Maurice RAVEL : L’Enfant et les SortilègesMa Mère l’Oye.  Berliner Philharmoniker, dir. Simon Rattle.  EMI Classics : 2641972.

Le généreux minutage (72’28) de ce CD permet de disposer des deux grandes partitions de Ravel évoquant les enfants. C’est pour les deux enfants de ses amis Godebski que Ravel écrivit, pour piano à quatre mains, Ma Mère l’Oye, partition qu’il orchestra puis amplifia pour en faire un ballet. Simon Rattle a su traduire cette féerie avec juste ce qu’il faut de naïveté pour retrouver l’atmosphère des contes pour enfants.  Composée essentiellement en 1924, sur un texte de Colette, la « fantaisie lyrique » L’Enfant et les Sortilèges fait appel à pas moins de vingt et un rôles chantés, à un chœur mixte et à un chœur d’enfants. La lecture que nous propose Simon Rattle est très convaincante.  Il est servi par de bons chanteurs, dont certains,

comme Nathalie Stutzmann ou José Van Dam, sont heureusement obligés de respecter la tonalité de la partition, alors qu’ils transposent sans vergogne, trahissant le compositeur, lorsqu’ils enregistrent des mélodies.  Le Berliner Philharmoniker est à la hauteur de sa réputation. Quant à la prise de son, réalisée en concert, elle est bien spatialisée.