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Catégorie : CDs&DVDs

Le pianiste prodige Alexandre Kantorow reprend dans ce dernier album discographique l’ensemble du programme donné en récital l’an passé (2016) à l’auditorium de la Fondation Vuitton. Des œuvres de compositeurs russes qui permettent au jeune pianiste de 20 ans de faire montre de son pianisme ébouriffant. Un album qui met bien sûr en avant une virtuosité exceptionnelle mais également un jeu d’une extrême variété et d’une stupéfiante richesse en couleurs et nuances, digne des plus grands. La Sonate pour piano n°1 op. 28 de Rachmaninov ouvre l’album.

Composée en 1907, elle est inspirée du Faust de Goethe et se construit autour de trois portraits, le premier mouvement de structure complexe rend compte des atermoiements de Faust, le second dresse le portrait de Marguerite, tendre et poétique, contrastant avec le troisième épique, effréné, diabolique répondant au personnage de Méphisto. L’Oiseau de feu de Stravinsky, dans la transcription de Guido Agosti, confirme des moyens exceptionnels, le piano s’y déploie dans tous ses états, de la confidence murmurée de la Berceuse aux ruissellements torrentiels et aux développements symphoniques du Final. Méditation et Passé lointain sont extraits des 18

pièces de l’opus 72, composé en 1893, année de la mort de Tchaïkovski. Plus romantiques, prenant volontiers le ton de la confidence douloureuse, elles sont jouées, ici, sans mièvrerie, mais peut-être leur manque-t-il une certaine patine, privilège de l’âge. Le Scherzo à la russe (1867) enjoué et fougueux témoigne, quant à lui, d’un authentique plaisir de jouer malgré des difficultés techniques reconnues tandis qu’Islamey de Balakiev conclut ce superbe album sur une invitation à la danse particulièrement virtuose. Magnifique album, splendide pianiste. Plus qu’une découverte, une confirmation ! Indispensable!