Musicologue, essayiste, chargé d’enseignement à l’Université de Versailles-Saint-Quentin, formateur auprès du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), chargé de mission en matière de formation, d’information et d’inspection au sein de la Société des éditeurs et auteurs de musique, membre fondateur de la revue Analyse Musicale, professeur de conservatoire à Paris, Gérard Ganvert a accepté de faire un tour d’horizon sur ce qu’on appelle vaguement l’éducation musicale. Il a parlé sans détour et nous reproduisons textuellement sa pensée.

Comment va l’éducation musicale en 2017 ?
L’éducation musicale c’est deux choses. C’est la musique à l’école, et ce que l’on appelle l’enseignement musical spécialisé, c’est à dire les écoles et conservatoires de musique. A l’école c’est l’enseignement général. Depuis Jules Ferry on l’a rajoutée en douzième et dernière discipline car on l’avait oubliée. On l’a mise après la gymnastique. Cet enseignement a toujours été un problème et pour répondre à votre question, c’est toujours un problème. Comme les familles ont voulu donner une éducation musicale véritable à leurs enfants, depuis les années soixante dix s’est développée une culture municipale avec les écoles de musique et les conservatoires ; ils se sont développés pendant quarante ans. Aujourd’hui on arrive à un véritable problème car cette éducation musicale coûte chère et ne touche pas assez d’électeurs pour que les politiques s’en préoccupent !

Est-ce que cela veut dire que la musique dans les écoles n’a plus aucun intérêt, alors que l’éducation physique est devenue une priorité pour le soi-disant épanouissement des jeunes !
La musique à l’école est devenue un tel problème que les communes riches se sont depuis les années quatre vingt pourvues de ce qu’on appelle des intervenants. La ville de Paris est la plus ancienne, avec un corps de PVP, professeurs de la Ville de Paris qui interviennent adossés aux professeurs des écoles. Mais dans les autres communes, puisque ce sont des fonds municipaux, seules les communes riches peuvent entretenir un tel corps. L'Éducation nationale ne fait pas son travail, elle n’arrive pas ou ne veut pas le faire, là c’est un autre débat. Finalement ce sont les collectivités locales qui avec l’argent local entretiennent des intervenants à l’école primaire. C’est donc totalement inégalitaire car il faut payer deux fois pour faire de la musique à l’école !

Est-ce que cela entraîne que l’éducation musicale est considérée comme une éducation élitiste ?
C’est l’argument qui est utilisé par les politiques : élitiste, dans leur bouche, est qu’on ne touche pas assez d’électeurs ! II n’y a pas d’élitisme au sens sociologique du terme, personne ne choisit ses élèves. Élitiste voudrait dire que je ne n'enseigne qu'aux petits blonds aux yeux bleus ! C’est totalement ridicule, on ne peut pas taxer les établissements spécialisés, les conservatoires, d’élitisme parce qu'ils n’ont pas assez de moyens pour accueillir tout le monde ! C’est un enseignement spécialisé donc ça ne touche que peu de monde.

C’est dommage de penser que c’est spécialisé alors que la gymnastique, le dessin, les mathématiques ne le sont pas considéré !
Il y a des écoles d’art pour les arts plastiques. On pourrait dire : comment se fait-il qu’il y a un Yalta de la culture entre les arts ? Lorsque l’on parle de l’histoire de l’art, la musique est absente. Pour la musique on fait de l’histoire de la musique, mais pas de l'histoire de l’art en général ! En France, la musique ne fait pas partie des structures institutionnelles de l’art !

Alors que veut dire Ministère de la Culture !
Le Ministère de la Culture s’appelait à l’origine Ministère des Affaires Culturelles, c’était une vue patrimoniale de la culture, c’est à dire les musées, les bibliothèques, le patrimoine immobilier, les monuments historiques, etc. C’est Giscard d’Estaing en soixante-quatorze qui a utilisé le mot culture, qui était un mot « ringard ». Il a créé un Secrétariat d'État à la Culture avec Michel Guy puis Françoise Giroux… Bourdieu ou des gens comme lui expliquent bien que finalement les structures ne créent pas les strates culturelles de la société, elles n’en sont que dépositaires. S’il y a des ghettos culturels ce n’est pas à cause des institutions mais de la société française.

Si on avait un président qui aimait la musique cela ferait-il bouger les choses ?
Certainement ! Seulement nos élites politiques ne sont pas formées à cela. Si elles le sont, elles ne l’utilisent pas dans leur mandat politique. On n’a pas de musiciens comme l’était Edouard Heath, qui avait recours à la musique pour la politique.

Il y a quand même un homme politique français qui a écrit un livre sur la musique...
Oui, Bruno Lemaire, sur le chef d’orchestre Carlos Kleiber. Mais cela reste de la sphère privée mais pas de celle politique. Leur admiration va à la peinture, à la littérature, comme Mitterrand ou Pompidou. La musique, elle, échappe au pouvoir ! Il y a une inculture musicale fantastique, justement parce que l'Éducation nationale ne remplit pas son rôle. Les conservatoires ne concernent qu’une petite partie de la population, et il y a ces vues politicardes qui pensent que c’est élitiste !

Il y a une demande quand même lorsqu’on voit le succès des journées comme celles de Nantes, celle de Royan ou de Reims ou même le mois d’août au Parc Floral de Vincennes. Ce ne sont pas des lieux élitistes mais bien des manifestations populaires qui attirent un public large et non spécialisé ?
Bien entendu mais ce sont des projets privés !

Il existe quand même un terreau ?
Rien n’est vraiment fait pour la diffusion de la musique classique, c’est aussi un problème économique. Dans les médias on entend quatre vingt dix neuf pour cent de musique de variétés. Il y a quelques émissions sur les chaînes publiques, très sporadiques, comme les Victoires de la Musique où l’on voit apparaître de nouveaux artistes…

Il y a quand même un paradoxe : ce sont des jeunes qui interprètent cette musique et des gens plus âgés qui viennent les écouter.
On n’a pas de véritables études là-dessus. Si vous allez à l’Opéra vous verrez que le public est assez jeune. Les gens plus âgés ont des abonnements pour aller au concert, c’est leur culture sociologiquement.

Ils ont été jeunes, comment ont-ils fait pour se former ? A l’école il y avait un enseignement à l’époque?
Mon père me disait que, dans la rue, le peintre ou le maçon sifflait de l’opéra. La radio, la télévision, à l’époque, diffusaient de la musique classique à l’heure de grande écoute. En 1920, à la naissance de la radio, il y avait des orchestres de radio qui jouaient en direct le répertoire. L’opéra était retransmis en direct. On n’a plus cela aujourd’hui.

C’est un problème économique ?
C’est un problème politico économique, c’est à dire que les politiques, comme je le disais précédemment, pensent que ce n’est pas vendeur. Même Bruno Lemaire qui a écrit son livre sur Kleiber, n’a jamais parlé de musique dans ses discours. Cela prouve bien que cela ne fait pas partie des éléments vendeurs. Pour moi c’est une mauvaise analyse.

Pourtant économiquement ce sont des retombées énormes !
Il y a deux ans il y a eu une enquête sur le secteur de la culture : il passe devant le secteur de l’automobile en termes d’emplois et de retombées économiques! Personne n’en parle dans les médias ! Mes parents, lorsque je leur avais dit que je voulais travailler dans le secteur de la musique, pensaient eux que j’allais devenir un clochard !

Lorsqu’on voit en été le nombre de festivals en France, on peut se rendre compte qu’il y a un public énorme qui n’est pas formé, pas que des mélomanes avertis...
Bien sûr, c’est là où le politique se trompe. Pour des raisons professionnelles je rencontre souvent des hommes politiques. Lorsque j’emploie le mot musique, ils me rétorquent aussitôt qu'il n’y connaissent rien, que d’ailleurs ils chantent faux ! C’est dramatique comme réponse.

On ne lui demande pas de monter sur scène !
Ni de chanter ! Cela veut dire quoi de chanter faux ? J’ai fait de l’histoire de l’art avec Jacques Thuillier (historien de l’art), et lorsqu’il nous parlait des phylactères au Moyen-âge, des bulles qu’il y avait dans les tableaux et qui en général reprenaient les lamentations de Jérémie, il se tournait toujours vers moi qui étais étudiant en musicologie, et me disait : c’est bien ce qu’on appelait Les Leçons de Ténèbres chez Couperin ? Il avait besoin d’être conforté par un soi-disant spécialiste de la musique. Les Lamentations de Jérémie sont effectivement Les Leçons de Ténèbres chez Couperin ou chez d’autres.

Aux États-Unis, en Allemagne, les universités ont leur orchestre, ce sont des initiatives privées aussi ?
L'Éducation nationale c’est un million trois cent cinquante mille personnes, c’est une des plus grosses entreprises au monde. Par comparaison, aujourd’hui Walmart, l’épicier américain, la troisième plus grande entreprise mondiale, 2,2 millions personnes dans le monde. Si on voulait véritablement développer une instruction musicale, sachant que tous les petits français passent par l’école, on pourrait le faire, il faudrait s’en donner les moyens. Le problème c’est l’école primaire : le pauvre professeur des écoles n’a pas les compétences pour enseigner la musique. Tout ce qui est enseignement artistique demande une formation spécialisée. Comme personne ne veut payer pour avoir ce personnel, avec nos impôts on paye un enseignement qui n’est pas fait ! Si vous voulez que vos enfants apprennent la musique vous allez entretenir une école de musique, un conservatoire, avec des impôts locaux, vous payez deux fois ! Pour les inscrire vous devez payer des frais de scolarité. Vous payez donc trois fois ! Cela ne dérange personne ! Le personnel spécialisé en art plastique, musical, devrait être pris en charge sur le budget national mais pas sur les collectivités qui sont plus ou moins riches.

Pendant la classe les professeurs des écoles ne pourraient-ils pas faire écouter de la musique ?
Cela existe mais ce ne sont que des tentatives individuelles. J’ai connu une personne qui était très bon musicien avec qui je jouais et qui était professeur PEGC de maths. Il était donc professeur principal en tant que prof de math, ave le préstige, et il donnait aussi des cours de musique à l’école. Mais ce ne sont là que des opérations rares et individuelles.

On donne bien aujourd’hui des cours sur le cinéma, pourquoi pas sur la musique...
La musique est plus compliquée, c’est un art plus compliqué, c’est un art du temps, c’est un art qui repose sur la mémoire. Le cinéma est concret, la musique abstraite.

Bon je veux bien, mais si j’aime Berlioz c’est grâce à mon professeur de musique !
Si je suis devenu musicien c’est à cause de mes professeurs de l’époque, c’est un autre temps !

On n’a pas parlé des conservatoires. C’est très compliqué de mettre son enfant dans ces structures. On a inventé le tirage au sort qui est soi-disant plus démocratique. C’est quand même une foutaise, non ?
C’est principalement à Paris qu’on a inventé ce mode d’inscription. On va rappeler que Paris n’est pas la France ! Son statut est doublement dérogatoire au droit commun, ça fonctionne totalement bizarrement. Les conservatoires parisiens se sont développés dans la deuxième mandature du maire de Paris, sous Chirac. On a commencé la construction de bâtiments spécifiques dédiés aux conservatoires. Un exemple : en 1985 a été construit le conservatoire du 18ème arrondissement. Il a été construit pour 750 élèves. Aujourd’hui il y en a 1300 ! Non seulement il y en a 100% de plus mais monsieur Vincent Peillon a modifié les rythmes scolaires, il a rétabli ce qui avait été supprimé en 2008 : en 2013 en redonnant le mercredi matin à l’école, les conservatoires ont perdu une demi journée. Non seulement il y a eu le double d’élèves mais avec une diminution du temps d'enseignement. Pour pouvoir inscrire leur gamin dès l’ouverture des inscriptions, on a vu cette chose insensée : des parents qui dormaient devant le conservatoire pendant une nuit ou deux dans des duvets ! C’était politiquement incorrect, on a donc créé une manière pseudo démocratique, du tirage au sort ! Si vous avez deux enfants l’un pourra entrer et l’autre pas ! Je n’ai toujours pas compris cette démocratie !

Qui a inventé cette ineptie ?
C’est l’équipe qui est là en ce moment à la Mairie ! Ce sont des gens qui ont une haine de la culture légitime. Je pense qu’ils sont eux-mêmes assez incultes ! La culture, pour eux, c’est « youkaidi youkaida » on fait tout ensemble. Ils sont persuadés que les conservatoires choisissent leurs élèves, ce qui est totalement faux. Moi qui enseigne au conservatoire du 18ème, j’ai certaines mères qui sont voilées, j’ai des gamins plus que modestes et je n’ai pas fait de choix. A la Mairie de Paris ils sont encore persuadés que notre enseignement est formaté pour les enfants de bourgeois, ce qui est totalement faux. Il faudra m’expliquer pourquoi étudier Molière serait moins bourgeois que d’étudier Mozart ou Bach !

Qu’en est-il de la diffusion de la musique d’aujourd’hui ?
Al Jarreau vient de mourir, à 76 ans. J'ai entendu un jeune professeur de musique actuelle dire que si on l’étudiait ce n’était pas une musique actuelle ! Pourtant il était d’aujourd’hui et chantait du jazz ! Alors que veut dire une musique actuelle ?

Le Jazz est la vraie musique actuelle pour moi ! Être compositeur de musique de répertoire est un vrai problème pour se faire entendre...
C’est un problème sociologique. Il y a de la musique contemporaine, savante, on va dire, expérimentale comme celle de l’Ircam et celle d’aujourd’hui taxée de post moderne. On revient à l’aspect tonal mais on utilise des moyens à la fois techniques, technologiques, de développement qui sont nouveaux et c’est en cela qu’elles sont post-modernes. Le problème est que l’on a du mal à la faire entendre parce qu’il n’y a pas de nombreux lieux où on peut l’entendre. Il y a le Festival Présences de Radio France, Musica à Strasbourg. Il y a quelques grands compositeurs qui ont bénéficié du support du cinéma pour s’exprimer, Duhamel, Delerue, Jansen. Ce dernier que j’ai bien connu, disait qu’il n’y a pas de compositeurs de musique de film ; seulement des compositeurs de musique. Je pense qu’il apporté beaucoup à la qualité des films de Chabrol. J’ai eu la chance d’assister à des enregistrements interprétés par de grands musiciens.

Alors comment les faire connaître ? Il y a un vrai problème ?
Ce n’est qu’un problème économique. Par rapport à un tube, la musique dite classique ne représente qu’un tout petit pourcentage dans le marché. C’est un cercle vicieux : ça ne rapporte pas donc on n’en joue pas, on n’en joue pas parce que ça ne rapporte pas.

Mais Cecilia Bartoli, vend bien, Gorecki et sa Troisième symphonie a vendu des millions de disques. Qui aurait parié sur Marin Marais, alors que le disque de Savall s’est vendu à des milliers d’exemplaires. Et je pourrais citer la Cinquième de Mahler, le concerto n° 21 de Mozart…
Il faudrait un véritable commentaire médiatique que l’on n'a pas, et c’est le rôle des revues, des radios, aujourd’hui d’internet, même si la qualité n’est pas suffisante pour apprécier la musique de répertoire.

Les compositions d’« Un Ticket pour l’Espace », « Prête-moi ta Main », d'Éric Lartigau c’est lui, la plupart des films d’Olivier Marchal c’est lui, « Première Étoile », cette superbe comédie de Lucien Jean-Baptiste, c’est aussi lui. C’est dans son studio au Père Lachaise, face à un petit déjeuner copieux, arrosé de plusieurs cafés no « What Else », que nous avons parlé musique à l’image pendant presque une matinée ! Ce compositeur talentueux, à l’humour féroce, a parlé souvent off record ; donc ce sera une interview sur son parcours, raccourcie et bien sage, que j’ai retranscrit ici.

Clarinettiste classique, dès son plus jeune âge, au conservatoire de Lorient, il a grandi dans une ambiance rock des années soixante-dix car ses trois grands frères étaient musiciens dans des groupes, style Deep Purple. Le jazz il ne connaissait pas. Parallèlement il s’est très vite intéressé aux synthés….

 

Lauréat des Audi Talents Awards 2016 pour la musique à l’image, Romain Benitez a un parcours atypique. Il a la trentaine, très ouvert, chaleureux ; comme ses prédécesseurs il s’est plié avec beaucoup de gentillesse à l’exercice de l’interview à deux pas de la galerie d’Audi Talents qui offre des manifestations tout le long de l’année.

Comment êtes-vous venu à la musique de film ?

Très progressivement, il n’y a pas eu de révélation particulière en regardant des films, je suis musicien depuis l’âge de dix ans, j’ai une formation de batteur ; Stuart Copland du groupe Police me fascinait, je n’avais pas la culture jazz, plus pop, mais quand j’écoute les rythmiques de Miles Davis je suis fan ; je ne mets pas de nom sur ses musiciens, j’apprécie aussi Tony Allen, c’est toute mon adolescence, ainsi que tous ces batteurs afros.

Cette batterie vous l’avez apprise tout seul ? Non, c’est le seul instrument que j’ai appris avec un prof.

Vous aviez monté des groupes ? À ce moment là j’étais au collège et peu de gens avaient la même vision de la musique que moi, j’étais attiré par les musiques très syncopées, les musiques afro-caribéennes, le reggae, la musique jamaïcaine, le ska, ce sont des musiques très complexes, j’avais fait un mémoire sur ces musiques.

Vous avez fait des études musicologiques ? Oui, à Marne-la-Vallée, cela s’appelait matériaux sonores, très orientés musiques concrètes, mais à la base on apprenait la musique du Moyen Âge, de la renaissance, etc., etc.

Et la batterie dans tout cela ? Je n’en faisais plus trop car j’étais passé à la basse, l’instrument que je maîtrise le mieux ! C’est vraiment la colonne vertébrale du reggae.

SEVERINE ABHERVE

L'agence TraxZone s'est donné pour mission de promouvoir des films (et des images) par la musique, des musiques pour l'image (films, séries TV et téléfilms, jeux vidéo,...), des compositeurs (et autres professionnels du secteur), ainsi que des événements autour des musiques de films (concerts, master-classes, festivals). Séverine Abhervé, experte en musique de film, fondatrice de l'agence est en charge des relations publiques.

Quand vous est venue l’idée d’écouter de la musique de film ?

Je suis la seule musicienne de ma famille et le premier souvenir de musique de film que j’ai, c’est le générique de fin du « Professionnel » (Verneuil-Morricone), je devais avoir sept ou huit ans, j’avais des frissons partout, et à partir de là je n’ai pas décroché ! Cette envolée de l’hélicoptère avec la musique de Morricone, était ma première émotion pour la musique de film.

A cet âge on vous a laissé regarder ce film ?
Arrivée à la fin, je me suis faite gronder.
https://www.youtube.com/watch?v=EXFtSoKcf2M

 

Musicienne, superviseur, agent de compositeurs de grande qualité, c’est une vraie artiste qui nous a reçu cordialement dans la cuisine de son bureau, où autour d’un café, elle nous a parlé de son expérience autour de la musique à l’image et des compositeurs qu’elle défend.

Comment s’intéresse-t-on à la musique de film ?
D'abord on s’intéresse à la musique.

Vous avez été professeur de musique ?
Je l'ai été mais très peu de temps. J’ai une formation classique et jazz ; j’ai fait le conservatoire de Dijon, puis à Paris j'ai fait un deug de musicologie ; être professeur de musique était en fait pour me payer mes études.

Jouiez-vous d'un instrument ?
Je faisais du piano, dans ma famille tout le monde fait de la musique, cela fait partie de notre culture ; je viens d'une famille juive marocaine, on était des amateurs, mes frères avaient monté un groupe de Rythm & Blues dans les années 70, à l'époque j'avais 14 ans ! Par la suite j'ai joué dans des groupes de tous les styles, ensuite à Paris j’ai fait ma licence, mais je n'ai pas terminé mon Master, puis un mémoire sur l’improvisation en jazz (que je n’ai pas tout à fait terminé), parallèlement j’étudiais au Cim pour le jazz, le piano jazz avec Michel Précastelli, et avec Ivan Julien, Lagrène, le guitariste, j’étais dans la classe d'orchestration pour big band; puis à l’Institut Catholique de Paris, j’ai suivi une formation pour laquelle j’ai obtenu le diplôme de « pédagogie musicale active » une formation musicale active ; c'est Carl Off qui avait mis au point cette méthode, qui, quelque soit l'âge, permet d'apprendre la musique, non pas avec le solfège, mais à travers le corps, une gestuelle extrêmement complexe, c'est une méthode d'apprentissage assez efficace qui peut aller jusqu’à un niveau très pointu d’interprétation de la musique pour un ensemble instrumental et vocal assez important .

Avec sa cheffe Claire Gibault, le Paris Mozart Orchestra s'engage

En 2011, la cheffe d'orchestre Claire Gibault fonde le Paris Mozart Orchestra (PMO) à l'image de son grand frère italien le Bologna Mozart Orchestra qu'elle a mis sur pied en Italie avec Claudio Abbado. Cet ensemble de 40 musiciens s'est donné, entre autres activités, la mission d'intervenir en milieu scolaire. Il s'agit pour l'orchestre d'aller jouer dans les écoles (primaires, collèges et lycées) et d'inviter le jeune public à ses concerts parisiens. C'est ainsi qu'est né Un orchestre dans mon bahut, une formidable initiative qui reçoit cette année le soutien financier de « La France s'engage » dont le PMO est lauréat. Nous avons demandé à Claire Gibault de nous en révéler l'originalité et toutes les modalités

 

Quel est le profil de votre orchestre Paris Mozart Orchestra ?

 

Nous ne sommes pas institutionnels. C'est un ensemble à géométrie variable qui n'a que cinq ans d'existence. C'est encore jeune pour une formation. Il s'adapte idéalement aux formats de la musique contemporaine, aux projets pédagogiques et à l'économie d'une telle entreprise. Ses contraintes nous rendent d'autant plus inventifs.

Diane Kurys : L'émotion d'un film passe par la musique

Actrice, puis réalisatrice, elle a réalisé dans les années 70, d’après son roman autobiographique, « Diabolo Menthe », une histoire qui se passe en 1963. Ce film a été un véritable phénomène de société. Suivront une douzaine de films qui auront plus ou moins des succès, mais seront des films toujours faits avec beaucoup de sincérité et avec très souvent des personnages attachants. Elle changera fréquemment de compositeurs et c’est en cela que nous nous sommes intéressé à ses choix.

 

 

 

Lorsque l’on regarde votre carrière de réalisatrice, on est étonné par la diversité des compositeurs avec qui vous avez travaillé ; était-ce un choix délibéré ?

 

Je n’ai jamais d’à priori. Un film, c’est chaque fois une aventure différente et de la même façon, lorsque j’écris, ce n’est jamais pour un acteur. Ce sont les personnages qui m’intéressent au départ, ensuite le casting s’impose, comme pour l’équipe et aussi pour le musicien. Le compositeur, c’est le seul collaborateur où vous n’avez aucune influence réelle : je veux dire qu’un acteur, vous pouvez le diriger, éventuellement, s’il est dirigeable ; le compositeur, c’est un autre créateur qui peut vous apporter l’univers dont vous avez rêvé et qui peut aussi partir dans une autre direction qui peut être la plupart du temps profitable. J’ai rarement eu des regrets. Chaque film a sa musique. Ce sont des films de moi mais avec des sujets différents. J’ai fait des films d’époque, des contemporains, un film sur George Sand et Musset, sur Françoise Sagan, sur mes parents, sur ma famille, sur mes racines, sur mon enfance. J’ai fait des films personnels qui me ressemblent et je n’ai jamais eu envie d’avoir toujours le même compositeur.

Une journée particulière dans Les Siècles

Ce 3 septembre 2016, en face de la magnifique cathédrale XII ème siècle Notre Dame de Laon, on pouvait entendre venant des fenêtres de La Maison de la Culture et des Loisirs, un orchestre, La Symphonie des Siècles, qui répétait « Les Danses Symphoniques Opus 45 » de Rachmaninov. Cette œuvre est la dernière composition symphonique qu'a écrite ce compositeur, en 1940. C'est le chef assistant Mathieu Romano qui dirige cette répétition. Mais cet orchestre n'est pas comme tous les autres, il est unique ! Il est composé de jeunes musiciens, même très jeunes - certains ont 11, 12 ans - de professeurs de musique des conservatoires de l'Aisne et de musiciens professionnels qui viennent de l'orchestre fameux, Les Siècles, créé en 2003 par François-Xavier Roth. Le 4 septembre 2016 La Symphonie des Siècles devait donner un concert dans la cathédrale réunissant ces Danses Symphoniques et le Concerto n°4 de Beethoven avec au piano Vanessa Wagner.

Éric Demarsan

Éric Demarsan : J'ai la chance de travailler

 

 avec de gens qui aiment la musique

 

  Dès qu'on parle de ce compositeur à la moustache fournie, on pense aux deux chefs d'œuvres de Jean-Pierre Melville : « L'Armée des Ombres » et « Le Cercle Rouge ». Mais sa carrière ne s'est pas arrêtée dans les années 70. Avec beaucoup de gentillesse il a accepté de refaire un survol sur son métier de compositeur pour l'image.

Cinquante ans de musique pour l'image ?

 

Le premier film de ma carrière c'était la série de Cécile Aubry, « Sébastien Parmi les Hommes », 1967 je crois. Donc vous calculez, presque cinquante ans effectivement !

 

 En cinquante ans avez- vous vu des évolutions, des révolutions, au sujet de la composition et des réalisateurs ?

 

Oui on ne peut pas dire le contraire, mais c'est surtout l'évolution de la technique qui a joué. Je ne suis pas certain que les réalisateurs soient aujourd'hui plus attirés par la musique. Il y en a toujours qui ont des oreilles en plomb !

Bertrand Chamayou, un pianiste dans son temps !

C'est dans un café bruyant à deux pas de chez lui dans le Paris du Faubourg Montmartre qu'il m'a donné rendez-vous deux jours à peine après lui avoir adressé un courriel ! Chaleureux, décontracté, un habitué du café ; mais où personne ne sait exactement qu'il est un artiste demandé dans le monde entier, qu'il a gagné des victoires de la musique à la télévision et qu'il est « booké » jusqu'en 2021 !Vous acceptez beaucoup d'interviews, pourquoi encore une nouvelle : rien de nouveau dans votre actualité ?La vérité c'est que je refuse très rarement une interview sauf si ce sont des hurluberlus qui en demandent. Mais, j'ai lu votre mail, l'Éducation Musicale, c'est très bien, et je me suis dit trouvons un moment, c'est tout ! Je ne suis pas du genre à rechigner à faire des interviews, ou qu'on me filme, qu'on m'enregistre. Autant pour les concerts je suis très sélectif, autant là j'ai plaisir à échanger. En général, je commence à m'entretenir avec la personne pour savoir à qui j'ai affaire : si vous ne m'étiez pas sympathique peut-être vous auriez une interview plus succincte ; mais apparemment nous avons pas mal de choses en commun. Elle s'annonce donc de bonne augure…

Philippe Le  Guay : « un film secrète un imaginaire musical »

Réalisateur éclectique d'une dizaine de films – Les Deux Fragonard, Le Coût de la Vie, Les Femmes du Sixième étage, Alceste à Bicyclette, Floride.. -, il nous a reçu à la Maison des Auteurs SACD, pour que l'on parle de ses rapports à la musique de film.

Comment avez-vous trouvé, pour votre premier film, Jorge Arriagada avec qui vous avez fait quatre films par la suite ?

C'était le compositeur attitré de Raoul Ruiz. J'avais un rapport assez proche avec son  cinéma, et surtout j'avais remarqué qu'il y avait une forme qui frisait l'abstraction avec des motifs quasi algébriques de narration, des jeux de renversements, de miroir, des choses très sophistiquées, et en même temps il y avait un lyrisme ; toutes les dimensions émotionnelles étaient amenées par la musique. C'est probablement cette tension qui existe entre la musique, d'un côté, et cette écriture tellement distanciée, de l'autre, qui est une grande composante du style de Raoul Ruiz. J'en serais resté là si ce n'est que j'ai rencontré Jorge Arriagada au cours de la projection d'un film d'un ami réalisateur, Laurent Perrin, aujourd'hui décédé. et je lui ai proposé d'écrire la musique de mon premier film « Les deux Fragonard ».

Nicolas Errèra : Il faut que la musique touche !

Nicolas Errèra, la belle quarantaine, a une formation classique - cours de piano et de composition à  l'École Normale de Musique de Paris avec pour professeurs Serge Petigirard (pour le piano),  Max Deutsch (pour la composition) et Laurent Petitgirard (pour la composition de musique de film). Plus tard, il participe à la classe de musique acoustique au CNSMD. Il est le compositeur de "Le Papillon", du générique de "En Terre Étrangère", de la série" XIII", de "L'Outremangeur", "Nocturna", "Le Guetteur", des pièces mises en scène par John Malkovitch, et d'autres films dont il nous parle dans cet entretien.

Il a accepté, entre deux avions pour la Chine ou les USA, de nous recevoir dans son studio dans une proche banlieue parisienne.

Maurice Emmanuel (1862-1938)

« Un maître, dans tous les sens du mot. Un maître écrivain et un maître penseur, un maître critique et un maître érudit, qui distribuait autour de lui l'enseignement le plus fécond, et aussi un "créateur" qui laisse des œuvres remarquables, mais on ne s'en aperçut pas de son vivant. Des dons qui s'allient rarement : une intelligence lumineuse, un esprit d'analyse prodigieux, une extraordinaire puissance de réflexion qui dissocie les éléments de la réalité ou des créations de l'art, et en même temps ce mystérieux fonds de sensibilité et cet esprit de synthèse qui produisent les chefs-d'œuvre. »

 

[Paul Landormy, sur Maurice Emmanuel, in La musique française après Debussy. NRF Gallimard, 1943, p. 205-209]

 

 

 

Aussi chaleureuse que passionnée par son sujet, c'est à Antony, siège de l'Association des amis de Maurice Emmanuel dont elle est la cheville ouvrière, que m'a longuement reçu Madame Anne Eichner Emmanuel. Pour me parler du grand compositeur, son grand-père, dont elle possède un fonds considérable de partitions, lettres et autres documents. C'est donc à elle qu'est dû l'essentiel des lignes qui suivent.

Valentin Hadjadj : de la musique qui sert l'action

Pour son premier long métrage « Avril et le Monde Truqué » de Franck Ekinci et Christian Desmares, avec des dessins de Tardi, le jeune compositeur Valentin Hadjadj a remporté plusieurs prix internationaux dont celui de l'UCMF pour la BO. Il a fait ses études musicales à Lyon, a suivi des stages auprès de compositeurs confirmés, a écrit pour des courts-métrages. Il accepté autour d'une bière un rendez-vous avec nous.

 

Comment êtes-vous arrivé sur ce long métrage d'animation, tout jeune compositeur avec aussi peu d'expérience ?

Je pense que c'est mon agent Jean Pierre Arquié et le conseiller musical Emmanuel Deletang qui m'ont recommandé. Il y avait déjà un compositeur sur le film, c'était quand même spécial comme situation. Les compositeurs qui ont plus de bouteille n'acceptent pas ce genre de condition.

Jacques Lenot, un musicien en quête de secret

Jacques Lenot est né en 1945 à Saint-Jean d'Angély, une charmante bourgade de la Charente-Maritime, à quelques encablures de Royan et son festival international d'art contemporain (1964-1977). Cette proximité a été une formidable opportunité pour cet angérien au tempérament d'artiste, qui, dans son adolescence, a peint et dit avoir écrit de la musique en secret depuis l'âge de huit ans... car c'est au Festival de Royan, en 1967, que tout a commencé.

 

 

 

Avec un catalogue qui compte aujourd'hui plus de 250 opus où tous les genres musicaux sont abordés, la trajectoire accomplie est impressionnante, celle d'un compositeur qui poursuit en solitaire un travail d'écriture aussi prolifique que radical, porté par un imaginaire foisonnant où les images, la littérature et la poésie nourrissent sa pensée du sonore.

Bon anniversaire, maestro Inbal !

Cet entretien a été réalisé le 1er mars dernier, à côté de la Maison de la radio où Eliahu Inbal répétait la Symphonie N°9 de Bruckner avec le Philharmonique de Radio France.

 

 

 

 

 

La IX ème Symphonie de Bruckner que vous allez diriger à la Philharmonie de Paris dans le cadre de votre 80ème anniversaire, vous l'avez enregistrée récemment avec un orchestre japonais. Ces orchestres sont très appréciés aujourd'hui, mais en France on les connait très mal. Qu'en pensez-vous ?

 

Ils ne font pas assez de tournées ! Le disque dont vous parlez est surtout distribué au Japon, et le marketing pour l'étranger n'a pas été fait. Cet orchestre, The Tokyo Metropolitan Symphony Orchestra, avec lequel je travaille depuis 25 ans, j'ai pu le modeler, en faire quelque chose et aujourd'hui il est formidable ! Quelle discipline, quelle virtuosité, quelle musicalité, je suis toujours très satisfait quand je vais là-bas. Les orchestres dans l'Orient, je parle de Shanghai, Taipeh, Singapour, sont des orchestres très sérieux. Je ne savais pas lorsque je suis allé à Séoul - ils disent « Sol » comme do ré mi fa sol ! - que j'allais être étonné par la qualité musicale de leur orchestre. J'ai découvert ainsi de nombreux orchestres et je continue à en découvrir.

Thierry Westermeyer : Je suis un classique dissident!

Thierry Westermeyer a étudié le piano et l'accordéon au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon. A dix-sept ans, il fait partie d'un groupe "Le Voyage de Noz", qui joue une musique new wave, du rock électronique. Il vient de participer pour Arte à la série : « Trepalium » mis en scène par Vincent Lannoo.

 

 

C'est grâce à la télévision que vous avez pu composer de la musique à l'image ?

Depuis 2008, c'est la date de mon premier film « Skate or Die » de Miguel Courtois.

 

Elzbieta Sikora, une compositrice polonaise engagée

D'origine polonaise et installée en France depuis 1981, Elzbieta Sikora mène aujourd'hui sa carrière de compositrice dans l'un et l'autre pays. Son premier séjour en France remonte aux années 60. Un diplôme d'ingénieur du son en poche, elle décide de venir travailler dans les studios du GRM (Groupe de Recherche Musicale). La rencontre décisive avec Pierre Schaeffer, personnalité hors norme qui la fascine, scelle son attachement vital à la musique électroacoustique. Pour autant, revenue en Pologne, elle reprend ses études, dans le domaine de la composition instrumentale où elle estime avoir des lacunes. En 1981, elle obtient une bourse d'étude, pour la France toujours. Le séjour était de neuf mois... Les circonstances en décideront autrement. Le coup d'état du 13 décembre réinstaurant le régime totalitaire communiste en Pologne la dissuadera de revenir dans son pays. Elle n'y retournera que sept ans plus tard! Le triple album (« Secret Poems ») qui vient de sortir sous le label polonais Bôłt témoigne du début de carrière de la compositrice, années où elle fonde avec Krzysztof Knittel et Wojciech Michniewski le groupe KEW. La photo de couverture où Elzbieta, cheveux courts à la garçonne, est épaulée par ses deux confrères, en dit long sur la détermination de cette artiste hors norme qui n'a cessé de composer, à sa table comme dans les studios.

Jérôme Pernoo, l'homme protée du violoncelle

La belle quarantaine, Jérôme Pernoo est un violoncelliste comblé. Il a fait le tour du monde avec son instrument pour jouer le répertoire, donner des cours, des master classes, un peu partout, inciter des compositeurs à écrire pour lui. Il a initié des festivals, mais cela ne lui suffisait pas ! Il avait un projet encore plus fou dans ses rêves de jeune violoncelliste de 25 ans ! Il vient de le réaliser ! Et pour parler de musique autrement et de ce projet, il nous a reçu entre deux répétitions dans l'ancien conservatoire du XVIIème arrondissement de Paris, à deux pas de la salle Cortot ! L'enthousiasme et les rires étaient au rendez-vous 

Christophe La Pinta : « J'aime les mélanges électriques »

Dans son studio à Montmartre, assis sur un fauteuil de l'ancien et mythique Olympia, entouré des affiches de « La Chance de ma Vie », « Prêt à Tout » de Nicolas Cuche, « Sans Laisser de Trace » de Grégoire Vigneron… j'ai écouté Christophe La Pinta parler de ses rapports entre musique et image d'une manière très décontractée…moteur !

Helga Rabl-Stadler, Présidente  du Festival de Salzbourg

Madame Helga Rabl-Stadler est Présidente du Festival de Salzbourg depuis 1995. La carrière éclectique de cette salzbourgeoise la prédestinait-elle à occuper ce poste ? Sans doute, elle qui fut journaliste, femme politique, puis a fréquenté le monde économique jusqu'à devenir Présidente de la chambre de commerce de sa ville, et bien sûr le monde culturel. Quelle est la fonction du Président d'un festival de musique tel que celui de Salzbourg ? Assurer l'interface entre le secteur artistique – du ressort de l'Intendant - et les financeurs, institutionnels et sponsors. Mais bien plus que cela lorsqu'on connait l'engagement et l'enthousiasme de son actuelle détentrice. Elle a connu six directeurs artistiques et depuis le départ prématuré d'Alexander Pereira, assure également cette mission avec Sven-Eric Bechtolf. Mémoire du festival, pas un détail ne lui échappe. Sa position est essentielle quant à la pérennité d'une des plus grandes institutions musicales au monde, visitée par un public venu des quatre coins de la planète. Elle nous a reçu avec sa cordialité habituelle, et en français, dans son bureau du Grosses Festspielhaus, un matin de janvier : hors du stress de la période estivale, alors que la ville privée de ses hordes de touristes, connait un délicieux ralenti et écoute avec bonheur les effluves d'un autre festival, celui de la Semaine Mozart.

Jérôme Lemonnier, un pianiste pour l'image

C'est dans son studio du côté de la Bastille qu'il nous a reçu aimablement et a répondu à nos questions tout en avalant rapidement une salade car le temps lui était compté : dans quinze jours sa dernière composition doit être prête ! Un film pour Cannes ? Le livre jaune derrière lui est la partition de Pelléas et Mélisande, une source d'inspiration pour ses compositions, comme toute la musique de cette époque.

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