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Catégorie : CDs&DVDs

Le compositeur et pianiste polonais, Raul Koczalski (1885-1948), est né en 1885. Très jeune, il est considéré comme le « Mozart polonais ». Selon Maryla Renat, il connaît un grand succès dans le monde sauf dans son pays natal. Il se perfectionne en piano auprès d’Anton Rubinstein ; vers 1903, il se consacre davantage à la composition, puis revient à une carrière européenne de concertiste mais — interné au début de la Première Guerre mondiale et coupé du monde artistique — il composera des œuvres de musique de chambre. Le Label polonais ACTE PRÉALABLE lui a déjà consacré un premier CD (Chamber Works 1, APO 383, 2017).

Le présent CD comporte deux de ses Concertos pour piano interprétés par Joanna Lawrynowicz — de nos jours, l’une des plus éminentes pianistes polonaises. Elle est accompagnée par l’Orchestre Symphonique Philharmonique des Basse-Carpates, placé sous la direction du chef italien Massimiliano Caldi (né à Milan en 1967), spécialiste aussi bien de musique symphonique que d’Opéra ; il est soucieux de faire revivre la musique polonaise du XXe siècle. Cet Orchestre, fondé en 1955, est actuellement considéré comme l’un des plus dynamiques de Pologne ; il se produit également en Europe (Autriche, Belgique, Tchéquie, France, Espagne, Allemagne, Suède…) et

compte de nombreux enregistrements discographiques à son actif. Le Concerto pour piano n°1 en si mineur (op. 79) de Raul Koczalski est structuré en 3 mouvements, selon l’esthétique classique : 1. Maestoso conférant un rôle important à la percussion et aux instruments à vent ; l’atmosphère s’y fait tour à tour majestueux, calme, lyrique (au piano) puis dramatique. Dans 2. l’Andante sostenuto rappelant les Nocturnes de Chopin, le piano rivalise avec l’orchestre. Enfin, le 3e mouvement : (à nouveau) Maestoso comporte des éléments mélodiques populaires.

Le Concerto pour piano n°2 en Sol majeur (op. 83) aurait été composé vers 1914 ; à cette époque, R. Koczalski en tant que pianiste était très apprécié en Europe. L’œuvre est tripartite : 1. Moderato de facture plus libre, apparenté à un allegro de sonate ; 2. Andante ; 3. Le finale Allegro energico, également proche d’un allegro de sonate, selon le texte de présentation, se réfère nettement au Concerto en si mineur de Tchaikovsky.

Voici, grâce à Jan A. Jarnicki et à son Label ACTE PRÉALABLE, une preuve de plus que la musique polonaise ne manque ni d’œuvres symphoniques concertantes, ni de pianistes de grande valeur. À découvrir.
Édith Weber