Philippe Entremont, pianiste et chef d'orchestre

Six mille concerts ! Pianiste d'exception ! Chef d'orchestre pendant 29 ans de l'Orchestre de Chambre de Vienne, Philippe Entremont comptait parmi les 10 pianistes de renommée internationale choisis pour jouer au « Piano Extravaganza of the Century » lors des jeux olympiques de Pékin en 2008.

 

En tant que chef, il a été directeur musical de l'Orchestre Philharmonique de la Nouvelle Orléans entre 1981 et 1986, puis de l'Orchestre Symphonique du Colorado à Denver. Il a également été chef permanent de l'Orchestre de Chambre d'Amsterdam jusqu'en 2002 après avoir été directeur musical et chef permanent, (il est devenu le chef lauréat à vie, « auf Lebenszeit ») de l'Orchestre de Chambre de Vienne.

PROPOS PARTAGES  Haut  Avec Françoise Levéchin-Gangloff,  organiste titulaire à l'église Saint-Roch

Laurence Renault Lescure : L'église Saint-Roch a une belle histoire…

 

 

 

Françoise Levéchain-Gangloff : C'est Louis XIV qui, avec sa mère Anne d'Autriche, pose la première pierre de l'église à l'emplacement d'une ancienne chapelle. L'idée était d'avoir non loin du Louvre un lieu voué à la fois à la vie spirituelle et artistique. L'église va être construite en plusieurs étapes et ne sera terminée qu'en 1755 donc bien après la mort de Louis XIV. Sur les bases de l'ancienne chapelle on a jeté les plans d'une petite église, cette petite église a brulé, on l'a reconstruite puis elle s'est vu attribuer des adjonctions à plusieurs reprises au fur et à mesure que le quartier prenait de l'ampleur. Elle changera même de sens !

A PROPOS DE LA PSYCHOPHONIE

« Pour moi, la psychophonie c'est savoir écouter, savoir observer, prendre en compte la globalité de l'être pour ensuite avoir un regard plus fin. Mes moyens d'action sont la voix chantée, le travail du souffle et de la posture, la voix parlée. J'étais musicienne : apprentissage de  la trompette puis du piano au conservatoire de Lille, bac musical. Je ne savais où aller ensuite. Je me suis inscrite en  psychologie à la faculté. Juste en face se trouvait le C F M I (Centre de formation aux intervenants en milieu scolaire). Comme j'avais l'habitude d'animer des colonies de vacances, que j'aimais les enfants et que j'avais le niveau requis, je suis entrée au C F M I . Durant ces deux années on a travaillé l'histoire de la musique, la culture musicale, l'analyse, l'instrument, l'improvisation,  toutes sortes de répertoires et le chant.  C'est là que j'ai découvert la psychophonie. »

 

(Brigitte Delzenne)

Directrice musicale d'Insula orchestra et Accentus, phalanges respectivement orchestrale et vocale de réputation mondiale, Laurence Equilbey s'est imposée à l'échelon international par son exigence musicale, son ouverture esthétique, autant que par son perfectionnisme artistique. Appelée à diriger sur les scènes françaises (Lyon, Rouen, Orchestre de chambre de Paris) et étrangères (Akademie für alte Musik Berlin, Bucarest, Brussels Philharmonie, Francfort, Leipzig, Liège, Concerto Köln, Camerata Salzburg, etc.), elle est également artiste associée au Grand Théâtre de Provence et en compagnonnage avec la nouvelle Philharmonie de Paris. Tout en poursuivant son étonnante aventure dans le grand répertoire de la musique vocale avec Accentus, elle soutient la création contemporaine et assure la direction artistique et pédagogique du département supérieur pour jeunes chanteurs du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, rue de Madrid. C'est cependant à sa seule activité de chef d'orchestre que L'Éducation musicale a choisi de consacrer cet entretien.

Une Histoire de Lutherie...

Une histoire de lutherie rare, originale, audacieuse, en même temps qu'une belle aventure humaine que l'histoire de « Raphaël », le violoncelle de Giverny. C'est en effet lors du dernier festival de Musique de Chambre de Giverny (2014) que fut initiée, puis réalisée la construction d'un violoncelle dont la particularité fut d'être construit de façon collégiale par une équipe de neuf luthiers confirmés, réunis et dirigés par Frank Ravatin, un des grands noms de la lutherie mondiale actuelle, qui releva le défi de fabriquer en deux semaines de résidence à Giverny, un violoncelle présenté et joué lors du dernier concert du festival par Michel Strauss. Une expérience unique en matière de lutherie mais surtout un moment de solidarité, de partage et d'amitié. Cet Entretien avec Frank Ravatin, luthier réputé, diplômé de Crémone, lauréat de plusieurs concours internationaux, nous en dit plus.

À  Propos des Voix de Haute-contre et de Contre-tÉnor

Entretien avec Benjamin Clée, chanteur et pédagogue.

 

   

 

La voix de contre-ténor a traversé les époques et les styles. A la fin de l’époque classique ce type de voix a été un peu enterré. Le grand argument était : « Ce n’est pas une voix d’opéra romantique, ce n’est pas une voix lyrique ». Aujourd’hui on la considère comme une voix à part entière, comme les autres voix, et ceux qui pensent le contraire, à mon sens, se trompent.

 

(Benjamin Clée)

 

Par rapport aux autres voix d’hommes, à ces voix lyriques reconnues par l’histoire romantique, comment pourrait-on définir la voix de contre-ténor ?

 

 

 

Par son mécanisme. Comme pour les femmes, c’est une petite bascule au niveau du larynx qui rétrécit la longueur des cordes vocales, ce qui provoque une émission plus haute. C’est pour cela qu’on l’appelle voix de tête ; parce qu’elle résonne plus aigu. C’est cela qui donne une impression d’irréel. Peut-être parce que c’est ma voix, j’ai l’impression que c’est la plus proche de l’âme. On dit que c’est la voix des anges. Dans son histoire elle était attachée aux cours pontificales et les pratiques barbares de la castration étaient une volonté de maintenir chez les adultes la qualité des voix d’enfants.

Rencontre avec Annick Massis : au nom du beau chant français

La soprano Annick Massis est depuis longtemps considérée comme une ambassadrice du beau chant français, synonyme d'exigence et de rigueur. Discrète, au point de peu se préoccuper de l'emphase médiatique. Est-ce pour cela qu'on ne la distribue que parcimonieusement dans nos maisons d'opéra, alors que les scènes étrangères la réclament, d'Amsterdam à Milan, de Vienne à Berlin. Notre rencontre parisienne, mi-janvier dernier, découvre une personne affable, combien enthousiaste pour son art. 

 

 

 

Une série de concerts, à Lyon et Paris, de L'Enfant et les sortilèges, Les Pêcheurs de perles à Strasbourg : est-ce le signal d'un retour à l'opéra français ?

 

 

 

On peut dire cela. J'aime l'opéra français, et défendre ce répertoire, qui est le mien, me tient particulièrement à cœur. L'Enfant et les sortilèges de Ravel, je l'ai interprété en concert, avec Simon Rattle. Ce fut l'occasion d'un travail fantastique avec ce chef, dans la salle mythique de la Philharmonie de Berlin, avec des collègues exceptionnels. L'évènement a été préservé par le disque, capté live, par EMI. Avec l'Orchestre de Lyon, et Leonard Slatkin, un chef que je ne connais pas encore, c'est une nouvelle expérience, sûrement enrichissante. Je l'ai aussi interprété sur scène, à Monte Carlo, l'année dernière, dans une mise en scène signée de son directeur, Jean-Louis Grinda. Cette production présentait l'originalité de  réunir les trois rôles confiés au soprano aigu, en un seul et même personnage, celui d'une gouvernante, qui, tour à tour, incarnait le Feu, la Princesse, et le Rossignol. Cela donnait de la vie à la pièce, et le texte de Colette prenait un étonnant relief. Quant au personnage de Leila, des Pêcheur de perles, il m'est cher aussi, et j'attends avec joie la production de l'Opéra du Rhin, en mai prochain.

Pierre Amoyal  « Jouer et transmettre »

C’est à l’occasion d’un concert au sein du magnifique complexe du « Cœur de Ville » de Vincennes que se produit la rencontre avec Pierre Amoyal.  Silhouette juvénile, sympathie immédiate et grande simplicité dans toutes ses attitudes… le célèbre violoniste ne pratique rien, à l’évidence, du triste culte de la personnalité qui dénature tant de discours dans le monde musical.  Le voudrait-il d’ailleurs, qu’il n’en aurait guère le loisir, tant le programme de ses activités a de quoi donner le vertige :

 

L’été aura tout été… sauf tranquille.  De juin à août, le relevé des concerts, masterclasses, académies et autres manifestations n’est pas des plus aisés, de l’espace Beaulieu de Lausanne (création, par La Camerata de Lausanne du Concerto pour cor des Alpes du compositeur hongrois Ferenc Farkas, décédé le 10 octobre dernier, dans sa 95e année) au Festival des Nuits du Suquet, à Cannes, animé par l’ami Gabriel Tacchino pour un concert Mozart-Rota-Tchaikovski, en passant par Dax, Montebello en Italie, Saint-Riquier, Compiègne… pour y faire entendre Mendelssohn, Bach, Weber, Britten…  À titre plus individuel, le programme inclut Salzburg pour l’académie du Mozarteum à laquelle je suis chaque année fidèle… l’occasion de donner, notamment, la Deuxième sonate pour piano et violon de Roussel, en compagnie du pianiste Bruno Canino. Sans préjudice de Mozart et de Brahms.  Courchevel ensuite, pour y retrouver - avec Pascal Devoyon qui anime l’académie estivale - la ronde des concerts et des masterclasses…  Septembre ne sera pas moins animé, inscrit sous le signe de modernes Schubertiades pour Espace 2, la grande chaîne musicale suisse.  Moscou ensuite, et sa nouvelle Maison de la musique aux 2 500 places destinées à des auditeurs de Haydn et de Mendelssohn. À l’est toujours, et toujours un peu plus loin, Singapour.  J’y serai en octobre…

Pierre Amoyal « Jouer et transmettre »

C’est à l’occasion d’un concert au sein du magnifique complexe du « Cœur de Ville » de Vincennes que se produit la rencontre avec Pierre Amoyal.  Silhouette juvénile, sympathie immédiate et grande simplicité dans toutes ses attitudes… le célèbre violoniste ne pratique rien, à l’évidence, du triste culte de la personnalité qui dénature tant de discours dans le monde musical.  Le voudrait-il d’ailleurs, qu’il n’en aurait guère le loisir, tant le programme de ses activités a de quoi donner le vertige :

L’été aura tout été… sauf tranquille.  De juin à août, le relevé des concerts, masterclasses, académies et autres manifestations n’est pas des plus aisés, de l’espace Beaulieu de Lausanne (création, par La Camerata de Lausanne du Concerto pour cor des Alpes du compositeur hongrois Ferenc Farkas, décédé le 10 octobre dernier, dans sa 95e année) au Festival des Nuits du Suquet, à Cannes, animé par l’ami Gabriel Tacchino pour un concert Mozart-Rota-Tchaikovski, en passant par Dax, Montebello en Italie, Saint-Riquier, Compiègne… pour y faire entendre Mendelssohn, Bach, Weber, Britten…  À titre plus individuel, le programme inclut Salzburg pour l’académie du Mozarteum à laquelle je suis chaque année fidèle… l’occasion de

Entretien avec Alice de Monfreid

Quel a été votre parcours avant de rejoindre Accentus ?

 

J’ai commencé à apprendre le violoncelle à l’âge de six ans.  À dix-huit ans, je me suis mise au chant et j’ai intégré le Jeune Chœur de Paris, où j’ai chanté jusqu’à mes vingt-cinq ans.  En parallèle, j’ai suivi des études théâtrales à l’Université de la Sorbonne Nouvelle.  Je n’avais pas le caractère pour devenir intermittente du spectacle, j’avais besoin de stabilité.  En 2001 et 2002, j’ai donc été assistante de formation et de production à la maîtrise du Centre de musique baroque de Versailles.  J’ai ensuite été chargée de formation et de production du Jeune Chœur de Paris, avant de devenir, en 2006, coordinatrice artistique et pédagogique d’Accentus.  Avec le recul, je remarque que les questions pédagogiques ont toujours été importantes pour moi.  En Licence, j’avais ainsi monté une troupe pour promouvoir le théâtre contemporain dans les lycées.

 

Quand l'enquêteur de folklore se faisait, lui-même, interroger...

Entrevue inédite avec Conrad Laforte, réalisée par Jean-Nicolas De Surmont, le 15 mai 1992 au domicile de Conrad Laforte sur l'ex-rue Gatineau à Québec, devenue depuis lors rue JeanHamelin.

C’est entre 1989 et 1991, alors que j’élaborais ce qui allait devenir une historiographie de la chanson signée de la chanson traditionnelle au Québec que j’ai pris l’initiative de solliciter Conrad Laforte. Une partie de ces entretiens, qui ont ici été fondues en un seul texte, ont été diffusés dans le cadre de mon émission de radio « Vagabondages », réalisée à Radio Basse-Ville à Québec, émission où je recevais alors de grands intellectuels et auteurs d’ouvrages pour l’essentiel dans le vaste champ des sciences humaines. Dévorant alors tout ce qui s’était écrit sur la chanson, aussi bien la chanson de tradition orale que la chanson signée, sans être pour autant alors étudiant d’ethnologie, il était naturel pour moi d’aller rencontrer Laforte, celui qui était considéré comme le maître à penser de l’étude de la chanson de tradition orale, survivant pour ainsi dire à Luc Lacoursière qui décédait, lui, alors que je commençais à m’intéresser avidement au sujet. Ces entretiens ont été réalisés, une fois le printemps arrivé et une fois que j’ai été libéré des engagements universitaires à l’Université Laval (Québec). J’ai bien entendu tenté alors d’éclaircir certains points qui étaient traités dans ces ouvrages et sur l’histoire de la collecte de la chanson de tradition orale en général.