des Münchner Symphoniker. L’Orchestre, fondé en 1945 par Kurt Graunke, est dirigé depuis 2014/15 par Kevin John Edusei. Ce chef prometteur (né à Bielefeld en 1976) connaît un rayonnement international. Lauréat (2007) du Concours de direction de Lucerne, il est invité par de très nombreux orchestres en Allemagne, Angleterre et Autriche, entre autres.

La Symphonie n°4 « Tragique » en ut mineur (D 417) a été composée par Franz Schubert (1797-1828) à 19 ans, pendant une période pessimiste de sa vie, justifiant la tonalité d’ut mineur. Achevée en 1816, le compositeur l’a qualifiée ultérieurement de « tragique ». À noter une particularité dans l’orchestration comportant 4 cors, d’où l’importance accordée à la couleur. L’œuvre est structurée en 4 parties, spéculant sur les mouvements lents. 1. L’Adagio molto à 3/4 est de caractère solennel, recueilli et tendu, suivi de l’Allegro vivace plus dynamique et contrastant avec le deuxième mouvement : 2. L’Andante en La b majeur, à 2/4, qui traduit un lyrisme plus discret (avec deux cors en moins). 3. Le Menuetto-Allegro vivace, à nouveau en ut mineur, à 3/4, baigne dans la grâce. Enfin, 4. L’Allegro en ut mineur, à 2/2, plus développé et

animé, de caractère plus lumineux, se termine sur trois accords énergiques.

La Symphonie n°7 « Inachevée » en si mineur (D 759) — initialement numérotée 8 — a été achevée par le chef suisse Mario Venzago, d’où la parenthèse dans le titre : (Un)vollendete. Fr. Schubert, qui l’a commencée en 1822, y insiste sur les mouvements plus rapides. Le premier : Allegro moderato, en si mineur, à 3/4, présente le thème bien connu aux violoncelles ; l’atmosphère se fait plaintive. Le deuxième : Andante con moto, en Mi majeur, à 3/8, comprend un premier thème énoncé aux violons et un second à la clarinette, puis au hautbois. Le thème initial revient aux vents en guise de coda. Le troisième : Scherzo avec 2 Trios et l’Allegro moderato — dont il existait une esquisse pour piano — a donc été complété. Le texte de présentation tient compte de la redécouverte de Christa Landon aux Archives du Wiener Männergesangverein.

Dans la Symphonie n°4, Kevin John Edusei respecte les intentions de Schubert relatives à la traduction musicale figuraliste de son état d’âme. Dans la Symphonie n°7, l’habile reconstitution par M. Venzago est magistralement servie par les Münchner Symphoniker, dirigés de main de maître.
Édith Weber