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Catégorie : CDs&DVDs

Complices depuis de nombreuses années, le baryton allemand et le pianiste français se retrouvent encore une fois autour de Schubert, après leurs enregistrements des lieder de Wolf, Brahms et Schumann, pour ce superbe enregistrement du Schwanengesang (Chant du cygne) de Franz Schubert. Stephan Genz, spécialiste reconnu du Lied et Michel Dalberto, dernier pianiste vivant à avoir enregistré l’intégrale des œuvres pour piano de Schubert, font tout l’intérêt de cet album. Après le Winterreise, c’est aujourd’hui le Schwanengesang qui a les honneurs du disque. Un faux cycle, ensemble de quatorze Lieder mystérieux et variés réunis artificiellement par un éditeur après la mort du compositeur, caractérisé par leur hétérogénéité, parfois légers, hallucinés ou dramatiques, mettant à nu les différentes facettes de la personnalité complexe de Schubert, sur des textes de Rellstab, de Heine et de Seidl, tous réunis par une même «  poétisation » poignante apportée par la musique, tantôt mélancolique, lyrique, joyeuse ou encore théâtralisée du compositeur viennois.

Quatorze Lieder comme autant d’illustrations de la fameuse « Sehnsucht », terme difficilement traduisible en français, qui constitue le cœur de Lied. La souplesse de la

ligne de chant, l’engagement vocal, la perfection de la diction respectant au mieux la prosodie schubertienne, l’étendue de la tessiture, la beauté et la profondeur du timbre ainsi que la qualité magistrale de l’accompagnement pianistique, coloré, complice voire fraternel rendent compte du succès indiscutable auquel ce bel album peu prétendre. Cerise sur le gâteau, Michel Dalberto, en solo cette fois, nous offre une somptueuse lecture du Klavierstücke D. 946 n° 2, triptyque composé par Schubert en 1828, six mois avant sa mort et publié par Brahms en 1868, où la qualité pianistique le dispute à la poésie et au romantisme bouleversant du discours. Un très bel album dont il serait coupable de négliger l’écoute ! A ranger aux côtés des références du genre.