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Catégorie : CDs&DVDs

Philippe Entremont (né à Reims en 1934) a donné son premier concert en 1953 au Carnegie Hall). À 84 ans, il compte à son actif plus de 6000 concerts et entreprend encore en janvier 2018 une tournée en Chine (Shangai, Pékin) : véritable marathon, comme d’ailleurs son aîné Daniel Wayenberg (né en 1929) qui se rend cette année à Tahiti.

En une version aboutie, Philippe Entremont propose son premier enregistrement de la redoutable Sonate n°21 en Si b majeur (D 960) de Franz Schubert (1797-1828), composée en septembre 1828 et publiée en 1839 : son « chant du cygne ». Il rappelle : « depuis plus d’un demi siècle, je pense à cette Sonate — une œuvre si considérable, si envoûtante et si difficile dans sa simplicité. Le désir de l’enregistrer m’est venu plus tard, beaucoup plus tard, vers 2009, et c’était encore trop tôt… ». L’œuvre est structurée en 4 mouvements : 1. Molto moderato, très élaboré et de caractère mystérieux ; 2. Andante sostenuto, déchirant, d’une grande profondeur, avec un accompagnement lancinant ; 3. Scherzo. Allegro vivace con delicatezza, traduisant une joie assez spontanée ; enfin 4. Allegro ma non troppo très développé, aux

silences éloquents et avec une brève coda presto. Il a également enregistré la Fantaisie (D 940) en fa mineur, composée en mai 1828 (donc peu avant la disparition du maître, le 19 novembre), avec pour partenaire son élève au Conservatoire américain de Fontainebleau, le japonais Gen Tomuro. Ils s’imposent par leur toucher fin et délicat, leurs répliques précises et leurs tempi bien établis dans les 4 mouvements : Allegro molto moderato, Largo, Scherzo. Allegro vivace, Finale. Allegro molto moderato. Le disque se termine dans l’allégresse, aux accents de la Marche militaire n°1 (D 733) en Ré majeur, très entraînante.

Il s’agit vraiment d’une réalisation de la maturité, bénéficiant de la vaste expérience de Philippe Entremont dont nous avons pu suivre depuis tant d’années la brillante carrière internationale. Dans son texte de présentation, il conclut que Schubert est « tout simplement génial » : ce qui aussi le cas de cet enregistrement de l’infatigable pianiste.
Édith Weber