Gabriel FAURÉ : Ballade pour piano & orchestre op.19.  Berceuse pour violon op.16.  Élégie pour violoncelle & orchestre op.24.  Concerto pour violon & orchestre op.14. Romance pour violoncelle op.69. Fantaisie pour flûte & orchestre op.79. Fantaisie pour piano & orchestre op.111.  Jérôme Ducros, piano.  Jean-Marc Phillips-Varjabédian, violon.  Henri Demarquette, violoncelle.  Juliette Hurel, flûte.  Orchestre de Bretagne, dir. Moshe Atzmon.  Timpani : 1C1172.  TT : 64'.

Voilà un CD fort intéressant qui réunit - pour la première fois - les œuvres concertantes de Fauré. La chose est d'autant plus inédite que le grand compositeur, qui manie si bien la musique de chambre et le piano, « semble tourner le dos à l'orchestre toute sa vie » (Hanna Krooz). Et pourtant, si on n'y trouve pas les plus grandes inspirations, que de pages délicates qui portent la marque souveraine de leur auteur. La forme concertante, on la trouve d'abord pour le piano : la célébre Ballade, à l'origine pour piano seul et orchestrée entre 1879 et 1881, ne dépare pas avec un accompagnement d'orchestre.  Jérôme Ducros en livre une exécution sensible.  La Fantaisie pour piano, écrite d'abord pour deux pianos, fut créée dans sa version concertante par

Cortot en 1919, sous la direction de Vincent d'Indy.  On retrouve la manière de ballade modulante si caractéristique du grand maître, même si l'orchestre apporte « une sorte de convention de concert » (ibid.).  Le violon ensuite, avec la Berceuse, bis favori des violonistes dans sa version avec piano. Elle n'en est pas moins tout aussi habitée en forme concertante.  Le Concerto pour violon op.14, joué d'un seul tenant, est certes d'inspiration inégale ; mais sa sobre virtuosité produit un agréable effet. Curiosité donc, qui ne remplacera jamais le grand concerto romantique qu'attendaient les admirateurs de Fauré.  La flûte enfin, avec la Fantaisie op.79, à l'origine morceau de concours du Conservatoire, qui ne fut orchestrée qu'en 1957 par Louis Aubert, et créée par Rampal : jolie variation tour à tour élégiaque et pimpante où transparaît cette suprême élégance française teintée d'esprit, marque indélébile de la manière fauréenne.  Les belles exécutions solistes trouvent en Moshe Atzmon et dans le dynamique Orchestre de Bretagne de sympathiques partenaires.